Les Borgia - Alexandre VI, l'ambition faite pape - Herodote.net

Les Borgia

Alexandre VI, l'ambition faite pape

Impossible de comprendre les Borgia sans se replonger dans le contexte historique de l’époque. Lorsqu’Alexandre VI coiffe la tiare pontificale, à l’été 1492, le monde bascule : le continent américain est sur le point d’être découvert par Christophe Colomb et la Renaissance irrigue les arts et les principautés d’Italie (Botticelli peint la naissance de vénus dans les années 1480).

Les États pontificaux, qui réunissent toute l'Italie centrale autour de Rome, sont une principauté parmi d'autres, avec le prestige, la puissance et l’aura sacrée en plus. Après la longue période du Moyen Âge, où elle n’a eu de cesse de s’imposer face au pouvoir temporel, la papauté entend bien jouir de sa primauté spirituelle et défendre ses terres et ses possessions qui remplissent grassement le patrimoine de Saint-Pierre.

Soulignons à ce propos que les papes d'il y a un demi-millénaire n'exercent pas sur la hiérarchie catholique l'autorité qui sera la leur après le concile Vatican I et la reconnaissance de l'infaillibilité pontificale en matière de dogme. C'est avant tout en qualité d'évêque et souverain de Rome qu'ils sont considérés.

Marc Fourny

Un prince de la Renaissance

Portrait posthume d'Alexandre VI, par Cristofano dell'Altissimo (1525–1605), corridor Vasariano, FlorenceLe pape et les prélats de la Renaissance sont des hommes politiques, comme le seront plus tard Richelieu ou Mazarin – avant d'être des serviteurs de Dieu. Ils peuvent respecter leurs devoirs religieux et mener en parallèle leur vie d’homme, avec ce qu’elle comporte de faiblesses, de tentations et de cupidité. Il n’est pas rare de voir des bambins courir dans les couloirs de leurs palais et leurs maitresses habiter à quelques rues...

De fait, le pape innocent VIII, le prédécesseur d’Alexandre, ne s’est pas gêné pour reconnaître ses enfants illégitimes et organiser des noces familiales au Vatican. La corruption, la vénalité et les intrigues se sont déjà largement généralisées sous son pontificat.

En ce sens, Alexandre VI ne déroge pas à la règle : il est lui-même père de quatre enfants, dont les fameux César et Lucrèce. Rodrigo Borgia a choisi la carrière par ambition politique et il grimpe les marches du pouvoir grâce à l’entremise de son oncle le pape Calixte III, qui l’a appelé à Rome et l’a nommé cardinal à 24 ans.

Alexandre VI n’a pas inventé le népotisme (d'un mot latin qui désigne les neveux que l’on avait tendance à placer aux postes clés), mais il le pratiquera sans scrupule au bénéfice de ses proches, comme il est souvent d’usage dans le système clanique méditerranéen.

Sauf que dans le cas présent, il s’agit de ses propres enfants, et que rien ne se fera dans la discrétion : à son aîné l’épée et le pouvoir, à César les honneurs, à Lucrèce les mariages susceptibles de tisser des alliances pour agrandir ou protéger les territoires.

Alexandre VI se comporte comme un prince de la Renaissance, mais avec la tiare sur sa tête. Il est parvenu au pouvoir non par la force, mais par l’intrigue, avec l’or et des promesses qu’il ne tiendra pas toujours. Une fois élu, il entend bien afficher sa puissance à l’égal des souverains de l’Occident. L’homme porte beau, il est grand et montre un visage avenant.

Publié ou mis à jour le : 2019-06-26 08:11:07

 
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