16 novembre 2025. 50 000 notabilités du monde entier sont réunies à Belem (Amazonie) dans le cadre de la COP30 pour lutter contre nos émissions de gaz à effet de serre.
À cette occasion se diffuse une ritournelle selon laquelle les Occidentaux, à l’origine de la révolution industrielle, auraient une « responsabilité historique » dans le réchauffement climatique et devraient payer pour le mal qu’ils ont provoqué !
Est-ce si sûr ? La révolution industrielle a sorti l’humanité de la faim et doublé son espérance de vie. Qui plus est, les émissions réellement problématiques de gaz à effet de serre n’ont explosé que bien après, à la fin du XXe siècle. L’Histoire est plus nuancée que le slogan...
Jusque dans les années 1960, personne ne remettait en question les progrès techniques accomplis par les Occidentaux (Europe de l’Ouest et Amérique du nord). Et pour cause...
Par l'innovation technique et scientifique et par l'esprit d'entreprise, la révolution industrielle a doublé l'espérance de vie des humains, de moins de 40 ans à plus de 80 ans. Elle a guéri nombre de maladies, évité aux femmes de mourir en couches et assuré à la presque totalité des nourrissons d'atteindre l'âge adulte. Elle a éradiqué les famines et les grandes épidémies (enfin, presque). Elle a généralisé l'alphabétisation et offert aux humains, à tous les humains, l'espérance d'un niveau de confort très au-dessus de ce dont pouvaient rêver leurs parents.
Les dommages collatéraux de la révolution industrielle pesèrent peu face à ces bénéfices, qu'il s'agisse de l'exploitation impitoyable du prolétariat européen, de la pollution ou des atteintes aux milieux naturels.
La première révolution industrielle
Tout a commencé en Angleterre, les Provinces Unies et le Bassin parisien, des régions tôt épargnées par les famines et les épidémies. En Angleterre en particulier, le mouvement des enclosures (privatisation des terres communales) permit une rapide augmentation de la productivité agricole et déboucha au XVIIIe siècle sur « Merry England » (l’Angleterre heureuse).
Dans le même temps, l’élévation du niveau de vie des ruraux offrit des opportunités à l’industrie textile. Les usines requirent de plus en plus de main-d’œuvre et de combustible. Le charbon de bois se faisant rare, il fallut recourir au charbon de terre. L’exploitation des mines et le transport du charbon nécessitèrent des machines de plus en plus puissantes et ce fut l’invention de la machine à vapeur (James Watt, 1776).
Le basculement se produisit au siècle suivant. Sous le règne de la reine Victoria, le sort des ouvriers anglais (hommes, femmes et enfants) dans les usines et les mines était alors sans doute pire que celui des ouvrières chinoises ou bangladaises qui nous alimentent en smartphones, vêtements et chaussures Shein, Nike, etc. Le smog londonien n’avait rien à envier à la poix qui enveloppe aujourd’hui New Delhi. Et ce sont enfin les rivières et les forêts d’Europe qui ont connu les premières atteintes de la pollution industrielle, sans doute aussi les plus graves.
Tel fut le tribut que les classes populaires d’Europe occidentale eurent à payer pour sortir l’humanité toute entière de la malédiction originelle.
Quant au réchauffement climatique, il était à juste titre ignoré. En 1960, en effet, les émissions mondiales de CO2 produits par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz (usines, chauffage, transports) n'étaient encore que dix milliards de tonnes et elles étaient quasi-entièrement absorbées par les forêts, océans, etc.
Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a évoqué dans son premier rapport (1990) le climat au cours de l'Histoire humaine. Ces connaissances doivent beaucoup à des historiens tels qu'Emmanuel Le Roy Ladurie...
Le graphique ci-contre, tiré de la page 250 du rapport, montre que les fluctuations du climat en Europe occidentale au cours du dernier millénaire n'ont jamais excédé quelques dixièmes de degré. Ainsi de l'Optimum Climatique Médiéval (950-1350) et du Petit Âge Glaciaire qui suivit (1350-1850). Ces fluctuations d'environ 0,5°C autour de la température moyenne n'ont été dépassées qu'en ce XXIe siècle.
Le réchauffement climatique relève de notre époque
Entre les débuts de l'ère industrielle et 1960, la teneur en CO2 de l'atmosphère n'avait augmenté que de 10%, de 280 à 316 ppm (chaque ppm ou partie par million correspond à un peu plus de 7 milliards de tonnes de gaz carbonique).
La température moyenne de la Terre ayant modestement augmenté de 0,2°C entre 1850 et 1960, on peut penser que cette hausse était due à la fin du Petit Âge Glaciaire (1350-1850) autant sinon plus qu'aux activités humaines...
D’ailleurs, c’est seulement au cours des années 1990 que les scientifiques réunis au sein du GIEC acquirent la quasi-certitude d’un réchauffement climatique principalement causé par les émissions anthropiques (humaines) de gaz à effet de serre.
Depuis lors, singulièrement, les émissions planétaires de gaz à effet de serre progressent par bonds, plus vite que jamais, au gré des « révolutions » qui se succèdent pour notre plus grande satisfaction :
• Multiplication des mégapoles au détriment des réseaux urbains traditionnels, Généralisation dans les pays avancés de la norme d’une voiture individuelle par adulte,
• Développement des voyages d’agrément intercontinentaux et des croisières,
• Généralisation de la mode jetable (fast-fashion) et des emballages jetables (en plastique),
• Addiction aux réseaux sociaux et bientôt à l’intelligence artificielle (très gourmande en énergie),
• …
Ne soyons donc pas surpris que la température terrestre soit en 2025 de 1,5°C supérieure à celle de 1850, très au-dessus des fluctuations naturelles du précédent millénaire. Nous avons franchi le palier des 420 parties par million (ppm), soit 24 % au-dessus des premières mesures réalisées en 1981. « Ce palier de 420 ppm est symbolique puisqu'il représente une augmentation de 50 % des concentrations atmosphériques en CO2 par rapport à celles du début de l'ère préindustrielle (1850) mesurées à 280 ppm dans les archives glaciaires, » note le climatologue Marc Delmotte (LSCE). Le rythme de croissance annuel a également franchi un niveau jamais atteint avec une augmentation de +3,7 ppm entre avril 2023 et avril 2024, traduisant le rythme croissant de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère (source).
Au terme de cet exposé, puissent les gouvernants et les médias ne plus invoquer le passé occidental pour se dédouaner de leurs responsabilités (et des nôtres) dans le dérèglement climatique qui affecte nos existences et notre avenir.
J’ai publié en 2024, sous le titre Le Climat et la Vie, un plaidoyer qui met en lumière les contradictions de la « transition énergétique » et surtout ébauche une alternative libérale et non contraignante à l’impasse actuelle, avec des solutions tant politiques que techniques. Vous pouvez en avoir un aperçu avec le chapitre relatif aux transports : Révolutions dans les transports.














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Voir les 5 commentaires sur cet article
Yves Montenay (23-11-2025 09:54:49)
À propos de la dimension démographique (8 milliards d'hommes pèsent plus que 3 milliards sur le climat), c'est maintenant rétrospectif car la population diminue dans la plupart des pays du monde, ... Lire la suite
Alain LECLERC (17-11-2025 17:22:41)
Tout à fait d'accord avec la position exprimée par M. LARANé.
Georges PN (16-11-2025 22:50:38)
Je sais que vous ne publierez pas ce post. En effet, je suis étonné qu'une personne aussi méthodique que vous n'ait pas cherché à s'informer sur la nature du Giec et son fonctionnement. Cela est... Lire la suite