Convention citoyenne pour le climat

Une illusion sympathique qui ne sauvera pas le climat

Les 19, 20 et 21 juin 2020, les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat tiendront leur session finale dans le palais d’Iéna à Paris et produiront un nouveau et copieux rapport qui nourrira les discours officiels avant d’aller rejoindre ses prédécesseurs dans la cave d’un ministère.

Une nouvelle fois, comme lors de la crise des Gilets jaunes avec le Grand Débat ou dans l'épidémie du Covid-19 avec le Conseil scientifique, le gouvernement et le Président se défaussent de leurs responsabilités sur un comité Théodule et renvoient aux citoyens de base le poids de leur échec.

Notre mode de vie, premier responsable

L’Histoire ne fonctionne pas comme ça. Nos choix de vie sont orientés par la classe dominante. Celle-ci ayant choisi la mondialisation qui lui permet de vendre en masse à des coûts très bas et ainsi de réaliser de super-profits, les citoyens ne peuvent y échapper sauf à végéter et mourir de faim. De même qu’ils ne peuvent se libérer de leur dépendance à l’automobile dès lors que le choix a été fait en haut lieu de sacrifier le patrimoine naturel et les villes à une urbanisation folle qui artificialise les sols et oblige chacun à perdre son temps, sa vie et sa santé dans des déplacements quotidiens plus longs d’année en année.

Une sortie par le haut est possible. Elle suppose de diagnostiquer d’abord la crise climatique. À partir de là, une solution politique en découle, limpide, qui plus est indolore, souriante et bénéfique à toutes les parties, citoyens et entreprises. Cette solution alternative à la crise climatique est développée dans notre essai, en librairie sous le titre : Sauver le climat et gagner plus, des revenus plus élevés avec une énergie plus chère (176 pages, éditions Herodote.net, 9 euros).

Des énergies trop bon marché

Nous partons du constat que l’énergie est moins chère aujourd’hui qu’il y a 50 ans ! Si surprenant que cela paraisse, les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) coûtent en effet deux fois moins qu’en 1970 en proportion de nos revenus. C’est pourquoi notre intérêt personnel nous guide en toutes choses vers les solutions les plus énergivores, même si nous les réprouvons.

 1 euro = 6,5596 francs
Prix en 1969 (francs)
Prix en 2020 (euros)
Évolution
(x par)
SMIC horaire
3,3
10
20
Baguette de pain (250g)
0,55
1
12
Carte de métro hebdomadaire
4,8
20
27
1 litre de super
1,1
1,5
9
10 thermies de gaz
1,1
0,9
5
 

Où en serions-nous si le prix du super était resté dans le même rapport prix/revenu qu’en 1969, soit à plus de 3 euros le litre ? Nous ne vivrions pas moins bien mais différemment. Nous aurions des villes et des villages plus concentrés, des lieux de travail plus proches des lieux d’habitation, plus de commerces de proximité et moins d’hypermarchés, des transports publics plus développés, notamment entre villages, villes et gares etc. Les paysans pratiqueraient plus volontiers une agriculture raisonnée et utiliseraient moins de phytosanitaires si ceux-ci étaient également deux fois plus chers qu’ils ne sont aujourd’hui.

Le prix bas des énergies, en particulier des énergies fossiles, est une addiction, une drogue qui nous a conduits dans l’impasse actuelle, avec un mode de vie clinquant  qui menace les équilibres environnementaux et en premier lieu climatiques.

Illusions techniciennes

Les gouvernants et les industriels à l’origine de cette addiction ne voient d’autre solution que dans une fuite en avant par la technologie : développement des énergies « renouvelables » et des véhicules électriques. Mais les énergies telles l’éolien ou le solaire comportent aussi de graves inconvénients (pollutions par les « terres rares », rendements faibles et incertains…). Quant à l’électrification des véhicules, elle ne compensera jamais et de loin la multiplication du nombre de véhicules (un milliard aujourd’hui, trois ou quatre milliards dans 50 ans ?). Elle ne fera aussi qu’accélérer l’étalement urbain et l’artificialisation des sols.

S’ensuit l’urgente nécessité d’augmenter fortement le prix des énergies pour nous libérer de notre addiction, mais à condition qu’il ne nous en coûte rien ! C’est possible dans le respect de l’économie de marché, de la démocratie et de la liberté individuelle, en préservant la croissance économique et en améliorant le bien-être de chacun.

Une taxe bienvenue et même populaire

Nous préconisons une solution incitative et même populaire : une taxe sur les énergies primaires, payée par les producteurs d’énergie (EDF, compagnies pétrolières, usines d’incinération etc.) et toute entière redistribuée aux citoyens sous la forme d’une allocation forfaitaire mensuelle. Il s’agit que l’augmentation du prix de l’énergie et des produits énergivores soit toute entière compensée par cette allocation.

Ainsi chacun pourra-t-il arbitrer entre deux options sans altérer son bien-être :
• Ne rien changer à son mode de vie en finançant avec l’allocation forfaitaire les hausses de prix induites par la taxe sur l’énergie,
• Se réorienter vers des consommations moins énergivores et moins coûteuses, avec un reliquat de revenu qui lui permettra d’augmenter son niveau de vie !

Faisons confiance aux citoyens et à nous-mêmes et laissons chacun décider de consommer plus ou moins « vert » sans perte de revenu.

La législation doit être en tous points incitative et non contraignante. Si un ménage souhaite une maison ouverte à tous les frimas, s’il ne se déplace qu’en voiture et ne rêve que de vacances aux antipodes, libre à lui. Mais telle une « main invisible », la loi doit lui montrer des alternatives plus attirantes et surtout moins coûteuses. Elle doit inciter chacun à s’établir au plus près des villes, des bourgs et des bassins d’emploi. Elle doit aussi permettre aux paysans respectueux de l’environnement de concurrencer les agro-industriels et aux industriels nationaux de rivaliser avec les importations de l’autre bout du monde... Ces orientations vers « une vie plus humaine » sont à notre portée. De nature essentiellement fiscale, elles sont indolores et porteuses d'espérance.

Une taxe énergie de 50 centimes sur 1 litre de carburant ou 10 kWh électriques rapporterait un minimum de 80 milliards d’euros. Si au lieu d’être noyé dans le budget de l’État (désendettement, administrations, subventions, investissements…), ce montant est redistribué par le fisc à chaque ménage, il s’ensuit une allocation forfaitaire de 150 euros par mois à chaque adulte et 80 euros par mois par enfant mineur (montant brut avant impôt).

Ne s'arrêtant pas à la mise en place de la taxe énergie redistribuée, l'État peut réorienter la législation de façon à encourager les pratiques les plus sobres en énergie sans entraver la croissance économique ni la compétitivité des entreprises.

Une utopie pour tout de suite : Sauver le climat et gagner plus

Dans un essai didactique qui allie texte et BD, nous proposons une révolution fiscale : la taxe énergie redistribuée. Ou comment réduire nos consommations d’énergie et remédier au dérèglement climatique avec une énergie plus chère mais des revenus plus élevés.

Réchauffement climatique : quel avenir pour la planète ?Ce livre de176 pages (9 euros)  est édité par Herodote.net et disponible en librairie. Vous pouvez aussi le commander en ligne (frais de port en plus).
Au sommaire :
• Notre mode de vie en question
• Illusions techniciennes
• La guerre façon Churchill
• Une taxe bienvenue
• La vraie ville, la ville sans automobile
• Agir pour une vie plus humaine
• Annexe 1 : le dérèglement climatique
• Annexe 2 : la faute aux bébés ?

L'auteur ébauche une série de propositions pour nous en libérer et en premier lieu une taxe sur les énergies primaires dont le produit serait tout entier redistribué aux citoyens sous la forme d'une allocation forfaitaire mensuelle. Ainsi chaque ménage pourrait-il au choix conserver son mode de vie sans subir de perte financière ou le réorienter vers des pratiques plus sobres en énergie tout en accroissant son revenu disponible... 

Gagner plus et sauver le climat ! (graphisme : Dominique Rousseau, texte : André Larané
 

Publié ou mis ŕ jour le : 2020-06-16 15:39:59

 
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