L'épopée des croisades

Les Templiers de la chapelle de Cressac

Au sud d'Angoulême, au bout d'une petite route de campagne, on peut se laisser surprendre par une chapelle d'apparence austère. À l'intérieur, rien moins qu'une représentation des croisades vieille de 800 ans !

C'est un austère bâtiment en pierre, avec un toit à double pente et d'étroites fenêtres sur le mur pignon. Aux alentours, rien d'autre que la paisible campagne de l'Angoumois : vallons, prés et bois, fermes isolées.

Mais à l'intérieur, c'est toute une épopée qui se déroule sous vos yeux ! Vous êtes au XIIe siècle, dans la chapelle de Cressac Saint-Genis, dont les peintures murales rappellent les exploits des templiers et des croisés en Terre sainte.

La chrétienté médiévale est alors en pleine expansion... Saint Bernard, réformateur de l'ordre de Cîteaux, inspire un retour à l'austérité dans les mœurs monastiques comme dans l'architecture.

De cette austérité se ressent ladite chapelle, dernier vestige d'une commanderie du Temple, la commanderie du Dognon.

Cet ordre de moines-chevaliers puissant, né en Terre Sainte, possédait dans tout le royaume, aux XIIe et XIIIe siècles, des établissements comme celui-là.

Après la dissolution de l'ordre des templiers par Philippe le Bel et jusqu'à la Révolution, la chapelle allait être incessamment pillée tout en conservant miraculeusement la plus grande partie des peintures décorant ses parois.

Un reportage d'époque

Sur le mur nord de la chapelle, on peut encore admirer deux « frises » d'environ un mètre de haut chacune, l'une au-dessus de l'autre, qui racontent des événements consécutifs à la deuxième croisade (1147). Elles se déroulent à la manière d'une bande dessinée.

Elles nous rappellent irrésistiblement la tapisserie de Bayeux, dite « tapisserie de la reine Mathilde », antérieure de près d'un siècle, qui, elle, raconte la conquête de l'Angleterre.

                           

Le registre supérieur du mur nord raconte la victoire remportée en 1163 par les croisés à La Bocquée, au pied de la célèbre forteresse appelée Krak des chevaliers.

Les chevaliers francs et les Templiers, sous la conduite de Geoffroy Martel, frère du comte d'Angoulême, et d'Hugues VIII de Lusignan, comte de la Marche du Poitou, avaient à cette occasion vaincu le redoutable Nour el-Dîn, atâbeg (seigneur) de Mossoul.

Le registre inférieur, un peu plus tardif, représente un échange de prisonniers à l'occasion d'une trêve. D'autres peintures, sur les autres murs, montrent qui un évêque, qui un saint ou un roi.

La chapelle de Cressac somnole aujourd'hui sur sa colline, solitaire si ce n'est le voisinage d'un hameau et d'une route départementale qui lui amène quelques rares visiteurs. La communauté protestante de Barbezieux, sensible à l'austérité cistercienne de son architecture, en a fait un temple et l'honore périodiquement de quelques offices religieux.

Publié ou mis à jour le : 2020-02-08 10:30:49

 
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