Le dictionnaire de l'Histoire

Souverainisme, nationalisme, néolibéralisme

Le souverainisme est à proprement parler la quintessence de la démocratie et l'exact opposé du nationalisme. Il vise à préserver, renforcer ou restaurer la souveraineté du peuple, autrement dit la démocratie, selon la définition de Jean-Jacques Rousseau qui place le Peuple Souverain au-dessus de tout. Le peuple se définit comme l'ensemble des habitants d'un même territoire, solidaires par choix, nécessité et destin.

Le souverainisme implique la préservation des frontières et l'indépendance nationale, dans le respect des autres nations et la collaboration avec celles qui ont des intérêts convergents comme on l'a vu dans l'Europe des nations (1950-1992). En cela, il s'oppose au nationalisme... Le nationalisme exalte la Nation et la veut la plus grande possible, ce qui implique des guerres de conquête. Le nationalisme ne peut être démocratique car il n'est pas possible que cohabitent dans une complète égalité de droits dominants-conquérants et dominés-conquis.

Si le nationalisme demeure vivant en Asie, dans la Turquie d'Erdogan, l'Inde de Modi ou encore la Chine de Xi Jinping, il a été disqualifié par le nazisme en Europe où l'effondrement du IIIe Reich a conduit a l'épanouissement de la démocratie dans le cadre de nations souveraines unies au sein de la Communauté européenne. Cette Europe des nations, fondée sur une évidente communauté d'intérêts, a conduit à de magnifiques succès : Airbus, Arianespace, Erasmus....

Respectueuse de la souveraineté des États, l'Europe des nations a été cependant balayée par une idéologie venue du monde anglo-saxon et que l'on qualifie faute de mieux de néolibéralisme. Cet avatar improbable de la démocratie revendique une liberté individuelle absolue dans une improbable conjonction du libertarisme d'extrême-gauche et du capitalisme financier, sous le mot d'ordre : « Tout est permis, tout s'achète et se vend ». Cette chimère libertaire-néolibérale a débouché sans surprise sur un monstrueux paradoxe, à savoir que l'individu s'est trouvé enchaîné aux forces aveugles du profit, condamné à vivre pour travailler, sans autre satisfaction que d'accroître les bénéfices de ses employeurs.

La disparition de la conscience nationale est allée de pair avec la mort de la politique : en nous détournant de la nation et en contestant l'État, autrement dit en repoussant toute forme d'organisation exception faite du secteur marchand, nous ne nous assignons plus de but collectif et nous n'avons plus aucun motif de débattre sur l'organisation du pouvoir. Nos engagements se résument à des initiatives vaines et saugrenues, dépourvues de sens, comme une grève des cours par les lycéens pour dénoncer l'inaction de l'État en matière climatique, ou encore des démarches caritatives auprès des sans-domicile et des immigrants clandestins. Dans l'un et l'autre exemples, on se garde de s'interrroger sur les causes de ces malheurs car cela reviendrait à faire de la politique dans le cadre de la démocratie, de l'État et de la nation, autant de gros mots que rejettent tant l'extrême-gauche libertaire que les néolibéraux.

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