La bande dessinée

Un art toujours plus surprenant

Hergé, couverture du Petit vingtième, 1934.

Sur la piste des Belges

Hergé dessine Tintin. Photo : Elisabeth Bouvet/ RFI, DR.À Bruxelles, ce 10 janvier 1929, un petit reporter est pour la première fois envoyé enquêter à l'autre bout du monde, chez les Soviets. En fait, il se contente de parcourir les planches du Petit Vingtième sous la plume de son créateur Georges Rémi, alias Hergé (d'après ses initiales inversées).

Le garçon à la houppette et son fox-terrier bavard deviennent vite des stars de la bande dessinée grâce à la précision du dessin, le réalisme simple des décors et le soin apporté aux scénarios construits à partir d'une rigoureuse documentation géographique, ethnologique et historique.

Inventeur du style de « la ligne claire » qui consiste à souligner le contour de chaque élément représenté par un trait à l'encre, Hergé rassemble autour de lui tout un groupe d'artistes belges qui vont faire de ce petit pays un des maîtres en la matière. Le Journal de Tintin (à partir de 1946) va servir de support pour faire connaître les personnages de Blake et Mortimer (Edgar P. Jacobs), Michel Vaillant (Jean Graton) ou encore Alix (Jacques Martin).

Arizona, couverture Lucky Luke, volume 3, Morris, 1950.Babar (Jean de Brunhoff), le gentil éléphant qui faisait la joie des enfants depuis 1931, prend tout à coup un coup de vieux. Sniff… Il semble même totalement démodé face à la nouvelle génération d'auteurs qui arrive en 1938 pour mettre un peu plus de légèreté dans le monde bien sérieux de Tintin.

La fantaisie avant tout ! Tel est le mot d'ordre de l'École de Marcinelle (ou dite de Charleroi) et, autour de Jijé (Joseph Gillain), les idées fusent : Franquin, Morris ou encore Will se font un plaisir de faire subir des aventures loufoques à Spirou, Lucky Luke et Tif et Tondu.

M'enfin ! Ces personnages sympathiques, qui seront rejoints après 1950 par les Schtroumpfs (Peyo), Boule et Bill (Roba) et Astérix (Goscinny et Uderzo), ont une particularité qui les distingue de leurs aînés bruxellois : ils parlent dans des bulles rondes et non plus rectangulaires !

Ce coquin de reporter...

En janvier 1979, dans Apostrophes, Hergé raconte à Bernard Pivot la naissance de Tintin...

Manga, Katsushikai Hokusai, entre 1814 et 1878.

La ballade des mangas japonais

Connaissez-vous l'emakimono ? Il ne s'agit pas d'une nouvelle mode vestimentaire mais de bandes racontant une histoire à l'aide de dessins et de sous-titres. Cette définition vous rappelle quelque chose ? Il s'agit bien sûr de celle de la bande dessinée qui trouve du côté du Japon un nouvel ancêtre daté du VIIIe siècle.

Tagosaku et Mokube visitent Tokyo, Kitazawa Rakuten, à partir de 1902.On en discerne l'influence dans l’œuvre du génial Hokusai qui griffonna des cahiers entiers de caricatures, donnant ainsi naissance aux mangas (« images dérisoires »), terme repris en 1902 par Rakuten Kitazawa pour désigner ses propres créations originales.

Inspiré par les modèles venus de l'occident avec l'ouverture du pays, il est à l'origine de nombreux magazines et de tout autant de vocations qui permettent à la bande dessinée japonaise d'exploser.

La guerre et l'occupation américaine vont bien sûr influencer ces artistes à l'exemple du plus célèbre d'entre eux, l’infatigable Osamu Tezuka, père du petit robot Tetsuwan Atom connu chez nous sous le nom d'Astro Boy. 3 000 dessinateurs, des tirages mensuels de 10 millions d'exemplaires... Waouh !

Cat's eye, Tsukasa Hojo, couverture du volume 1, 1981.Dans les années 60, le Japon peut revendiquer sa place parmi les plus grandes nations créatrices de bandes dessinées ! Et ce n'est pas fini : grâce au succès des dessins animés type Goldorak et Albator, les éditeurs français se lancent dans l'aventure et les mangas envahissent les rayons des librairies.

Akira (Katsuhiro Ottomo, 1982), Dragon Ball (Akira Toriyama, 1984), Cat's eye (Tsukasa Hojo, 1981) entrent bruyamment dans la culture de nos adolescents qui apprécient ces intrigues au rythme effréné où le personnage est placé au centre de l'histoire.

Dans des cases influencées par le cinéma, le décor est en effet réduit pour faire la part belle à la psychologie de héros à l'apparence caractéristique puisque leurs yeux sont dessinés tout ronds pour en renforcer l'expressivité.

Petit format, absence de couleurs, papier souvent recyclé... le manga au Japon est un outil de consommation courante qu'on n'hésite pas à jeter après lecture tandis que les Européens, qui le payent plus cher, aiment à en collectionner les titres.

Mais malgré la variété infinie des personnages et le renouvellement rapide des collections, le genre connaît actuellement un certain essoufflement expliqué par la concurrence des autres loisirs, internet et jeux vidéos, qui en offrent des versions animées et fragilisent le traditionnel manga de papier.

Wolinski, couverture de Charlie Hebdo, 1979.

Z comme Zadulte

« Ça, c'est un journal ! » Le premier numéro de Pilote, en octobre 1959, donne le ton. À sa tête, un trio de choc : Goscinny, Uderzo et Charlier. Les deux premiers y font connaître un petit moustachu gaulois, un grand vizir colérique et un cow-boy solitaire, et le troisième y imagine les aventures des pilotes Tanguy et Laverdure et du pirate Barbe-Rouge.

Le Grand Duduche, (« Passe ton bac d'abord ! »), Cabu, 1980.La ligne éditoriale fait clairement des appels du pied du côté du public adulte avec des univers plus fouillés comme ceux de Blueberry (Charlier et Giraud, 1963) et Valérian (Jean-Claude Mézières, 1967). L'humour se fait potache dans la Rubrique-à-brac de Gotlib et le Grand Duduche, cousin myope de Gaston, permet à Cabu de se moquer de l'atmosphère pré-soixante-huitarde des lycées et de la société bien-pensante de son époque.

D'autres préfèrent s'appuyer davantage sur les dialogues et créent des personnages de Français moyens aussi bavards qu'un Achille Talon (Greg, 1963) ou que les Frustrés (Claire Bretécher, 1973), reflet habile de l’époque.

Oups ! Avec Barbarella (Jean-Claude Forest, 1962), la bande dessinée se lance dans les évocations sensuelles et les scènes se font de plus en plus sexy jusqu'à donner naissance au sous-genre de la BD érotique.

Fluide Glacial, couverture du numéro 1, 1975. Gotlib est l'auteur de la majorité des pages de ce numéro.Dans la droite ligne de mai 68 et du mouvement Underground américain, on n'hésite plus en effet à choquer la morale en allant toujours plus loin dans la provocation. « Bête et méchant », le sous-titre du journal Hara-Kiri (1960), reflète bien cet esprit subversif qui s'en donne à cœur joie dans les pages de L'Écho des savanes (1972), Métal hurlant (1975) et Fluide glacial (1975).

Reiser et son Gros Dégueulasse (1977), Wolinski et son […] Sale phallocrate (1982) repoussent encore les limites en mettant en scène des personnages détestables, bien loin des héros traditionnels ! Certains de ces auteurs choisissent alors de mettre leur talent au service du dessin de presse en limitant en général leur création à une seule vignette.

Le Canard enchaîné mais aussi Charlie Hebdo s'appuient sur ce type de dessin indépendant qui fait aussi le succès de publications plus familiales, comme les albums de Serre, Voutch et Sempé.

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, 2011.

Les aventures extraordinaires de petits héros de papier

En 1974, hourra ! C'est la consécration ! À Angoulême, le premier festival de la bande dessinée ouvre ses portes et récompense une œuvre ambitieuse, Les Passagers du vent de François Bourgeon. Désormais, plus personne ne remet en cause le qualificatif de 9e art que l'on associe à la BD, accueillie pour une grande exposition au musée des Arts décoratifs de Paris dès 1967 avant la création de son propre musée à Angoulême, en 2009.

Corto Maltese (« Fable de Venise »), Hugo Pratt, 1981. Des auteurs comme Enki Bilal voient même leurs planches exposées dans des galeries tandis que les dessins de Tardi (Adèle Blanc-Sec, 1976) ou les scénarios de Van Hamme (XIII, 1984) passent désormais pour des classiques, tout comme les œuvres du « maître » Hugo Pratt. Son romantique Corto Maltese, publié d'abord dans Pif Gadget, n'a-t-il pas donné une nouvelle dimension au genre en associant habilité narrative et esthétique poétique ?

Ce qu'on a baptisé de « roman-BD » devient peu à peu « roman graphique » (de l'anglais américain graphic novel), souvent publié par de petites maisons d'édition. Nombre de pages dépassant les 48 traditionnelles, histoire longue et autonome, noir et blanc privilégié... Ces critères révèlent de nouvelles envies de la part des lecteurs qui aiment se lancer dans des narrations plus longues et sombres.

Maus, Art Spiegelman, volume 1, 1986.L'exemple le plus frappant est le phénomène Maus (1986) d'Art Spiegelman, seule bande-dessinée à avoir reçu le prix Pulitzer. Dans cet ouvrage de près de 300 pages, l'auteur utilise le vieux procédé consistant à transformer les personnages en animaux pour mieux rendre compte du cauchemar de l'Holocauste vécu par son père.

Ce travail sur l'expérience personnelle et la mémoire a influencé durablement les auteurs suivants, à l'image de Marjane Satrapi qui, dans Persépolis (2000), raconte son adolescence iranienne, ou encore de Guy Delisle qui nous fait vivre ses expériences d'expatrié (Chroniques de Jérusalem, 2011).

La couleur est de retour mais l'audace est toujours à l'honneur dans les pages de Joann Sfar qui est capable de passer du Chat du rabbin (2002) à une adaptation du Petit Prince (2008). Les plus jeunes ont aussi droit à des albums plus audacieux et peuvent suivre les facéties d'un Petit Spirou (Tome et Janry, 1990) et d'un Titeuf (Zep, 1992).

Pô ! Entre innovation et tradition, la bande dessinée a plus d'une flèche à son arc et n'est certainement pas près de lasser son public. Quand on pense que les chamailleries des Tuniques bleues (Cauvin et Lambil) le tiennent en haleine depuis près d'un demi-siècle ! Sans aucun doute, le bédéphile est le lecteur idéal, à la fois fidèle et assoiffé de nouveauté !

Les Pieds Nickelés s'en vont en guerre, Louis Forton, 1917.

La bande dessinée, ou comment schtroumpfer l'Histoire...

La BD raconte des histoires... et pourquoi ne servirait-elle pas à raconter la grande Histoire ? L'aspect pédagogique du genre a vite été perçu par les éditeurs et il n'est pas une période qui n'ait trouvé son héros : de la préhistoire (Rahan, Lécureux et Chéret, 1969) à la guerre d'Afghanistan (Le Photographe, Lefèvre et Guibert, 2003), on peut se plonger dans la vie quotidienne de nos ancêtres, minutieusement reconstituée.

Bécassine pendant la Grande Guerre, Caumery et J.P. Pinchon, 1916.La fidélité historique est en effet au cœur de ces ouvrages qui s'emploient à utiliser une documentation soignée. C'est le cas des albums que Tardi consacre à la Première Guerre mondiale et pour lesquels le dessinateur s'est adjoint la collaboration d'un spécialiste, l'historien Jean-Pierre Verney. Pas question qu'un bouton d'uniforme soit anachronique !

On est loin des Belles histoires de l'oncle Paul publiées dans Spirou (Charlier, 1951), voire même du petit « village peuplé d'irréductibles gaulois qui résiste encore et toujours à l'envahisseur »... Si l'on accepte qu'Astérix fasse preuve de quelque fantaisie dans sa description de l'empire romain, on aime aussi aujourd'hui pouvoir faire confiance aux auteurs comme ceux de Murena (Dufaux et Delaby, 1997) qui n'hésitent pas à ajouter des glossaires à leurs albums.

Le goût des lecteurs pour l'Histoire en vignettes pousse également les éditeurs à multiplier les œuvres retraçant la vie des grands hommes, mettant les biographies à portée du plus grand nombre. Support pédagogique efficace, la BD peut parfois aussi se transformer en outil de propagande pour diffuser une version officielle de l'Histoire. Ce fut le cas par exemple pendant la Première Guerre qui vit les Pieds Nickelés ou Bécassine partir sur le front !

Putain de guerre, Tardi, 2008.

Bande dessinée et vérité historique, une alliance possible ?

Devenu incontournable dans les manuels scolaires évoquant la Première Guerre mondiale, Tardi s’interroge sur son rôle…
« La place de l'artiste, c'est probablement de combler les vides laissés par les institutions et les témoignages. Pour Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II B, récit que j'ai publié sur la Seconde Guerre mondiale, j'ai reçu énormément de lettres pour me remercier d'avoir posé des images, un cadre, une atmosphère, sur ces événements que les parents racontaient. La vérité, il ne faut pas la mépriser, mais elle n'a pas la finalité de ces livres. Car de toute manière, les reconstitutions sont par essence inexactes. Donc l'expérience personnelle, la souffrance, importe plus. […] C'est ça, je crois, la place de l'artiste. Retranscrire cette réalité, au plus près, pour la ramener à un niveau humain. Trouver les mots et les images, se confronter à leurs limites, pour mettre en scène nos images mentales. Le dessin, et c'est sa beauté pour l'artiste de bande dessinée, permet de montrer des événements au plus près de leur réalité pour permettre à des gens qui n'ont pas vécu ces expériences de les vivre par procuration, de leur permettre de s'interroger sur la valeur de ces situations, de mesurer ce qui présidait à telle ou telle prise de décision, hier encore incompréhensible. » (Tardi, interview pour Beaux-Arts : La Grande Guerre en bande dessinée, 2014).

Lucky Luke, « Le Hors-la-loi », Morris, 1951. Vignettes censurées.

Non, je ne m'énerve pas !

Dangereuse, la bande dessinée ? Ouh là, terriblement, si l'on en croit la suspicion dont elle a été longtemps l'objet. Art mineur, réalisée dans l'urgence pour répondre à la demande des journaux, elle était regardée d'un œil méchant par les instances dirigeantes qui s'inquiétaient du contenu de ces dessins destinés à nos petites têtes blondes.

Il faut dire qu'en 1945, la criminalité des enfants aux USA explose, jetant le discrédit sur les histoires qu'ils adorent. Si l'URSS a censuré très vite, jugeant le genre anti-soviétique, les Américains attendent 1954 pour refuser à leur tour sang, créatures peu vêtues et obscénités en tous genres.

En 1949, la France passe à l'attaque : inquiète de voir l'arrivée des comics américains soupçonnés de violence et d'immoralité, elle fait passer une loi pour soumettre les publications destinées à la jeunesse au contrôle d'une commission. Les ciseaux entrent en action, et les éditeurs inquiets n'hésitent pas à renvoyer à leurs dessinateurs les œuvres jugées subversives.

Lucky Luke, Spirou n°641, Morris, 1950. L'agrandissement montre Lucky Luke dans Spirou n°2424 en 1983. En 1964, Morris a la drôle d'idée de faire mourir de façon sanglante un des Dalton : interdit ! Et voilà comment le pauvre malfaiteur finit simplement au fond d'un tonneau. Si la censure permet discrètement de protéger la production nationale, elle est aussi un reflet de l'évolution de la société : dans les années 50, personne ne s'est offusqué de la cigarette fumée en permanence par Lucky Luke, cigarette qui dut être définitivement remplacée dès 1983 par un brin de paille, plus inoffensif. En 1963, c'est au nom de la protection des animaux que la censure refuse un gag où Boule entortille les oreilles de son cher Bill.

Quant à l'album de Tintin au Congo, il fait régulièrement la « une » des médias lors de procès qui demandent l'interdiction de l’œuvre pour cause de racisme, racisme dont s'était défendu Hergé : « J’étais nourri des préjugés du milieu dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : 'Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !', etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. » (Entretien avec Sadoul Numa, 1975).

Si aujourd'hui les avis de la Commission s'assimilent davantage à des avertissements qu'à des interdictions, il ne fait guère de doute qu'elle incite toujours les éditeurs à s’imposer une forme d'autocensure.

La Grande traversée, Goscinny et Uderzo, 1975.

Rubrique à chiffres

C'est une marée montante depuis des décennies : rien ne semble devoir arrêter la hausse des ventes de bandes dessinées ! En 2017, elles représentaient près de 7 % de la production de livres en zone francophone, et on n'a compté pas moins de 5300 titres disponibles sur les étagères des magasins. Youpi !

Sans surprise, c'est le rayon jeunesse qui profite de cette passion avec le succès des incontournables Astérix et Titeuf mais aussi, pour les plus grands, des mangas qui caracolent en tête. La situation reste cependant fragile pour la majorité des dessinateurs et des petites maisons d'édition, malgré le succès surprise de titres comme L'Arabe du futur de Riad Attouf l'an dernier (2016).

L'Arabe du futur 2, Riad Attouf, 2015.

De plus en plus le secteur devient dépendant du cinéma qui sert de tremplin publicitaire aux œuvres, et d'internet qui aide les nouveaux créateurs à se faire connaître. Cela permettra peut-être aux femmes de se faire une place dans ce milieu très masculin !

Autre secteur important qui vit de la bande dessinée, les produits dérivés sous forme de jouets, vêtements, papeterie et jeux vidéos génèrent des revenus toujours plus impressionnants, tout comme les parcs à thèmes (Astérix), mais c'est surtout du côté des vieilles planches que le phénomène BD est le plus visible : 1,55 million d'euros pour une page originale de Tintin !

Les collectionneurs, nourris à la bande dessinée, sont en effet de plus en plus nombreux à se faire plaisir en investissant dans les affiches d'Art et les ventes aux enchères. Les musées et murs peints d'Angoulême et Bruxelles ont certainement encore de beaux jours devant eux !

Le sémiologue et la BD

Sémiologue de formation, et donc spécialiste des signes linguistiques, qu'ils soient verbaux ou non, Umberto Eco ne pouvait que se pencher sur le cas de la bande dessinée...
« Une étude statistique plus précise révélerait six catégories de lecteurs de BD :
a) les enfants âgés de moins de 9 ans, qui lisent les BD pour enfants ;
b) les enfants de plus de 9 ans, qui lisent les BD pour adultes ;
c) les adultes au faible QI, qui lisent les BD pour enfants ;
d) les intellectuels amateurs de kitsch et les fans, qui ne se contentent pas de lire les BD, mais en discutent et les collectionnent ;
e) Marshall McLuhan (qui forme une catégorie à part) [Marshall McLuhan a été un des premiers à étudier l'influence des médias]
f) les spécialistes en sciences des communications, sémiologie, linguistique et histoire de l'art […].
S'il est vrai que la BD se sert à la fois de l'image (et relève par-là de la critique et de l'histoire de l'art) et du texte (qui relève entre autres de la linguistique), il serait faux d'y voir une simple addition de ces deux formes de communication. [...]
Le problème consiste plutôt à comprendre comment la fusion de deux modes d'expression distincts produit un langage sui generis aux règles bien distinctes, langage qui a influencé le cinéma, la peinture et jusqu'à la littérature. L'examen de ces questions n'est qu'à ses débuts. »
(Umberto Eco, L'Art de la BD, 1972).

Avez-vous, à présent, découvert tous les titres des albums ?

Franquin, série Gaston Lagaffe : Gaffes à gogo,
Hergé, série Tintin : On a marché sur la lune,
Willy Lambil et Raoul Cauvin, série Les Tuniques bleues,
Patrick Cothias et André Julliard, série Les 7 Vies de l'Épervier,
Morris, série Lucky Luke : Sur la piste des Dalton,
Roba, série Boule et Bill : Ce coquin de cocker,
Hugo Pratt, série Corto Maltese : La Ballade de la mer salée,
Franquin et Greg, Z comme Zorglub,
Tardi, Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec,
Peyo, Les Schtroumpfs,
Franquin, série Modeste et Pompon : Non, je ne m'énerve pas ! ,
Gotlib, Rubrique à brac.

Bibliographie

BDGuide. Encyclopédie de la bande dessinée internationale, 2003, éd. Omnibus,
Claude Moliterni, Philippe Mellot et Michel Denni, Les Aventures de la BD, 1996, éd. Gallimard (« Découvertes »),
Claude Moliterni, Philippe Mellot et Laurent Turpin, L'ABCdaire de la bande dessinée, 2002, éd. Flammarion.


Publié ou mis à jour le : 2020-05-06 10:35:30

 
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