L'Art de la paix

Secrets et trésors de la diplomatie

Traité de paix avec l’Empire, dit traité de Westphalie. Munster, 24 octobre 1648.Jusqu'au 15 janvier 2016, voici au Petit Palais (Paris) près d'un millénaire d'histoire diplomatique française.

On peut ainsi découvrir une centaine d'archives parmi lesquelles des traités de paix chargés de mémoire comme le volumineux traité de Versailles (1919) aussi bien que le traité d’Arras (1435) entre le roi Charles VII et le duc Philippe le Bon, qui permit aux Français et aux Bourguignons de chasser les Anglais du Continent.

Ces documents sont accompagnés de tableaux, d’objets d’art et d’archives audiovisuelles qui permettent de les situer dans leur contexte.

André Larané

Martin Desjardins (dit), Martin van den Bogaert, La Paix de Nimègue, 10 août 1678, 1681-1685. Musée du Louvre

Mariages diplomatiques

Jean-Francois de Troy, Portrait de Louis XV de France et l’infante d’Espagne, 1724. Florence, Palais PittiUne première salle met en lumière la transition médiévale entre l'impossible unité carolingienne et le partage du territoire européen entre différentes dynasties royales.

La dispersion du pouvoir à l’époque féodale incite l'Église à chercher à protéger les civils par la « paix de Dieu », garantie par des sanctions spirituelles. Puis, à mesure que se consolident les États dynastiques, c'est par les mariages entre familles régnantes que l'on tente de prévenir les conflits.

Mais les héritages sont parfois contestés ou dégénèrent en guerres « de succession ». Dans la famille des Habsbourg, ils conduisent au contraire au début du XVIe siècle à une exceptionnelle concentration de territoires. Tout cela donne du fil à retordre aux diplomates, soucieux d'établir la paix sur un équilibre des puissances.

Johan-Christian Neuber, Table de Teschen, 1779. Musée du LouvreL’exposition se poursuit par une galerie de peintures du XVIIe au début du XIXe siècle qui célèbrent l'idéal de paix (Simon Vouet ou Cesare Procaccini) ou représentent la Paix de manière allégorique. Fille de Zeus et de Thémis, la divinité est aisément identifiable à une série d’attributs : un rameau d’olivier, une torche mettant le feu à des trophées militaires, une corne d’abondance et des épis de blé, ou, sur un mode plus anecdotique, les colombes de Vénus installant leur nid dans le casque de Mars, dieu de la guerre…

Il y est question aussi des règles et protocoles que pratiquent les diplomates aux Temps modernes, dans le souci de représenter dignement leur souverain.

Vassili Verechtchaguine, Apothéose de la guerre, 1871. Galerie Trétiakov, Moscou

La dernière partie évoque les espoirs et les déconvenues du XIXe et du XXe siècles autour d'œuvres picturales expressives : caricatures de Daumier, l'Apothéose de la guerre (1871) de Vassili Verechtchaguine (Moscou), La Rue Montorgueil de Monet ou encore La Colombe de la Paix de Picasso.

Empire Ottoman, Capitulations accordées par le sultan Mehmet IV à Louis XIV, 5 juin 1673.Nous avons relevé une citation visionnaire de Paul Cambon, ambassadeur de France à Berlin avant 1914, puis secrétaire général du quai d'Orsay (le ministère des Affaires étrangères) :
« Si les hommes mettent jamais fin aux guerres entre nations, peut-être verront-ils des guerres plus atroces, les guerres de classes et les guerres de doctrine. Il n'est personne qui soit plus fermé à la pitié qu'un rêveur qui veut réaliser sa chimère » (Le Diplomate, 1925).

Historiens et personnalités s'expriment aussi dans de courtes vidéos sur les enjeux diplomatiques.

Franck Ferrand évoque notamment avec brio la diplomatie des princes et exprime aussi son dépit devant la crise de l'Union européenne.


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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