Né le 14 avril 216 non loin de Ctésiphon, capitale des souverains séleucides, le prédicateur Mani (ou Manès) a inspiré une religion originale qui se réfère au christianisme mais s'inspire aussi du mazdéisme, l'ancienne religion des Perses. Cette religion, qui porte son nom, est le manichéisme. On en a fait un adjectif, manichéen, pour qualifier un jugement sans nuance.
Le manichéisme est influencé par la gnose, une doctrine ésotérique en marge du christianisme officiel. Il suppose l'existence de deux principes à l'origine du monde : un Dieu bon, qui a créé toutes les réalités spirituelles (les anges et les âmes) et un démiurge mauvais, qui a forgé toutes les réalités matérielles (les corps). Tout en se référant à la Bible, sa doctrine religieuse, le manichéisme, se présente comme une variante du mazdéisme (la religion traditionnelle des Perses) qui, elle aussi, à sa manière, exalte la lutte du Bien contre le Mal.
Suite à une entrevue avec le prédicateur, le roi de Perse Sapor Ier (ou Chapur) a bien voulu protéger la nouvelle religion tout en faisant du mazdéisme la religion officielle de son empire.
Le manichéisme a connu ainsi un bref succès et s'est diffusé jusque dans le bassin méditerranéen. À Hippone, il a séduit entre autres le jeune Augustin, lequel s'est ensuite converti au catholicisme et n'a pas manqué ensuite de le combattre avec énergie. Il a inspiré le courant gnostique et le mazdakisme. Beaucoup plus tard, le catharisme a été également accusé de penchants manichéens.









