Van Dongen - Fauve, anarchiste et mondain - Herodote.net

Van Dongen

Fauve, anarchiste et mondain


Nous avons été séduit par une exposition parisienne sur un artiste méconnu du XXe siècle : Van Dongen (1877-1968).

Cette exposition se tient au musée d'Art moderne de la ville de Paris jusqu'au 17 juillet 2011...

Le musée d'art moderne de la ville de Paris nous charme à nouveau avec une exposition consacrée à l'artiste hollandais Kees Van Dongen (1877-1968) : «Van Dongen. Fauve, anarchiste et mondain».

Cette rétrospective propose un parcours de 1895 au début des années 1930 qui explore les attitudes impulsives, rebelles et énigmatiques d'un peintre à la fois proche du milieu anarchiste à la Belle Époque (avant la Grande Guerre) et acteur de la vie mondaine pendant les Années Folles.

L'exposition s'amorçe sur une toile spectaculaire, la «Chimère-Pie» (1895), qui traduit l'émancipation de l'artiste par rapport à ses acquis académiques. Avec cet animal hybride qui rappelle le cheval mythologique Pégase, l'artiste illustre sa vocation. Il s'impose comme un peintre qui va bouleverser les codes artistiques.

Le «Kroptokine du Bâteau-Lavoir»

Après une enfance à Rotterdam, Kees Van Dongen - de son vrai nom Cornelis Théodorus Marie van Dongen -, rejoint en 1899 Paris, principale scène artistique de l'Europe. Impressionné par la vogue des périodiques illustrés, c'est en tant que dessinateur qu'il commence à explorer le monde de l'art. Ses dessins rappellent sa sensibilité aux questions sociales et ses sympathies pour le monde anarchique.

Il s'installe au Bâteau-Lavoir, la ruche artistique de Montmartre, déjà occupée par Picasso, Juan Gris, Brancusi, Modigliani et autres futurs artistes de renom.

Son impulsivité, ses changements de style soudains et sa volonté d'indépendance lui vaudront le surnom de «Kroptokine du Bâteau-Lavoir» par Picasso (Kroptokine est un anarchiste russe du XIXe siècle).

Effectivement, Van Dongen bouleverse sa façon de peindre. Emprunte à Paul Signac sa technique néo-impressionniste, s'adonne au pointillisme, avant de se consacrer au fauvisme et à l'utilisation de couleurs pures, «sorties directement du tube». C'est alors qu'il peint «Les lutteuses», un tableau aux couleurs franches qui n'est pas sans rappeler les «Demoiselles d'Avignon» de Picasso et rencontrera un vif succès au Salon des indépendants de 1908.

Puis, il se rapproche d'une certaine forme de primitivisme aux alentours de 1910 en se qualifiant lui-même de «nègre blanc». C'est à ce moment qu'il peindra par exemple «L'idole», un nu impudique au tons affirmés, le torse souligné d'un épais trait noir.

Suivront des voyages en Espagne et au Maroc qui inciteront Van Dongen à revisiter l'Orient artistique. Attiré par l'exotisme, les oeuvres peintes durant ses voyages, surtout des portraits de jeunes femmes comme «Joaquina» ou «Andalucia», sont faites de couleurs et de sensualité.

Nouvelle vie, nouvelle femme

Ses voyages, sa notoriété grandissante, enfin la Grande Guerre, l'amènent à s'éloigner de sa femme Guus et de sa fille, restées en Hollande.

Peu importe, il rencontre en 1916 sa nouvelle compagne, Jasmy, mondaine et friande de grandes réceptions parisiennes. Le couple s'installe Villa Saïd à Montparnasse, où sera reçu le Tout-Paris.

Ce changement de vie implique également un changement de style de l'artiste. Il se rapproche du milieu mondain et se met à peindre des femmes à la mode. Ses tableaux, de taille monumentale, présentent des corps élancés, idéalisés qui le placent en-dehors de tout mouvement.

Le faste de ces années prend fin avec la crise économique de 1929. Van Dongen en est affecté. Il rompt avec Jasmy en 1932. De nouvelles aventures s'ouvrent devant lui, hors du champ de l'exposition du musée d'Art moderne.

Camille Larané


Publié ou mis à jour le : 2016-06-30 14:08:57

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