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Les mondes anciens

La civilisation grecque

La Grèce est aujourd'hui un petit pays brûlé par le soleil et baigné par les eaux bleues de la mer Méditerranée.

Qui le croirait ? Il y a 2 500 ans, la philosophie, les sciences et la démocratie se sont épanouies sur ses rivages. Aussi la Grèce de cette lointaine époque est-elle considérée comme la mère de notre civilisation !

La Grèce : rêves et idéaux

Au commencement de leur Histoire, les Grecs sont un petit peuple de paysans, de bergers et de marins qui vit mal sur les terres sèches et arides qui entourent la mer Égée.

des cités jalouses les unes des autres :

Les Grecs parlent la même langue et prient les mêmes divinités. Pourtant, ils sont divisés en cités rivales et n'en finissent pas de se faire la guerre. Ils pratiquent l'esclavage, tiennent les femmes pour inférieures et méprisent les étrangers.

Les cités grecques manquent sur place de ressources agricoles. Alors, elles font du commerce maritime dans toute la Méditerranée.

Pour offrir du travail et des terres à leur population en surnombre, elles multiplient les colonies en Sicile, en Italie du sud et même en Corse et à Marseille.

Grâce au commerce et aux colonies, la prospérité gagne l'ensemble du monde grec même si les cités grecques n'en finissent pas de se quereller et de se faire la guerre !

une langue, une littérature et une religion communes :

Les Grecs en profitent pour multiplier aussi les rassemblements pacifiques, comme les Jeux Olympiques. Les premiers ont lieu en 776 avant Jésus-Christ dans le sanctuaire d'Olympie, d'où leur nom.

Des poètes, ou aèdes, vont de cité en cité et chantent les exploits des héros du passé et des dieux. C'est ainsi que naissent L'Iliade et L'Odyssée.

L'Iliade et L'Odyssée, les plus célèbres des épopées

L'Iliade tire son nom de Ilion, nom grec de la ville de Troie. Ce récit en vers raconte un siège, celui de Troie, qui aurait eu lieu vers l'an 1200 av. J.-C. En fait, L'Iliade se concentre sur les exploits d'un héros achéen, Achille.

L'Odyssée raconte le retour d'un autre héros achéen dans son royaume après la prise de Troie. Il s'agit d'Ulysse, roi de la petite île d'Ithaque. Ulysse est connu en grec sous le nom d'Odysseus. De là L'Odyssée.

L'image ci-contre représente une mosaïque d'un ancienne maison grecque. Elle montre Ulysse attaché au mât de son navire : prudent mais curieux, il voulait entendre le chant des mystérieuses Sirènes sans risquer de pousser son navire vers les rochers où elles se cachent.

Ces deux récits poétiques et pleins de merveilleux sont attribués à un aède aveugle et sans doute légendaire, Homère.

Vers 650 av. J.-C., les marchands grecs imaginent de frapper des pièces en métal précieux pour faciliter les échanges commerciaux. C'est l'invention de la monnaie !

Naissance d'une démocratie

Avec le développement du commerce et de la prospérité, les injustices sociales s'accroissent. Les vieilles familles nobles, qui possèdent des propriétés immenses et gouvernent les cités, sont jalouses de la richesse des marchands.

D'autre part, le petit peuple paysan s'oppose aux uns et aux autres. Les disputes se multiplient et la guerre civile menace...

Solon et la démocratie athénienne :

Pour éviter que la situation ne s'aggrave, les cités grecques mettent en place des assemblées et des lois destinées à ramener la paix civile entre citoyens nobles, riches et pauvres.

Dracon, Solon et Clisthène sont les législateurs les plus célèbres d'Athènes, une cité promise à un avenir grandiose. Ils instaurent la première démocratie digne de ce nom (même si elle laisse beaucoup de personnes à l'écart comme les femmes et les esclaves).

Le mot démocratie vient du grec dêmos, peuple, et kratein, commander). Il désigne le gouvernement par l'ensemble des citoyens, autrement dit des hommes de plus de 20 ans nés de père et de mère athéniens.

- Dracon : il crée un code pénal avec des lois très sévères (on dit encore d'une mesure sévère qu'elle est « draconienne »). Ainsi met-il fin aux vengeances privées et à la tentation de faire justice soi-même.

- Solon : il ouvre la voie à la démocratie. Il permet à tous les citoyens, quel que soit leur niveau de richesse, de participer aux assemblées politiques qui votent les lois et nomment les magistrats et les gouvernants.

Mais Solon ne résout pas tous les problèmes de la société athénienne et la guerre civile menace de revenir. Alors, un tyran (du grec turannos qui signifie maître), Pisistrate, prend le pouvoir. Il tranche les conflits en faveur du peuple, impose le partage des terres et permet aux plus pauvres d'être mieux écoutés dans l'assemblée.

- Clisthène : chef du parti populaire, il abolit la tyrannie et consolide les institutions démocratiques.

Athènes : une démocratie très particulière

L'Ecclésia désigne l'assemblée de tous les citoyens athéniens.
Ceux-ci se réunissent au moins quatre fois par mois sur la colline du Pnyx.
- Ils débattent et votent à main levée les lois et les déclarations de guerre.
- Tous les ans, ils élisent les stratèges (chefs de l'armée) et les archontes (chefs du gouvernement).

Le mot Ecclésia veut dire assemblée en grec ; nous le retrouvons à l'origine des mots ecclésiastique et Église.

La Boulê, ou conseil des citoyens, est constituée de 500 personnes tirées au sort par les citoyens parmi des volontaires issus de la classe la plus riche.
Ces personnes sont chargées d'administrer la cité et d'appliquer les décisions de l'Ecclésia.

L'Héliée est un tribunal suprême. Ses 6 000 membres sont tirés au sort parmi l'ensemble des citoyens, quel que soit leur niveau de fortune, ce qui garantit une justice impartiale.

Les Athéniens ne sont pas au bout de leurs peines. Voilà que dans l'Orient lointain, un nouvel empire se forme sous l'autorité de Cyrus, roi des Perses et des Mèdes.

sus aux envahisseurs !

Les Perses ravagent les cités grecques de l'Asie mineure qui refusaient de leur obéir. Athènes et quelques autres cités de la péninsule se portent à leur secours mais ne réussissent pas à les libérer.

Les Perses sont agacés que des cités de rien du tout leur résistent. Ils décident de les mettre à la raison mais à la surprise générale, leur armée est rejetée à la mer par les hoplites athéniens dans la plaine de Marathon.

Dix ans plus tard, en 480 av. J.-C., désireux de laver cet affront, les Perses attaquent à nouveau la péninsule. Les Grecs tremblent. Seuls ou presque, les Athéniens se montrent résolus à se défendre.

Athènes et ses temples sont ravagés par les Perses. Mais les citoyens, animés par un patriotisme exceptionnel, détruisent la flotte ennemie près de l'île de Salamine.

Les Perses abandonnent la partie. La Grèce est sauvée. Et Athènes, auréolée de sa victoire, réunit toutes les cités dans une alliance défensive commune, la Ligue de Délos.

Se repérer dans l'espace : Athènes et son empire

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Au Ve siècle av. J.C., Athènes prend l'ascendant sur les autres cités de la péninsule grecque. Par la qualité de ses dirigeants et sa force guerrière, elle porte la culture grecque à son apogée.
À la Grèce classique de Périclès, Phidias, Eschyle, Platon, Aristote... nous devons les bases de notre culture et de nos institutions politiques...

le siècle de Périclès :

Après la défaite des Perses, le siècle qui s'ouvre est appelé « siècle de Périclès », du nom du principal dirigeant athénien de cette époque.

Périclès est élu stratège sans discontinuer de 462 à 431 av. J.-C. Il convainc les Athéniens de reconstruire l'Acropole, la colline sacrée ravagée par les Perses.

Le sculpteur Phidias s'emploie à décorer cet ensemble monumental. Le résultat suscite encore l'admiration universelle malgré les ravages du temps.

Delphes, un sanctuaire au coeur du monde grec

En Grèce continentale, face au golfe de Corinthe, le sanctuaire de Delphes est célèbre sous l'Antiquité pour ses Jeux Pythiques et plus encore pour son oracle, la Pythie. Son nom vient d'un serpent monstrueux, dénommé Python, qui habitait le lieu avant que le dieu Apollon ne décidât d'y établir son sanctuaire.

La Pythie est une prêtresse d'Apollon que l'on vient de toute la Grèce consulter sur les sujets les plus divers, d'ordre privé ou politique. Elle profère ses oracles en des termes généralement incompréhensibles que seuls les prêtres du sanctuaire pouvaient interpréter.

4) la guerre du Péloponnèse :

Malheureusement, une guerre fratricide met aux prises les Grecs eux-mêmes, divisés en deux camps, celui d'Athènes et celui de Sparte, grande cité de la péninsule du Péloponnèse. Cette guerre de trente ans, avec de multiples rebondissements, épuise les cités grecques.

C'est une triste fin pour le « siècle de Périclès », ainsi dénommé d'après le principal dirigeant athénien du Ve siècle av. J.-C.

La démocratie est mise à mal par les rivalités de clans et de personnes. La suite n'est plus qu'un long déclin... jusqu'à l'avènement d'un héros. Sans doute le plus grand que l'Histoire ait jamais connu.

Héros éternels
Alexandre le Conquérant :

Alexandre est le prince héritier d'un petit royaume situé au nord de la Grèce. Il porte le nom assez drôle de Macédoine. Ses habitants sont des guerriers redoutables mais ils admirent la culture de leurs voisins grecs.

Alexandre aide son père à soumettre la Grèce. Puis, devenu lui-même roi de Macédoine, il réunit une armée de Macédoniens et de Grecs et part à la conquête de l'Asie. Rien moins que ça !

En quelques années, il conquiert le Proche-Orient, l'Égypte, la Mésopotamie et la Perse. Il fait même un petit tour en Inde avant de revenir à Babylone, dont il fait sa nouvelle capitale. C'est là qu'il meurt de maladie, en l'an 323 avant Jésus-Christ... À 33 ans seulement!,

Se repérer dans l'espace : Alexandre et la conquête du monde

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Cette carte montre l'empire d'Alexandre le Grand (356 à 323 av. J.-C.).
En une dizaine d'années, le conquérant atteint les limites du monde connu des Grecs. De sa terre natale de Macédoine, il chevauche jusqu'aux Indes.
 

À la mort d'Alexandre, ses généraux se partagent ses conquêtes et les divisent en autant de royaumes.

savants, artistes et poètes :

Grâce aux soldats d'Alexandre le Grand, la langue grecque devient la langue usuelle des échanges en Orient et autour de la Méditerranée (comme aujourd'hui l'anglais).

La civilisation grecque se répand dans tout l'Orient. On l'appelle désormais civilisation hellénistique (d'après Hellas, nom de la Grèce en grec).

Il faut dire que la Grèce, si batailleuse soit-elle, jouit partout d'un grand prestige du fait de ses savants, ses artistes, ses philosophes et ses poètes.

D'illustres savants comme Thalès et Pythagore jettent les bases des mathématiques.

Face aux mystères de la nature, ils ne se contentent pas comme leurs contemporains de chercher des explications dans les mythes. Ils réfléchissent, raisonnent et vérifient par l'expérience la justesse de leurs conclusions.

Leurs travaux sont poursuivis aux siècles suivants par des génies tels que le mathématicien Euclide, le naturaliste Aristote et l'ingénieur Archimède.

Le « siècle de Périclès » connaît le rayonnement des philosophes Socrate et Platon. De grands poètes, Eschyle, Euripide et Sophocle, transforment les traditionnelles cérémonies religieuses, avec un choeur et un récitant, en pièces de théâtre.

Archimède ou le destin exceptionnel d'un ingénieur

Archimède est né à Syracuse, l'une des principales villes grecques de Sicile. Il va se former à Alexandrie, en Égypte puis revient dans sa ville natale. C'est là qu'il réalise l'essentiel de ses découvertes.

Le tyran de la ville, qui est aussi son ami et son protecteur, lui demande un jour de voir si une couronne d'or contient du cuivre. C'est en prenant son bain que le savant a la clé de l'énigme : il découvre la loi physique du déplacement des corps plongés dans un liquide et en en déduisant la possibilité de calculer la densité d'un corps (or, cuivre, alliage...) d'après son poids apparent dans l'eau.

La légende dit qu'il aurait alors sauté hors de sa baignoire et couru dans la rue, nu comme un ver, en criant : « Eurèka, Eurèka ! », ce qui veut dire : « J'ai trouvé, j'ai trouvé ! ».

En 215, la flotte romaine met le blocus devant la ville.

Le vieil Archimède participe à la défense de la cité en concevant des machines de bombardement et des jeux de miroirs capables de concentrer la lumière du soleil sur les voiles ennemies et de les enflammer... Ses inventions permettent à la ville de résister trois ans.

Avant l'assaut final, le général romain donne l'ordre d'épargner le vieux savant (75 ans). Il a l'espoir de mettre son génie au service de Rome mais un légionnaire borné n'en a cure et tue Archimède d'un coup d'épée.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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