Préhistoire et haute Antiquité en cartes animées

Vincent Boqueho raconte la Préhistoire

Ier épisode

La Préhistoire, de 2,5 millions d'années à 3300 av. J.-C. environ

Dans cette vidéo, on va synthétiser les grandes étapes de la Préhistoire. On va démarrer au tout début, dans les forêts équatoriales du globe. Les grands singes de cette époque vont évoluer jusqu’à former la lignée humaine. Ils donneront aussi naissance aux Orangs Outans d’Indonésie, aux gorilles d’Afrique et aux bonobos et chimpanzés qui se séparent plus tardivement de la lignée humaine et constituent nos plus proches cousins.

Il y a 7 millions d’années environ, les périodes d’assèchement du climat poussent certains grands signes africains à se redresser pour s’adapter à la savane. Du coup la tête n’est plus suspendue à l’horizontale mais repose sur le reste du corps, ce qui permet au cerveau de gagner du poids. Ce n’est que bien plus tard que la libération de la main favorisera l’utilisation de l’outil.

La 1ère espèce bipède est Toumaï découvert au Tchad, puis Orrorin au Kenya qui vivait il y a 6 millions d’années. Les Ardipithèques sont apparus en Éthiopie 1 million d’années plus tard. Ces espèces n’ont sans doute aucun lien avec la lignée humaine qui ne diverge du chimpanzé que vers 5 millions d’années. Cette nouvelle divergence va rapidement conduire à l’émergence de l’Australopithèque.

Les plus anciens Australopithèques découverts remontent à 4 millions d’années. Ils sont situés en Éthiopie, au Kénya et en Tanzanie. On remarque qu’ils sont alignés le long de la vallée du Rift africaine, de nature volcanique. Les fossiles s’y sont sans doute mieux conservés qu’ailleurs grâce aux dépôts réguliers de cendres. Dans tous les cas, les Australopithèques occupèrent peu à peu une grande partie de l’Afrique, depuis le Tchad jusqu’en Afrique du sud.

C’est aussi dans la vallée du Rift qu’ont été retrouvés les premiers vestiges du genre homo, datés de 2,5 millions d’années. Ca marque un véritable saut qualitatif : c’est l’apparition des premières pierres taillées, qui marque le début du Paléolithique. Ça se combine sans doute avec un premier embryon de langage articulé. L’espèce la plus répandue, Homo habilis, continue de côtoyer de nombreuses autres espèces, comme les Paranthropes qui divergent de la lignée humaine et vont se maintenir pendant près d’1,5 millions d’années. Il y a 1,8 millions d’années, une nouvelle étape cruciale est franchie : Homo Ergaster acquiert l’intelligence nécessaire à la conquête de nouveaux climats. D’un coup, l’aire de peuplement de l’homme change d’échelle : Homo Ergaster sort d’Afrique et conquiert toute la moitié sud de l’Asie, où il prendra le nom d’Homo Erectus. Il n’est arrêté que par la ligne Wallace en Indonésie : c’est un profond bras de mer qui reste immergé même pendant les glaciations.

Un peu plus tard il y a 1,2 millions d’années, l’homme atteint l’Europe de l’ouest où il donnera naissance à l’Homo Heidelbergensis. La domestication du feu, réalisée vers -400000, permet ensuite la conquête de climats de plus en plus froids. Les deux dernières espèces d’hominidés émergent vers -250000 : l’Homme de Neandertal en Europe, puis notre propre espèce, Homo Sapiens, en Afrique. Ces deux espèces ont un volume crânien comparable et voient l’apparition des premières sépultures.

Homo Sapiens quitte l’Afrique vers 80000 av JC : c’est donc la 2e grande sortie d’Afrique après celle d’Homo Ergaster. En peu de temps, l’homme moderne supplante Homo Erectus en Asie, sauf dans des endroits isolés comme sur l’île de Florès où une lignée distincte survivra jusqu’en 12000 av JC. L’intelligence d’Homo Sapiens lui permet aussi de gagner des territoires jamais atteints par l’homme : Vers 70000 av. J.-C., il franchit les bras de mer pour gagner la Papouasie et l’Australie. Puis vers 35000 av. J.-C., il gagne l’Amérique à pied sec en profitant du faible niveau des océans pendant la dernière glaciation.

Pendant tout ce temps, Neandertal coexiste aux côtés d’Homo Sapiens en Europe. C’est d’ailleurs à cet endroit que Sapiens commence à peindre sur les parois des grottes. Finalement, Neandertal disparaît il y a 28000 ans, et Sapiens devient l’unique espèce humaine sur Terre à l’exception de quelques derniers isolats.

On est alors en pleine glaciation et l’homme est encore un chasseur-cueilleur nomade. Il a déjà domestiqué un animal pour les besoins de la chasse : le chien. Mais avec le réchauffement du climat, ces domestications vont littéralement s’emballer, notamment au Proche-Orient qui a le mérite de se trouver au centre des influences de l’ancien monde. C’est là que va se produire la première révolution néolithique.

Les plus anciens vestiges de la transition néolithique ont été retrouvés le long d’un arc allant de la Palestine au Zagros en passant par le Taurus, appelé le « Croissant Fertile ». La fin de la glaciation augmente les ressources de nourriture et l’homme n’a plus besoin de parcourir de grandes distances : vers 12000 av. J.-C., il commence à se sédentariser. Puis il cherche à concentrer la faune et la flore autour du village pour réduire encore les déplacements : c’est le début de l’agriculture et de l’élevage, vers 10000 av. J.-C. Peu à peu, l’homme sélectionne les meilleures plantes et animaux, qui se séparent progressivement des variétés sauvages : c’est le début de la domestication. La chèvre est domestiquée dès 10000 av. J.-C., mais la véritable révolution est liée à la domestication du blé et de l’orge 1000 ans plus tard, qui permettront la croissance démographique des premières civilisations. Les villages deviennent permanents tandis que les domestications se poursuivent : le mouton et le bœuf, puis le porc et le chat pour les animaux. Les pois et lentilles pour les végétaux. Le chat est particulier puisqu’il est domestiqué pour protéger les greniers, et non pour sa viande.  

D’autres régions du monde commencent à effectuer leurs propres domestications, mais ça n’aura pas partout la même importance dans le développement des civilisations. Le maïs de Mésoamérique, le millet de Chine du nord, et le riz de Chine du sud se démarquent nettement dans leur rôle à venir.

Dans le Croissant Fertile, -6000 apparaît comme une date cruciale, car elle marque les débuts de la maîtrise de l’irrigation. En Mésopotamie, la plaine désertique traversée par le Tigre et l’Euphrate peut enfin être conquise. C’est à peu près à la même époque que la culture du blé traverse l’obstacle du Sinaï pour gagner l’Égypte, naturellement irriguée par les crues du Nil.   La présence de riches sols alluvionnaires à proximité des fleuves favorisent les fortes concentrations de population : peu à peu, les villages se transforment en villes. De plus, la pression liée à la désertification de la région pousse l’homme à innover : dans le domaine de l’agriculture pour accueillir les réfugiés climatiques, et dans le domaine de la guerre pour en repousser les attaques.

Dans les villes, la différenciation entre les corps de métier s’amplifie. La société dirigeante gouverne une population de plus en plus vaste et complexe. En Egypte et en Mésopotamie, l’Humanité est en train d’entrer dans l’Histoire.

Dans le prochain épisode, on se focalisera sur la Mésopotamie au temps des premières cités-états.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2021-08-31 12:53:30

 
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