Staline (1878 - 1953)

Le «petit père des peuples»

Staline a été plus qu'aucun autre homme d'État de l'époque moderne l'objet de passions extrêmes. Dans le monde entier, des millions d'hommes l'ont adoré ou vilipendé, souvent à en mourir.

Le successeur de Lénine à la tête de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) s'honorait du titre de Vojd, mot russe qui signifie « Guide », équivalent de l'allemand Führer. Mais la propagande communiste le surnommait aussi le «petit père des peuples».

Aujourd'hui encore, son évocation suscite la polémique et le qualificatif de « stalinien » est brandi tantôt comme une insulte, tantôt (mais de plus en plus rarement) comme un motif de fierté.

Un révolutionnaire hors du commun

Joseph Djougatchvili est né à Gori, au coeur de la Géorgie. Il entre au séminaire car c'est le seul moyen d'ascension sociale qui lui soit accessible. Il s'y initie en secret aux idées révolutionnaires et au marxisme. Son indiscipline lui vaut d'être chassé de l'établissement sans diplôme en 1899.

Le 25 décembre 1905, sa rencontre avec Lénine va faire de lui un professionnel de la révolution. Lénine lui confie le soin de mener des opérations de grand banditisme dans le Caucase. L'objectif est de remplir les caisses du parti bolchevique.

En 1912, il accède au Comité central du parti et l'année suivante, adopte le nom de Staline (« homme d'acier» en russe). Il est arrêté et exilé en Sibérie jusqu'à la Révolution de Février, en 1917.

Après la Révolution d'Octobre, il devient commissaire du peuple (ou ministre) aux nationalités. C'est à 39 ans le début d'une deuxième vie.

Vers la Grande Terreur

Pendant la guerre civile, en août 1918, Staline épure sans pitié la ville de Tsaritsyne, qui portera plus tard son nom : Stalingrad ! Homme de terrain, il devient en 1922 le secrétaire général du Comité central. En apparence, il ne s'agit que d'une fonction administrative. À l'usage, elle va se révéler d'une importance décisive par le pouvoir qu'elle donne à son titulaire de nommer et de déplacer les cadres du parti.

Après la mort de Lénine, Staline se place habilement entre la gauche du parti, menée par Trotski, qui veut poursuivre l'industrialisation du pays à marches forcées et préparer la révolution mondiale, et la droite, menée par Boukharine, qui souhaite lâcher du lest pour rallier la paysannerie et les artisans au régime. Ceux-là souhaitent poursuivre la NEP (Nouvelle Politique économique) lancée par Lénine.

Staline, réaliste, prend le contre-pied du doctrinaire Trotski et prône « le socialisme dans un seul pays ». Allié dans un premier temps à Boukharine, il oblige Trotski à quitter ses fonctions de commissaire du peuple à la guerre.

À peine la gauche trotskiste est-elle éliminée que Staline enfourche ses thèses. Fin politique, il comprend en effet que la libéralisation économique, si elle perdure, risque de ruiner l'autorité du parti unique, le Parti communiste. Il lance en 1928 un premier plan quinquennal et décide de collectiviser l'agriculture. Il s'ensuit une grande famine et environ six millions de morts. Bouhkharine et ses partisans sont contraints de s'effacer.

Staline fait arrêter Zinoviev, Kamenev et beaucoup d'autres vieux communistes qui sont jugés puis exécutés de 1936 à 1939, au cours des grands procès de Moscou. Les citoyens ordinaires doivent se contenter de condamnations en catimini. Ils sont plusieurs millions à être envoyés dans des camps de concentration. Peu en reviennent.

Staline ne se prive pas par ailleurs de faire déporter des populations entières d'un endroit à l'autre du pays dans l'espoir d'en finir avec les particularismes nationaux. Ces déportations vont prendre un tour systématique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le choc des titans

En politique étrangère, peu désireux de faire les frais de l'expansionnisme allemand, le dictateur se laisse entraîner dans un pacte de non-agression avec Hitler.

Hitler ayant unilatéralement rompu le pacte en envahissant l'URSS le 22 juin 1941, Staline réveille le nationalisme grand-russe. Le sacrifice au combat de 26 millions de Soviétiques (dont 16 millions de civils) et la victoire de Stalingrad vaudront au dictateur le respect des dirigeants occidentaux.

Après la capitulation allemande, le vieux dictateur soviétique en profitera pour placer sous sa coupe les territoires d'Europe centrale libérés de l'oppression nazie.


Publié ou mis à jour le : 2022-07-17 17:07:47

Voir les 5 commentaires sur cet article

Henri 75012 (17-11-2021 12:28:24)

L'auteur a de l'indulgence pour un des pires assassins de l'humanité. Il manque des noms et des mots-clé : Goulag, Holodomor, 25 millions de Zeks, 5 à 10 millions de morts dans les camps, la rég... Lire la suite

ygreque (01-11-2015 12:01:17)

À propos de la guerre de Russie: "ces immenses steppes lunaires où s'étreignent à mort les deux géants sanguinaires, en un combat sans fin dont le choc des armes, la clameur des batailles retent... Lire la suite

Paul Klépinine (01-11-2015 10:02:00)

Koba, le premier pseudonyme de Staline, est en fait un personnage du folklore géorgien. Le type même du bandit généreux à la façon de Robin des bois.

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