L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la chute de Rome (337 - 476)

La chute de Rome (337 - 476)

En 337, l’empereur Constantin meurt après avoir apporté des transformations profondes dans l’empire. Après une série d’assassinats, deux de ses fils se partagent l’empire : Constant en Occident qui contient la pression germanique, et Constance II en Orient en pleine guerre contre les Perses. Puis Constance II récupère l’Occident à la mort de son frère. C’est le général Julien qui lui succède : c’est le dernier empereur à soutenir le paganisme, ce qui lui vaudra le surnom « d’apostat ». Puis son successeur Jovien signe la paix avec les Perses en abandonnant les provinces conquises sous Dioclétien.

Il ne règne que 8 mois. En 364, le gouverneur Valentinien est désigné pour lui succéder. Il s’adjoint son frère Valens comme deuxième Auguste, qui se charge de l’Orient. Pour la première fois, l’empire est divisé en deux états qui gèrent chacun leurs propres ressources. En Occident, Milan s’érige en capitale car elle est plus proche que Rome des zones de conflits. Les deux empereurs parviennent à repousser les Perses et les Goths à l’est, les Alamans et les Pictes à l’ouest.

La situation politique se complexifie très vite en Occident avec la proclamation de plusieurs Auguste. Les Germains, massivement employés dans les armées romaines, sont de plus en plus impliqués dans ces luttes internes. En Bretagne, la frontière commence à reculer face à l’assaut des Scots et des Pictes.

En 375 a lieu un évènement majeur : les Huns originaires d’Asie Centrale franchissent le Don, faisant fuir les populations germaniques devant eux. Trois ans plus tard, les Goths écrasent l’armée romaine à la bataille d’Andrinople, tuent l’empereur Valens, et s’installent massivement sur le territoire romain. Les Wisigoths deviennent les principaux défenseurs de l’empire d’Orient, tandis que les Francs aident à défendre l’empire d’Occident. Ces guerres incessantes provoquent un appauvrissement et un dépeuplement de l’empire.

En Orient, Théodose Ier succède à Valens. Il publie l’édit de Thessalonique qui fixe le christianisme nicéen comme unique religion d’Etat. Il met aussi un terme aux Jeux Olympiques qualifiés de païens. En 388, il intervient pour régler les conflits entre les empereurs d’Occident et réunifie pour la dernière fois la gestion des deux Etats. Cette ultime unité ne se reproduira plus : à sa mort, l’empire est à nouveau divisé, cette fois de façon définitive. Honorius reçoit l’Occident tandis qu’Arcadius reçoit l’Orient qui, a posteriori, sera appelé « l’empire byzantin ».

Dès la première année, l’empire d’Orient subit deux désastres : les Wisigoths menés par Alaric Ier pillent la Grèce jusqu’à Athènes, et les Huns pillent la Syrie jusqu’à Antioche. En Occident, c’est le régent Stilicon qui assure la réalité du pouvoir. Il transfère la capitale de Milan à Ravenne, plus facile à défendre. Il parvient pendant un temps à contenir les Goths, mais la poussée des Huns se poursuit et provoque des migrations germaniques en masse : en 407, le limes romain s’effondre. La Bretagne subit l’invasion des Angles, des Jutes et des Saxons venus du continent, et est abandonnée. La Gaule subit le pillage des Vandales, des Suèves et des Alains qui poursuivent jusqu’en Espagne où ils fondent des royaumes. Les Wisigoths d’Alaric Ier envahissent l’Italie et mettent Rome à sac en 410, un évènement qui marquera durablement les esprits. Peu après, le successeur d’Alaric décide de s’allier à Honorius : les Wisigoths chassent les Germains d’une partie de l’Espagne pour le compte des Romains en échange de terres en Aquitaine. Cela donne naissance au royaume de Toulouse en 418. Quant aux Vandales conduits par Genséric, ils franchissent le détroit de Gibraltar, abandonnent l’Espagne et conquièrent en 10 ans l’Afrique romaine : Ils fondent un royaume centré sur Carthage et reconnu par Rome. A l’ouest, les tribus berbères en profitent pour retrouver leur indépendance.

A cette époque, les Huns arrivent au contact de l’empire d’Orient : l’empereur Théodose II renforce les murailles de Constantinople et parvient à les repousser au prix du versement de lourds tributs, ce qui deviendra une politique récurrente de l’empire byzantin. Celui-ci est déjà marqué par d’incessantes querelles religieuses : ceux qui ne respectent pas le dogme officiel sont persécutés.

En 434, Attila devient roi des Huns. Il ravage l’empire d’Orient, extorquant de nouveaux tributs. Puis en 451, il rassemble tous ses vassaux germaniques et envahit l’empire d’Occident à la tête d’une immense armée. Il ravage Metz et s’avance jusqu’à Orléans, mais il est arrêté à la bataille des Champs Catalauniques par Aetius allié au roi wisigoth Théodoric. L’année suivante, Attila pénètre en Italie, s’empare de nombreuses villes et s’avance vers Rome. L’empereur d’Orient Marcien, successeur de Théodose II, intervient pour venir en aide à son collègue d’Occident Valentinien III : Attila accepte finalement de se retirer avec un immense butin.

Il meurt l’année suivante, entraînant une guerre de succession entre ses fils. Les peuples germaniques soumis en profitent pour se soulever et les tribus hunniques se fragmentent. L’empire d’Occident retrouve alors la traditionnelle menace germanique. Au nord de la Gaule, les Francs Saliens ont constitué un vaste royaume sous l’impulsion de leur roi Clodion le Chevelu, peut-être fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Ils aident les Romains à contenir la pression des Alamans et des Francs Rhénans.

En Espagne, les Suèves conquièrent toute la moitié occidentale de la péninsule.

En 455, les Vandales toujours menés par Genséric conquièrent la Sardaigne et la Corse, puis ils pillent Rome pendant 15 jours et s’emparent de la Sicile. Cette année-là, l’empire d’Occident replonge dans le chaos politique avec la mort de Valentinien. Les Wisigoths conquièrent une grande partie de l’Espagne et s’avancent en Gaule. A l’est, les Burgondes s’étendent sur toute la vallée du Rhône et de la Saône. Les Germains sont de plus en plus impliqués dans les armées romaines. L’un d’eux, Odoacre, parvient à s’emparer de Ravenne en 476 où il dépose le jeune empereur Romulus Augustule. Puis il conquiert le reste de l’Italie dont il se fait proclamer roi : le titre impérial reste vacant, ce qui marque la fin de l’empire romain d’Occident. Peu après, Odoacre s’assure de l’alliance des Wisigoths en leur cédant la Gaule narbonnaise, se fait remettre la Sicile par Genséric, et annexe la Dalmatie. La partie de la Gaule qui restait sous le contrôle de l’empereur devient un royaume romain dirigé par le général Syagrius. Cette dernière emprise romaine disparaîtra avec l’expansion du royaume franc...

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-04-08 16:03:59

 
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