Casimir Perier (1777 - 1832)

Riche, libéral, monarchiste... et grand ministre

Président du Conseil du roi Louis-Philippe, Casimir Perier représente, avec François Guizot, la grande bourgeoisie conservatrice qui accède au pouvoir sous la Restauration, à la faveur du suffrage censitaire (dico).

Financier habile, entrepreneur efficace, homme d’État attaché à la paix, il aura, malgré la brièveté de son ministère (1831-1832), stabilisé la « Monarchie de Juillet » et engagé la France dans la voie de la démocratie parlementaire.

Une famille bourgeoise... et patriote

Casimir Perier en pair de France, tenant à la main le rapport destiné à contrer la politique financière de Villèle, Louis Hersent, 1827, Château de Versailles. Agrandissement : portrait posthume en 1832, Louise Adélaïde Desnos, Château de Versailles.Casimir Perier, le premier du nom, est l'un des fils de Claude Perier dit « Perier Milord », opulent négociant de Grenoble dans les toiles peintes et l’impression textile.

Ce notable s'est acquis une réputation de civisme et de patriotisme en accueillant le 21 juillet 1788 les états généraux du Dauphiné dans son château de Vizille.

Claude Perier réussit de judicieux investissements, en particulier dans la Compagnie des mines d’Anzin, qui exploite le charbon dans le Nord, sur les bords de l'Escaut. Sous le Consulat, il participe aussi à la création de la Banque de France en 1801 dont il rédige les statuts et en devient régent.

Son fils Casimir reprend les affaires familiales à sa mort en 1801 et les fait fructifier, notamment par son mariage en 1805 avec une riche héritière.

Le virus de la politique

Aux élections législatives de septembre 1817, sous le règne de Louis XVIII, Casimir Perier se fait élire député de la Seine. On est encore dans un système électoral censitaire, avec un nombre d'électeurs très réduit (200 000 environ pour tout le pays). Aussi n'a-t-il pas trop de mal, au vu de sa fortune, à obtenir les suffrages du commerce parisien. Il sera ensuite régulièrement réélu à Paris puis dans l’Aube, jusqu’à sa mort en 1832.

D’emblée, le nouveau député montre un caractère fort et se fait redouter par son art oratoire. Il intervient régulièrement sur les finances et les budgets, sa spécialité. Des joutes parlementaires épiques l’opposent à Villèle, chef de gouvernement sous le règne de Charles X.  C’est ainsi qu’il proteste contre l’indemnisation des émigrés dans l’affaire dite du « milliard des émigrés » : le vote en 1825 d'une enveloppe de 630 millions de francs-or sous la forme de rentes à 3% par an destinée à indemniser les nobles victimes de la Révolution.

De gauche à droite : Jacques Laffitte, Casimir Perier, le général La Fayette et le comte Gérard, membres de la Commission municipale et constitutionnelle en 1830, Nicolas Eustache Maurin, Paris, musée Carnavalet.

Le 16 mars 1830, 221 députés de la Chambre, dont Casimir Perier, votent une motion de défiance hostile au ministère Polignac. Charles X réplique par une dissolution de la Chambre et une suspension de la liberté de la presse.  

Lecture à l'Hôtel de Ville de Paris de la Déclaration des Députés et de la Proclamation du Duc d'Orléans, lieutenant général du Royaume, 31 juillet 1830, François Gérard, Château de Versailles.La réaction de l’opinion  ne se fait pas attendre… Ce sont « les Trois glorieuses » de juillet 1830 qui chassent Charles X.  Casimir Perier se rallie au duc d’Orléans, cousin du roi déchu, dans l'espoir d’établir un vrai gouvernement parlementaire et de restaurer enfin l'ordre. C’est devant lui, élu le 6 août 1830 à la présidence de la Chambre des députés, que Louis-Philippe lit la Proclamation établissant son règne.

Après le court ministère du banquier Jacques Laffitte, le nouveau « roi des Français » appelle le 13 mars 1831 Casimir Perier à diriger son gouvernement

Casimir Perier, qui se veut l’homme du « juste milieu », va mettre en place un vrai gouvernement parlementaire, marqué par la solidarité ministérielle et le travail de cabinet. Il instaure en particulier de nouvelles pratiques avec déclaration de politique générale devant la Chambre et recours systémique au vote de confiance des députés. Ces pratiques, réunies  sous l'expression  « Système du 13 mars », vont perdurer jusqu'à nos jours.

La mise à l'épreuve vient très vite avec la première révolte des canuts, à Lyon, le 22 novembre 1831.  Elle est réprimée sans une goutte de sang. Casimir Perier, en bon conservateur, déclare à la Chambre : « Il faut que les ouvriers sachent qu'il n'y a de remède pour eux que la patience et la résignation ».

En matière de politique extérieure, le gouvernement gère avec doigté la désignation du premier souverain de la Belgique indépendante, Léopold de Saxe-Cobourg, lequel est l'oncle de la reine Victoria et aura le bon goût d'épouser une fille de Louis-Philippe.

Bientôt épuisé, Casimir Perier songe à se retirer. C’est alors que survient en France en février 1832 une pandémie de choléra. Louis-Philippe demande à son fils le duc d’Orléans de visiter les malades de l’Hôtel-Dieu accompagné du président du Conseil. Perier contracte le mal et décède le 16 mai 1832. 


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Les souverains français
Publié ou mis à jour le : 2022-06-08 11:45:46

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