Préhistoire et haute Antiquité en cartes animées

Vincent raconte le Nouvel Empire égyptien (-1535 à -1070)

Douzième épisode :

Le Nouvel Empire égyptien (-1535 à -1070)

Dans cette vidéo, on retrace toute l’histoire du nouvel empire égyptien qui marque l’apogée de l’Égypte à plus d’un titre.

En 1535 av. J.-C., le pharaon de Thèbes Ahmosis Ier vient de chasser les Hyksos du pays, réunifiant le royaume d’Égypte. C’est tellement symbolique qu’on en fait le fondateur de la XVIIIe dynastie, alors qu’il s’agit de la même lignée que la XVIIe.

Les circuits commerciaux traditionnels avec la Crète et la Phénicie s’intensifient grâce au retour de la paix. Une grande campagne de constructions est menée, notamment dans la région de Thèbes. C’est aussi à cette époque qu’est inventée la fabrication du verre. Enfin, Ahmosis est le dernier pharaon à se fait construire une pyramide, située à Abydos : tous ses successeurs préfèreront des tombes rupestres dans la vallée des rois près de Thèbes. Cette évolution est en lien avec l’affaiblissement du clergé de Rê au profit de celui d’Amon, le dieu de Thèbes.

Pendant ce temps-là, Ahmosis poursuit la guerre à l’extérieur de l’Égypte : pour briser définitivement la puissance des Hyksos, il rase le pays de Canaan et s’avance jusqu’en Phénicie. Au sud, lui et son successeur Amenhotep Ier répriment des révoltes en Nubie et poursuivent la lutte contre le royaume de Kerma.

C’est vers 1500 av. J.-C. sous le pharaon suivant, Thoutmosis Ier, que la puissance militaire de l’Égypte prend une nouvelle dimension. Au sud, il achève la lutte contre le royaume de Kerma en s’emparant de sa capitale. Cela marque un tournant définitif pour le pays de Koush qui va s’égyptianiser et abandonner la culture de Kerma. La fonction de vice-roi de Koush est créée et s’ajoute aux vizirs de Haute et Basse Égypte, structurant le pays en 3 grandes parties.

Au nord aussi, Thoumosis Ier lance de vigoureuses campagnes : il devient le premier pharaon à atteindre l’Euphrate. Cependant, les rois locaux se rebellent dès le départ des Egyptiens. Enfin, Thoutmosis Ier est un grand bâtisseur : il embellit notamment le temple de Karnak.

Son successeur Thoutmosis II meurt prématurément. Son fils Thoumosis III étant trop jeune pour régner, c’est la sœur de Thoutmosis II, Hatshepsout, qui assure la régence. Cependant, au bout de quelques années elle se fait elle-même couronner pharaon par le clergé d’Amon, devenant ainsi la 1ère femme pharaon à régner durablement sur l’Égypte.

Son règne est pacifique et voit un fort rayonnement du pays. Sa plus grande réalisation est son temple funéraire de Deir el-Bahari.

Vers 1458 av. J.-C., elle meurt dans des circonstances mal élucidées et Thoutmosis III peut enfin accéder au pouvoir, 21 ans après le début théorique de son règne. C’est lui qui porte l’expansion territoriale de l’Égypte à son apogée. Roi guerrier par excellence, il mène 16 campagnes au Proche-Orient à la tête de plus de 10000 hommes.

Thoutmosis III part d’abord combattre une coalition menée par le roi de Qadesh, vassal du Mitanni. Il remporte la bataille de Megiddo qui lui donne toute la Palestine. La ville de Qadesh est prise au cours d’une campagne ultérieure, ce qui lui donne la soumission de toute la Phénicie. Le principal adversaire reste alors le Mitanni : la frontière est finalement stabilisée sur l’Euphrate. Notons que l’Égypte forme alors le plus grand empire ayant jamais existé, puisqu’il dépasse l’ancien empire d’Akkad.

Parallèlement, les constructions se multiplient en Égypte. Thoutmosis III meurt finalement après 53 ans de règne théorique, dont 31 effectives. Son successeur Amenhotep II, qui règne de 1425 à 1401, poursuit la même politique militaire qui l’amène à réprimer régulièrement des révoltes au Proche-Orient. L’Égypte est alors dans une phase de prospérité remarquable grâce aux richesses ramenées des pays tributaires. Le Mitanni, le Hatti et Babylone eux-mêmes envoient des cadeaux.

Les pharaons Thoutmosis IV et Amenhotep III profitent de la situation qu’ils ont héritée et leurs règnes sont paisibles. Amenhotep III fait notamment construire le temple de Luxor : c’est l’apogée artistique de l’Égypte antique. Cependant, peu enclin à la guerre, il refuse d’intervenir en Syrie face aux nouvelles prétentions des Hittites, affaiblissant ainsi son influence dans la région.

À cette époque, le clergé d’Amon est devenu démesurément puissant grâce à toutes ces richesses importées. Epaulé par sa femme Tiyi, Amenhotep III tente d’amorcer un retour vers le culte solaire. Mais dans le même temps, l’ouverture sur l’étranger favorise l’émergence d’idées nouvelles.

Finalement, son fils Amenhotep IV va créer une véritable rupture, soutenu par sa femme la reine Néfertiti. Après 6 ans de règne, il décide d’abandonner le culte d’Amon au profit d’Aton, le Disque Solaire. Il quitte Thèbes au profit d’une nouvelle capitale qu’il fait entièrement construire, Akhetaton, et change lui-même de nom en devenant le pharaon Akhénaton. Au-delà de sa volonté d’affaiblir le clergé d’Amon, il s’agit d’une véritable révolution religieuse : en effet, Aton devient rapidement le dieu unique qui rassemble en lui-même toutes les divinités, tandis que le culte des anciens dieux est banni. Akhenaton est donc le fondateur du monothéisme, qui conduira plus tard à la naissance du judaïsme. L’art se transforme aussi radicalement sous son règne. Cependant, la population, ancrée dans près de 2 millénaires de polythéisme, n’adopte pas ces changements. A l’extérieur, Akhenaton se préoccupe peu du Proche-Orient et l’influence de l’Égypte recule, y compris en Palestine. A l’intérieur, le clergé d’Amon prépare sa revanche.

Vers 1343 av. J.-C., en l’an 12 de son règne, l’Égypte entre dans une période très obscure. 5 ans plus tard, Akhenaton meurt dans des circonstances troublées. Son successeur Semenenkhkarê a un règne éphémère et meurt lui aussi de façon prématurée. Dans cette période chaotique, c’est la fille d’Akhenaton qui assure les régences. Toutankhaton monte ensuite sur le trône et décide de mettre fin au marasme en abandonnant le culte d’Aton au profit d’Amon et des anciens dieux : il change ainsi son nom en Toutankhamon, et abandonne Akhetaton au profit de Thèbes. Il est surtout célèbre parce que c’est le seul pharaon dont le tombeau n’a jamais été pillé.

Toutankhamon meurt à l’âge de 19 ans, et son successeur Aÿ ne règne que 3 ans. Ce pharaon apparaît terne face à l’aura de son général en chef, Horemheb, que Toutankhamon a élevé au-dessus du rang de vizir. Sa plus grande action d’éclat est de stopper la progression des Hittites vers le sud, permettant à l’Égypte de retrouver sa frontière au niveau de Qadesh. Il réprime aussi les attaques des Libyens à l’ouest et les révoltes en Nubie au sud.

À la mort du pharaon, il s’empare lui-même du pouvoir, mettant fin à la XVIIIe dynastie. Son règne, de 1323 à 1295, voit le retour de la stabilité. Il réforme l’administration, restaure les relations commerciales lointaines, et engage de vastes travaux de construction. L’idéologie d’Akhenaton est rayée des annales, mais elle va se maintenir chez certains immigrés du delta, moins attachés au retour du vieux polythéisme égyptien.

Sans descendance, Horemheb désigne son vizir et général en chef Ramsès Ier pour successeur, qui inaugure ainsi la XIXe dynastie. Mais il ne règne qu’un an.

Le 1er grand pharaon de cette dynastie de militaires est son fils Séthi Ier, qui passe l’essentiel de son règne à combattre l’empire hittite. A cette époque, la région de Qadesh continue de changer de camp régulièrement.

Séthi Ier est le père du plus célèbre pharaon de l’Histoire, Ramsès II. Ses 66 ans de règne au sein d’une période de prospérité expliquent sa célébrité. Cette durée lui permet de réaliser de nombreuses constructions dans le pays : il construit notamment le temple d’Abou Simbel en Nubie, et embellit les temples de Karnak et de Louxor. Ramsès II a surtout laissé le souvenir d’un grand guerrier, notamment au Levant face aux Hittites. Il fait même construire une nouvelle capitale Pi-Ramsès dans le delta pour se rapprocher des zones de conflit. Pourtant, les frontières n’évoluent guère pendant son règne. En particulier, la bataille de Qadesh de 1274 est restée célèbre parce que son déroulement est parvenu en détail jusqu’à nous. Vers 1245, une paix définitive finit par être signée avec les Hittites.

À la mort de Ramsès II en 1213 av. J.-C., l’empire égyptien est toujours radieux, et doit se contenter de réprimer quelques révoltes en Nubie et au Levant. Pourtant sous le règne de Mérenptah, une menace considérable fait son apparition : les premiers Peuples de la Mer, fuient la Grèce envahie par les Doriens. Ils débarquent en Afrique et s’allient aux Libyens contre l’Égypte. Ces envahisseurs parviennent jusqu’à proximité de Memphis avant que Mérenptah ne les repousse.

Ce pharaon marque la fin de l’apogée de l’Égypte. Sa mort ouvre des querelles de succession liées au long règne de Ramsès II et à ses innombrables descendants, qui affaiblissent le pays. Sethi II doit faire face à un usurpateur en Haute Égypte et en Nubie, qu’il finit par vaincre après 4 ans de conflit. Pendant ce temps-là, le Levant est attaqué par les Peuples de la Mer et sort définitivement du giron de l’Égypte, trop occupée sur son propre sol.

C’est probablement cette époque qui inspirera le mythe de la sortie d’Égypte de Moïse. La fin des grandes constructions réduit le besoin de main-d’œuvre dans le delta, à présent soumis aux attaques extérieures. Les immigrés venus de Palestine retournent donc massivement dans leur pays qui a retrouvé son indépendance. Les Hébreux contribuent ainsi à diffuser le monothéisme d’Akhenaton vers la Palestine, ce qui sera déterminant pour l’Histoire future de la région.

À la mort de Séthi II, de nouveaux problèmes de succession se posent et la reine Taousert assume le pouvoir. Un usurpateur, Sethnakht, en profite pour s’emparer du trône, fondant la XXe dynastie. Si son règne ne dure que 3 ans, son successeur Ramsès III marque enfin le retour à la stabilité politique. C’est le dernier pharaon à mener de grandes constructions dans le pays. Mais les Libyens et les Peuples de la Mer attaquent de plus belle et Ramsès III passe l’essentiel de son règne à repousser leurs assauts.

Il meurt assassiné lors d’un coup d’état après 32 ans de règne, vers 1154 av. J.-C.. Son fils Ramsès IV parvient à mater les putshistes, mais il règne moins de 10 ans et ses successeurs, qui se font tous appeler Ramsès, voient un affaiblissement progressif du pouvoir royal. Ramsès VI est le dernier à pénétrer dans le Sinaï vers 1140, tandis qu’à l’ouest les Libyens continuent de lancer des raids sur les villes égyptiennes. La perte du Levant et la disparition des alliés traditionnels du Proche-Orient, expliquent la nouvelle faiblesse de l’Égypte. Peu à peu, le grand prêtre d’Amon devient une puissance parallèle à celle du pharaon. Le Nouvel Empire est en train de s’éteindre à petit feu.

C’est bien triste, mais on va voir que la Mésopotamie s’en sort encore moins bien. C’est l’ensemble du monde antique qui vacille face à ces vagues de migrations sans précédent.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2021-11-30 17:12:00

 
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