Jeux Olympiques

Vive l’Europe des Nations !

26 février 2026. Humilié, Donald Trump !!! Les amateurs de compétitions sportives ont pu se réjouir ce dimanche 22 février en assistant à la clôture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan Cortina 2026. Les Européens ont raflé un maximum de médailles dans une belle fête de famille (82 médailles en or sur un total de 117). La raison de ce beau succès ? Je vous la donne en mille...

Les États-Unis ne sont que deuxième au classement des médailles, avec pour les médailles d’or un ratio par habitant cent fois inférieur à celui de la Norvège. Cela avec des ressources naturelles qui n’ont rien à envier au petit pays scandinave.

Les conditions naturelles (climat et pentes enneigées) expliquent par ailleurs l’absence au palmarès de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud et de l’Amérique latine, à part le Brésil. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont présents ainsi que la Chine, le Japon et la Corée, qui, décidément, ne laissent rien passer.

Palmarès des Jeux Olympiques d'hiver Milan Cortina 2026

En définitive, avec, sur un palmarès de 29 pays, pas moins de 21 pays européens (y compris le Kazakhstan mais sans la Russie, pour cause de guerre), les Jeux Olympiques d’hiver ont pris l’allure d’une compétition très européenne, quasiment une fête de famille avec quelques invités de marque (belles prestations des patineuses et patineurs asiatiques).

Personne ne s’en plaindra. Nous avons eu droit à des spectacles de haute tenue, dans une ambiance joyeuse et une saine concurrence entre les jeunes Européens. C’est une illustration de la devise de l’Europe : « Unie dans la diversité ».

« C’était au temps où Bruxelles chantait… » et ne s’occupait pas de sport

Herodote.net ne peut s’émoustiller sur le sport sans y mettre une pointe de politique et d’Histoire ! Je dirai donc que, si les sports de neige et de glace ainsi que l’athlétisme se portent encore si bien en Europe, c’est parce que la Commission européenne ainsi que les eurocrates et les lobbies bruxellois se désintéressent pour l’heure du dossier !

D’après les traités qui lient les 27 États membre de l’Union européenne, celle-ci n’a de compétence exclusive que dans les relations commerciales avec le monde extérieur. Toutes les autres compétences – énergie, industrie, environnement et climat, santé, immigration, culture, sport, etc. – relèvent a priori des États nationaux mais ces derniers ont la liberté de s’en démettre au profit de la Commission.

Mus par la conviction que l’Union européenne fonctionnera d’autant mieux que l’on donnera plus de compétences à la Commission européenne, les dirigeants européens se sont saisis de cette liberté. Ils ont enlevé à eux-mêmes et aux citoyens qui les ont élus des pans entiers de la souveraineté nationale. Le résultat se lit dans les indicateurs économiques, sociaux et politiques : depuis un quart de siècle, le recul relatif de l’Europe par rapport aux pays de la mer de Chine et à son grand voisin d’outre-Atlantique ne manque pas d’impressionner. Et s’accélère même… sauf dans le sport !

À cette exception quasi-isolée, une raison saute aux yeux : Bruxelles n’a pas encore entrepris de légiférer dans ce domaine, sur les droits humains des sportif.ve.s, la concurrence libre et non faussée entre les clubs, etc., etc. Voilà donc pourquoi l’on peut encore se réjouir au spectacle de nos athlètes d’été et d’hiver s’affrontant dans une belle émulation comme autrefois les athlètes de toute la Grèce.

Les droits des « travailleurs » au service de « l’argent roi »

Pardon ! J’oublie un cas célèbre qui fait exception. Il concerne seulement, il est vrai, le football et n’a pas pour l’heure empiété sur les autres sports. Il s’agit de l’arrêt Bosman du 15 décembre 1995 émis par la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE).

Celle-ci fut saisie par la cour d’appel de Liège à propos d’un différent entre deux clubs de foot, celui de Liège et celui de Dunkerque, sur le transfert d’un joueur : Jean-Marc Bosman.

La Cour signifia que les footballeurs sont des travailleurs comme les autres et devaient donc bénéficier d’une libre circulation à l’intérieur de l’Union.

« L’arrêt révolutionna le monde du football en mettant un terme au nombre maximal de joueurs non-nationaux dès lors qu’ils étaient ressortissants européens, » note notre auteur Yves Chenal. « Quelques années plus tard, en 2002-2003, une série d’arrêts sont venus élargir encore la portée de cet article en assimilant aux ressortissants de l’Union européenne les sportifs d’États ayant signé des accords d’association avec l’UE, soit la plupart des pays africains. Dès lors, la règle limitant le nombre de footballeurs extra-communautaires à trois ne s’appliqua pratiquement plus qu'aux sportifs sud-américains. »

L’arrêt Bosman donna un fantastique coup d’accélérateur à la financiarisation des clubs de foot. Au lieu de contenir cette financiarisation malsaine comme l’eut fait un État démocratique et souverain, les institutions européennes l’ont encouragée.

Aujourd’hui, des joueurs comme Kilian Mbappé et quelques autres gagnent plusieurs centaines de millions d’euros. C’est bien plus que n’en gagneront au cours de toute leur vie bien des capitaines d’industrie à l’origine de centaines et de milliers d’emplois.

Bien moins rémunérés et astreints à concourir sous le drapeau de leur pays, les athlètes d’été et d’hiver ne sont pas moins motivés pour autant. Souhaitons que cela continue.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-02-25 21:21:14

Voir les 4 commentaires sur cet article

Alcedo (28-02-2026 14:01:31)

Bon article une fois de plus, merci pour vos recherches et votre éclairage, qui souvent formule ce dont j'avais confusément l'intuition. Dommage pour l'orthographe "inclusive" ; si je puis aventurer... Lire la suite

Bernard (27-02-2026 17:25:03)

La croisade contre l'Europe Fédérale ne doit pas envahir Hérodote. Vouloir attribuer aux Nations tous les succès et à l'Europe tous les échecs me paraît abusif. D'abord l'interprétation des ... Lire la suite

Bernard (27-02-2026 17:06:22)

À partir du moment où le foot rapporte beaucoup d'argent, la question est de savoir à qui il va revenir. Qu'il revienne aux joueurs ne me choque si ensuite cet argent est soumis à une fiscalité j... Lire la suite

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