Robert Edward Lee (1807 - 1870)

Un homme d'honneur à la tête des sudistes

Le général Robert E. Lee est la plus noble figure militaire de la guerre de Sécession, bien qu'appartenant au camp des vaincus en sa qualité de chef des armées confédérées (sudistes).

Issu d'une vieille famille de planteurs virginiens, il se voue très tôt au métier des armes et sort second de l'Académie militaire de West Point en 1829.

Le 30 juin 1831, il épouse une amie d'enfance, Mary Custis. C'est une descendante de George Washington, fille d'un riche planteur propriétaire du domaine d'Arlington (Virginie). Six des sept enfants du couple naîtront dans cette somptueuse résidence. Mary héritera du domaine à la mort de son père en 1857 mais le gouvernement de Washington le confisquera en 1861, au début de la guerre. Il sera plus tard converti en nécropole militaire.

Un officier charismatique

Robert Edward Lee en 1838 (19 janvier 1807, Stratford Hall - Virginie ; 12 octobre 1870, Lexington - Virginie)Lee s'illustre dans la guerre contre le Mexique en 1848 puis dirige l'Académie militaire de West Point, où il a lui-même effectué de brillantes études. En 1859, il met fin à la rébellion du militant anti-esclavagiste John Brown.

Quand survient la sécession du Sud, le président Lincoln lui offre le commandement de l'armée de l'Union mais l'officier est tiraillé entre sa fidélité aux États-Unis et son attachement à sa Virginie natale, sécessionniste.

Il rejoint finalement la Virginie et la Confédération sudiste en avril 1861 et devient conseiller militaire du président Jefferson Davis.

Le 1er juin 1862, il prend le commandement de l'armée de Virginie du Nord et connaît pendant un an une longue série de succès.

Malgré leur coût humain très élevé, Lee bénéficie d'un bénéficie d'un immense prestige auprès de ses hommes, par sa droiture et sa proximité.

Robert Edward Lee en 1864  (19 janvier 1807, Stratford Hall - Virginie ; 12 octobre 1870, Lexington - Virginie)Il arrête la marche de McClellan sur Richmond puis vainc John Pope à la seconde bataille de Bull Run les 29-30 août 1862. Il est toutefois mis en échec par McClellan à Antietam le 17 septembre 1862.

Après deux grandes victoires à Fredericksburg le 13 décembre 1862 et à Chancellorsville les 2-4 mai 1863, il entame une marche téméraire sur Washington mais est battu à Gettysburgh les 1er-3 juillet 1863. Cette défaite fait basculer le sort des armes en faveur des nordistes.

En février 1865, alors que la Confédération sudiste a perdu toute chance de victoire, Lee prend le commandement en chef de son armée. Il est définitivement battu à Appomattox le 9 avril 1865.

La mort dans l'âme, impassible, sanglé en grand uniforme, il apporte sa reddition au général Ulysses Grant, lequel l'accueille en simple vareuse, nonchalamment vautré dans un fauteuil.

Robert Lee prend dès lors une retraite honorable en qualité de président du Washington College de Lexington (Virginie).

Lee et l'esclavage

Bien que propriétaire d'esclaves et commandant des armées sudistes, Robert Lee est à la fois hostile par principe à l'« institution particulière » (l'esclavage) et convaincu qu'il est voué à disparaître rapidement de façon naturelle, du moins aux États-Unis.

Dans une lettre célèbre à sa femme, le 27 décembre 1856, le futur généralissime écrit : « En cet âge éclairé, peu je crois disconviendront que l'esclavage en tant qu'institution est un mal à la fois moral et politique quel que soit le pays. Il est inutile de s'étendre sur ses inconvénients. (...) mais il ajoute aussi : Les noirs sont incommensurablement mieux ici qu’en Afrique, moralement, socialement et physiquement. L’instruction douloureuse qu’ils subissent est nécessaire pour leur éducation et leur race. (...) Leur émancipation résultera plus vite de la douce et unificatrice influence du christianisme, plutôt que des orages et des tempêtes de la controverse violente ».

Lee est par ailleurs partisan du maintien d'une ségrégation entre blancs et noirs. Il est proche en cela de la plupart de ses concitoyens éclairés, y compris du président Lincoln, lequel rappelait en 1862, en pleine guerre de Sécession : « Mon objectif essentiel dans ce conflit est de sauver l'Union. Ce n'est pas de sauver ou de détruire l'esclavage. Si je pouvais sauver l'Union sans libérer aucun esclave, je le ferais. Si je le pouvais en libérant tous les esclaves, je le ferais. Et si je le pouvais en en libérant quelques-uns sans toucher au sort des autres, je le ferai aussi ».

Robert E. Lee entre son fils et son aide de camp Taylor, le 16 avril 1865 à Richmond (Virginie)

Publié ou mis à jour le : 2020-06-20 21:35:38

 
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