Charles 1er Stuart (1600 - 1649)

Sa mort a racheté les erreurs de son règne

Après le règne prestigieux de la reine Elizabeth 1ère, le roi Jacques 1er Stuart atteint des sommets d'impopularité du fait de son intolérance à l'égard des minorités religieuses.

Aussi est-ce dans un grand élan populaire que son fils lui succède le 27 mars 1625 sur les trônes d'Angleterre et d'Écosse. Charles 1er a 25 ans.

Il est apprécié pour sa réserve et ses bonnes manières, comme le montre son portrait réalisé vers 1636 par le peintre de la Cour Antoon Van Dick (ce portrait sous trois angles était destiné au sculpteur romain Le Bernin et devait lui servir de modèle pour un buste).

Charles 1er (19 novembre 1600 - 30 janvier 1649), portrait par Anton Van Dick, 1636

Mariage heureux, règne malheureux

Henriette-Marie de France, reine d'Angleterre (Louvre, 26 novembre 1609 - Colombes, 10 septembre 1669), portrait par Peter Lely, vers 1660 (musée Condé, Chantilly)Le duc de Buckingham, ancien favori de son père, devenu l'ami et le confident de Charles 1er, convainc ce dernier d'épouser Marie-Henriette de France (15 ans), soeur de Louis XIII et plus jeune fille d'Henri IV.

Le mariage, le 1er mai 1625, laisse augurer un règne heureux, malgré les préventions que peuvent nourrir les protestants anglais à l'égard d'une princesse qui a le double tort d'être catholique et française.

Le ménage vivra d'ailleurs le parfait amour et donnera le jour à sept enfants, dont Henriette d'Angleterre, immortalisée par Bossuet (« Madame se meurt, Madame est morte... »)

Mais le goût du roi pour le pouvoir personnel ne tarde pas à le rendre à son tour impopulaire auprès des parlementaires, de la majorité anglicane et de la bourgeoisie.

Dès l'année de son avènement, il entre en conflit avec les parlementaires, issus de la bourgeoisie et de la petite noblesse des campagnes.

Soucieux de leurs deniers et attentifs à la morale puritaine, ces derniers n'apprécient pas les dépenses du roi et de la cour, qu'il s'agisse de faire la guerre aux Espagnols ou aux Français ou de satisfaire les fantaisies du favori.

Portrait du roi Charles 1er à la chasse, par Anton van Dick (musée du Louvre)À plusieurs reprises, ils refusent au roi le droit de lever de nouveaux impôts et Charles 1er réplique en dissolvant la Chambre avant de la convoquer plus tard quand les besoins financiers redeviennent pressants. 

Après l'assassinat de son favori, en 1628, il gouverne avec l'appui efficace de Lord Strafford et de l'archevêque William Laud en tâchant de se passer du Parlement pendant onze ans. Mais l'irrédentisme écossais l'oblige à le convoquer à nouveau afin de financer une campagne militaire.

C'est le début de la guerre civile. Lord Strafford est injustement condamné pour haute trahison par les parlementaires et exécuté au désespoir du roi.

Chassé de Londres, Charles 1er lève alors une armée de fidèles et tente de rétablir son autorité mais il se heurte à l'armée parlementariste commandée par Oliver Cromwell. Celui-ci s'assure de sa personne et le fait condamner, puis décapiter devant le palais de Whitehall le 9 février 1649 (30 janvier selon le calendrier julien en vigueur en Angleterre à cette époque).

Au pied de l'échafaud, à un témoin qui tâte le tranchant, le roi aurait dit : « Ne gâtez pas la hache, elle pourrait me faire plus mal ! », puis à l'évêque Juxon, en lui tendant son médaillon de Saint Georges : « Remember ! » (« Souvenez-vous ! »). Cette parole d'interprétation hasardeuse s'est transmise comme une relique dans les milieux royalistes.

Par sa mort courageuse et digne, le roi rattrape les erreurs de son règne. À son corps défendant, il restaure la ferveur monarchiste et prépare la restauration.

Alban Dignat
Les cinq enfants aînés de Charles 1er, par Anton Van Dick, 1637 (collection royale)

Épisode suivant Voir la suite
Oliver Cromwell
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net