Le psychologue américain John Watson formule en 1913 une méthode qu'il appelle lui-même «behaviorisme» (en français : «comportementalisme»). D'après celle-ci, un individu peut soigner son mal-être en modifiant simplement son comportement. C'est un changement de cap radical par rapport à la philosophie des Lumières (XVIIIe siècle) qui privilégiait l'action collective et la réforme politique.
Cette nouvelle philosophie arrive à point nommé pour réconforter les hommes confrontés à des malheurs qui les dépassent (Grande Guerre, Grande Crise,...). Elle trouve un écho en France avec la publication par un pharmacien de Nancy, Émile Coué, de La Maîtrise de soi-même par l'autosuggestion consciente (1922, «méthode Coué»). En 1936, l'Américain Dale Carnegie s'attire un succès phénoménal avec un manuel dans le même esprit : How to Win Friends and Influence People (Comment se faire des amis).
Après la Seconde Guerre mondiale, la prospérité amène un retournement de tendance. En 1954, le grand psychologue américain Abraham Maslow montre dans Motivation and personnality que notre bien-être est lié à une pyramide des besoins qui nous est propre et que l'on ne peut modifier. Il souligne surtout que l'on ne peut satisfaire les besoins d'ordre supérieur (par exemple les besoins de reconnaissance ou d'affection) si l'on n'a pas déjà comblé ceux d'ordre inférieur, en particulier les besoins physiologiques (manger, boire, dormir) et de sécurité. C'est une façon de rappeler la nécessité de l'action politique et sociale. Ce rappel survient opportunément au moment où s'épanouit en Occident l'État-Providence...
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