Les frères de Limbourg (XVe siècle)

Les Très Riches Heures du duc de Berry

Les Très Riches Heures du duc de Berry est un manuscrit très richement enluminé, avec des prières pour toutes les heures de la journée, d'où son nom. Il est né d'une commande du richissime duc Jean Ier de Berry (1340-1416), l'un des frères du roi Charles V le Sage, Sa réalisation s'est étendue de 1410 à 1485, bien au-delà de la mort du mécène.

Longtemps oublié, le manuscrit a été redécouvert en 1856 par le duc d'Aumale, bibliophile averti et créateur du musée Condé (Chantilly) dont il fait aujourd'hui la fierté. On peut le considérer en effet comme le chef-d'oeuvre le plus accompli de l'enluminure médiévale...

L'automne doré de l'enluminure

Les maîtres d'oeuvre à l'origine de ce chef-d'oeuvre sont trois frères, Hermann, Paul et Jean, issus d'une famille du duché de Limbourg (à la jonction des Pays-Bas, de la Belgique et de l'Allemagne). Nés entre 1380 et 1385, les trois frères de Limbourg sont morts la même année que leur mécène le duc Jean de Berry, en 1416, peut-être d'une épidémie de peste qui sévissait alors dans la région parisienne,

Après leur mort et celle du duc de Berry, leur travail fut poursuivi par d'autres enlumineurs comme Barthélémy d'Eyck, originaire des Flandres, et Jean Colombe, établi en Savoie. Achevées quand émerge l'imprimerie, les Très Riches Heures du duc de Berry sont le chant du cygne de l'enluminure, du moins en Occident (les artistes iraniens prolongeront cet art jusqu'au XVIIe siècle).

Enluminure des Très riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly.Le manuscrit des Très Riches Heures comporte 206 feuillets de 29x21 cm en vélin, parchemin très fin de veau mort-né (ou vélot), dans une reliure du XVIIIe siècle.

Il présente 65 petites miniatures et 66 miniatures en pleine page. Les couleurs viennent de pigments d'origine végétale ou minérale, en particulier le minium, oxyde de plomb de couleur rouge d'où dérive le mot miniature ! Leur éclat est rehaussé par l'application d'or peint, or bruni ou argent.

Au fil des pages, ces délicates miniatures encadrent et accompagnent le texte sacré, en latin médiéval. Elles témoignent du raffinement artistique à la fin du Moyen Âge, au XVe siècle comme du mode de vie des contemporains. Elles sont selon le sémiologue Umberto Eco (Le Nom de la Rose) « un documentaire cinématographique, une machine visuelle qui nous raconte la vie d'une époque. »

À preuve cette Grande litanie ci-dessous, prière instituée par saint Grégoire le Grand pour obtenir la cessation de l'épidémie de peste quand il fut élu pape en 590. La Légende dorée des saints raconte que pendant la procession de la porte Flaminia au Vatican, on vit apparaître un ange au sommet du mausolée d'Hadrien, devenu aujourd'hui pour cette raison le château Saint-Ange. Il figure au centre de la composition. Les frères de Limbourg ont représenté la douloureuse procession au bas des deux feuillets. Eux-mêmes furent témoins de deux épidémies de peste, celle de 1399 qui les obligea à fuir Paris, et celle de 1416 dont ils furent victimes.

Célèbres entre toutes, les douze miniatures ci-dessous, en tête de l'ouvrage, illustrent les mois de l'année et les constellations. En cliquant sur les images, vous avez aussi accès à de très belles animations multimédia autour des Très Riches Heures du duc de Berry.

L'Hiver
             
 
Le Printemps
             
 
L'été
             
 
L'Automne
             
André Larané

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Janvier
Publié ou mis à jour le : 2020-06-01 22:22:56

 
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