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Pompéi à nouveau détruite

Les ruines tombent en ruine...


6 novembre 2010. À Pompéi, les restes de la « Maison des Gladiateurs » se sont effondrés lors d'un épisode de fortes pluies, le 6 novembre 2010.

Ce vénérable bâtiment du premier siècle de notre ère servait, semble-t-il, de centre d'entraînement pour les gladiateurs. Très endommagé, il n'était pas accessible au public comme beaucoup d'autres parties de l'antique cité romaine, ensevelie sous les cendres du Vésuve le 24 août 79.

Son effondrement met en lumière les insuffisances de l'État italien en matière de gestion du patrimoine. Il faut dire à sa décharge que le « bel paese » a le patrimoine historique le plus important du monde. Cependant, le tourisme culturel est aussi l'une des principales sources de revenus de la péninsule, si bien que « l'excuse » ne justifie que partiellement la situation.

Depuis plusieurs années, des archéologues et responsables culturels tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, les crédits affectés à la restauration et à l'entretien des monuments historiques sont en chute libre.

Le ministre de la culture Sandro Bondisi rétorque que le problème n'est pas financier, mais qu'il est lié à la mauvaise organisation et gestion des monuments. Comme toujours, il est difficile de se prononcer. Le désengagement de l'État est patent mais les aménagements faits à Pompéi laissent aussi à désirer et ont accéléré l'usure des ruines qui avaient résisté aux siècles.

Dernier désastre en date : le Grand Théâtre, défiguré par des gradins neufs en tuf jaune qui tranchent avec le tuf gris du bâtiment originel ; cela simplement pour un concert qui s'est tenu le 10 juin 2010.

Glissons sur les initiatives calamiteuses de ces dernières années : introduction de vélos en libre service (roulage impossible), accès pour les handicapés (impraticables de fait), stérilisation des chiens errants (ils sont plus nombreux que jamais sur le site)...

Tout cela reflète selon les conservateurs une gestion « berlusconienne », restrictive sur les budgets et les effectifs d'entretien et de surveillance (le site est victime de vols et détériorations à répétition) mais laxiste quand il s'agit de faire un coup médiatique.

Désengagement de l'État

Certains ont suggéré de privatiser le site Pompéi, attendu que l'État italien serait incapable de s'en occuper correctement. D'autres affirment qu'une telle évolution transformerait le site en Disneyland antique et réclament une implication accrue de l'État.

Cependant, à la suite d'inondations catastrophiques survenues en Vénétie, le président de la Région a demandé il y a quelques jours « de l'argent d'abord pour la Vénétie, puis à Pompéi, parce qu'ici nous avons un demi-million de personnes sous l'eau ».

L'exemple de l'Aquila, où une partie de la population n'a toujours pas été relogée après le tremblement de terre d'avril 2009, et où le centre historique demeure interdit d'accès, montre qu'en réalité les dysfonctionnements dans un domaine (le patrimoine) vont souvent de pair avec de lourdes carences dans les autres.

Pour conclure sur une note optimiste, mentionnons cette initiative du journal la Repubblica, qui a lancé un appel aux lecteurs afin qu'ils envoient leurs photos des autres monuments à risque : espérons que cette initiative permettra d'éviter que d'autres phénomènes semblables ne se produisent.

Yves Chenal


Publié ou mis à jour le : 2016-06-30 14:08:57

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