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Les mondes anciens

Les débuts du christianisme

Après le judaïsme, le christianisme est la 2ème grande religion monothéiste. Il prend naissance en Palestine, là où le judaïsme s’est développé. Il en est issu mais s’en détache au Ier siècle après Jésus-Christ au point de devenir une nouvelle religion qui va progressivement se constituer en une Église.

Comment et pourquoi le christianisme se sépare-t-il du judaïsme ? Comment se développe-t-il au sein de l’empire romain ?

La naissance du christianisme

Un temps de contestations

Au Ier siècle avant Jésus-Christ, la Palestine est une province romaine appelée Judée. Le gouverneur romain séjourne à Césarée, au nord-ouest du territoire, Jérusalem reste la capitale religieuse du judaïsme.

Les juifs acceptent de plus en plus difficilement l’occupation des Romains qui leur imposent des taxes et contrôlent leur mode de vie. Ils attendent avec impatience le Messie, annoncé dans la Bible hébraïque, il doit les libérer et rétablir le royaume d’Israël.

Jésus est un Juif de Galilée, un État contrôlé par les Romains, au nord de la Judée. Ce personnage est mentionné dans quelques textes d’historiens comme Flavius Josèphe. Il fait partie de ses prédicateurs qui parcourent alors la Palestine, Jésus rencontre un succès important. Nombre de ceux qui l’écoutent vont devenir ses disciples, ils voient en lui le Messie tant attendu, ce terme est traduit par « Christos » en grec.

Jésus irrite considérablement les autorités religieuses juives, pour les Romains c’est un agitateur de plus. Vers 30 après J.-C., les prêtres du Temple demandent aux Romains de mettre fin à ses agissements. Jésus est arrêté et le gouverneur Ponce Pilate le condamne à la crucifixion.

Peinture murale représentant Jésus, catacombes de Commodilla (Rome), IVème siècle
Le christianisme devient une religion

Les plus proches disciples de Jésus, les apôtres, disent qu’il est ressuscité, qu’il est revenu d’entre les morts et qu’il se trouve désormais à la droite de Dieu. Ils tentent de propager ce message auprès des juifs. Paul de Tarse, converti vers 40, le Christ lui serait apparu sur le chemin de Damas, décide qu’il faut aussi s’adresser aussi aux païens. Il n’exige d’eux ni la circoncision, ni le respect des règles alimentaires propres au judaïsme. Ainsi, le christianisme se sépare peu à peu du judaïsme et devient une nouvelle religion.

Dans la deuxième moitié du Ier siècle, des chrétiens mettent par écrit les traditions orales sur la vie et l’enseignement de Jésus : ce sont les Évangiles. Le Nouveau Testament qui fonde la religion chrétienne est formé des Évangiles qui comprennent quatre textes rédigés par des disciples de Jésus après sa mort, Marc, Matthieu, Luc et Jean qui écrivent entre 65 et 100. Le Nouveau Testament comprend d’autres textes rédigés par les premiers chrétiens comme les Épîtres de Paul, Jacques, Pierre et Jude, rédigées entre 50 et 90.

Les chrétiens dans l’Empire romain

La persécution des chrétiens

Née dans l’Orient romain, la nouvelle religion gagne progressivement tout l’Empire. Elle attire particulièrement les couches les plus humbles de la société romaine car il existe d’abord une vraie fraternité entre les communautés chrétiennes. De plus, cette nouvelle religion promet aux fidèles la vie éternelle après la mort.

Les Romains qui rejettent les rites chrétiens, les accusent de nombreux maux, car selon eux, ils irritent leurs dieux. Parce que les chrétiens refusent de se soumettre au culte impérial, au panthéon des dieux romains dans son ensemble, ils sont persécutés par de nombreux empereurs qui voient là aussi un moyen commode de répondre aux revendications d’une partie du peuple. Les chrétiens arrêtés qui persistent dans leur foi sont crucifiés ou jetés aux bêtes sauvages, ils deviennent des martyrs comme l’avait été le premier d’entre eux : Étienne, lapidé en 47 après J.-C. par des juifs.

Pour pratiquer leur foi, les chrétiens se cachent, se retrouvent dans des maisons privées, parfois dans les catacombes dans les grandes villes, à Naples, Rome. Ils utilisent des symboles pour se reconnaître, la croix et le poisson, le chrisme.

Le christianisme s’impose à Rome

Les persécutions contre les chrétiens furent particulièrement importantes au IIIe siècle. Cependant, en 313, l’empereur Constantin adopte une politique beaucoup plus tolérante par l’édit de Milan. Il met fin aux persécutions et autorise les chrétiens à pratiquer leur religion. Lui-même se convertit au christianisme.

Après Constantin, les empereurs romains sont chrétiens, de très nombreux citoyens romains se convertissent à leur tour. En 392, l’empereur Théodose interdit le polythéisme, les temples païens sont fermés. Le christianisme devient la seule religion autorisée dans l’Empire romain.

L’Église chrétienne

Les rites chrétiens

Est chrétien celui qui reçoit le baptême. Il entre par ce sacrement dans la communauté chrétienne, par une cérémonie qui sert à purifier celui qui la reçoit.

La prière est une manière fréquente de se recueillir, les dimanches les chrétiens se réunissent pour prier, lire la Bible et chanter. En mémoire de la Cène, le dernier repas du Christ avec les apôtres, les chrétiens communient : ils se partagent le pain et le vin que l’évêque ou le prêtre a consacrés.

Le calendrier de l’année est rythmé par des fêtes religieuses qui rappellent les principaux moments de la vie de Jésus. Les plus importantes sont Pâques (la résurrection du Christ) et Noël (la naissance de Jésus).

Une Église qui s’organise

L’Église est l’assemblée des fidèles, mais elle désigne aussi les structures dirigeantes qui la composent. A la tête de chaque communauté chrétienne se trouve un évêque qui a été élu par les chrétiens. Il nomme un prêtre qui est chargé d’administrer le culte. Certains évêques ont une importance plus grande en lien avec le rayonnement de leur cité ou de l’ancienneté de la communauté chrétienne. Ceux de Constantinople, d’Antioche, d’Alexandrie et en Occident celui de Rome. C’est là que se trouveraient les reliques de Saint-Pierre, que Paul fut décapité. Ces évêques portent le nom de patriarches.

Les évêques cherchent aussi à propager le christianisme tout en précisant et délimitant les croyances chrétiennes. C’est l’objet du concile de Nicée qui se réunit en 325 à l’initiative de l’Empereur Constantin. Les croyances chrétiennes sont précisées dans un texte latin, la langue de l’Eglise : Le Credo.

À partir du IIIe siècle, certains chrétiens souhaitent s’éloigner du monde pour se consacrer entièrement à Dieu dans une vie de prière, ce sont les moines. Les premiers apparaissent en Orient puis dès le Ive siècle en Occident. Lorsqu’ils vivent seuls on parle d’ermites ou d’anachorètes, s’ils vivent à plusieurs en communauté dans un monastère ce sont des cénobites.

Conclusion

Issu du Judaïsme, le christianisme naît en Orient. Il se propage progressivement sur le pourtour du bassin méditerranéen et devient une autre religion monothéiste majeure. Le message de Jésus, personnage central de cette religion, est relayé par une Église qui se structure et s’organise progressivement dès le IIIe siècle après sa mort.

Ugo Romélysan
Publié ou mis à jour le : 2019-08-14 18:49:13

 
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