Gallieni (1849 - 1916)

La « mission civilisatrice » de la France

Joseph Gallieni (24 avril 1849, Saint-Béat ; 27 mai 1916, Versailles)Fils d'un officier italien (d'où l'absence d'accent sur son nom), Joseph Gallieni est né dans les Pyrénées, à Saint-Béat (Haute-Garonne).

Sorti de Saint-Cyr en 1870, il participe aussitôt à la guerre franco-prussienne, au cours de laquelle il est capturé et reste prisonnier pendant sept mois. Nommé lieutenant, il entame sa carrière coloniale à la Réunion pendant trois ans puis en Afrique noire.

Petite déconvenue : le fringant officier est rétrogradé sous-lieutenant pour avoir embrassé la femme de son général en état d'ébriété !

Qu'à cela ne tienne, il se range et se marie en 1882. Le voilà en Martinique pour trois ans puis, en 1886, gouverneur général du Soudan français (l'actuel Mali). De retour en France avec le titre de colonel, il est promu chef d'état-major du corps d'armée de la Marine, très engagé dans les conquêtes coloniales.

Un « pacificateur » énergique

En 1892, Joseph Gallieni part au Tonkin (Nord-Vietnam) où il lutte contre la piraterie et organise l'administration. Il s'adjoint dans cette tâche le chef d'escadron Hubert Lyautey. Il sera comme lui - mais à titre posthume - élevé à la dignité de Maréchal de France.

Pour soumettre des territoires qui, quelques années plus tôt, ignoraient tout de la France, il met au point la méthode de la « tache d'huile » qui consiste à conquérir du terrain par petites touches, après avoir pris soin de consolider l'arrière.

Il vise aussi à diviser les autochtones pour mieux les dominer par la « politique des races ». En cas de résistance, l'officier ne craint pas de frapper les fortes têtes.

Gallieni à Madagascar, gravure de propagandePromu général de brigade, il s'illustre dans la conquête de Madagascar et se voit nommé gouverneur général de la Grande Île.

Convaincu comme Jules Ferry de la « mission civilisatrice » de la France, il applique sa doctrine coloniale en déposant la reine Ranavalona et en faisant exécuter deux ministres rétifs à son autorité, mais aussi en réprimant les mouvements populaires. On lui attribue la responsabilité de plusieurs dizaines de milliers de victimes.

Afin de développer les infrastructures (routes, chemin de fer, écoles etc) et engager la modernisation de la colonie, il instaure le travail forcé, une nouvelle mouture de la corvée médiévale, abolie en France un siècle plus tôt, qui pallie l'absence de circuits monétaires.

Dans cette oeuvre, il s'adjoint les services du fidèle Lyautey et d'autres officiers comme Joseph Joffre, chargé de fortifier la base de Diégo-Suarez, au nord de l'île.

Considéré par Clémenceau comme la vertu sous les armes (la formule étant cependant d’Édouard Herriot), Gallieni aime à rappeler à ses officiers qu’il faut envisager les lieux de batailles comme des endroits où il faudra construire la paix. Ou encore : « Les officiers sous mes ordres voudront bien se rappeler qu’ils ont à défendre les intérêts qui leur sont confiés au nom du bon sens et non à les combattre au nom du règlement ».

Exécution des deux chefs de la rébellion malgache en 1896

Éclair de génie sur la Marne

En 1905, usé mais auréolé de gloire, Gallieni revient en France comme général de division.

Proclamation de Gallieni aux Parisiens en 1914En 1911, il est pressenti ainsi que le général Pau pour devenir commandant en chef de l'armée française. L'un et l'autre, malades, déclinent l'offre et c'est Joseph Joffre qui devient par défaut le nouveau généralissime . 

Le 17 mars 1914, atteint par la limite d'âge, Gallieni est remercié... mais c'est pour être aussitôt rappelé quand éclate la Grande Guerre.

Dès le 26 août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris par le ministre de la Guerre Adolphe Massimy et va s'illustrer à ce poste par son énergie et sa réactivité.

Tandis que le gouvernement s'est replié à Bordeaux, il met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation de fermeté et désobéit fort heureusement à Joffre quand celui-ci lui demande de replier ses troupes sur l'Yonne.

C'est lui encore qui, sitôt informé du mouvement tournant des armées allemandes sur la Marne, convainc le généralissime Joffre de lancer une contre-attaque sur leur flanc.

Gallieni, gouverneur de Paris, passe les troupes en revue

Appelé au ministère de la Guerre le 29 octobre 1915 par Aristide Briand, Gallieni tint au Parlement un remarquable discours pour l'appel de la classe 17. Il se montra aussi conciliant avec Joffre, qui méprisait la classe politique et se comportait en véritable dictateur. Il lui sauva la mise à plusieurs reprises mais finit par s'émouvoir de son incompétence.

Considéré par Clemenceau comme la « vertu sous les armes » (la formule étant cependant d’Édouard Herriot), il aimait à rappeler à ses officiers qu’il faut envisager les lieux de batailles comme des endroits où il faudra construire la paix. Ou encore : « Les officiers sous mes ordres voudront bien se rappeler qu’ils ont à défendre les intérêts qui leur sont confiés au nom du bon sens et non à les combattre au nom du règlement ».

La maladie l'obligea à démissionner le 17 mars 1916 et il mourut d'un cancer deux mois plus tard.

Alban Dignat

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Lyautey
Publié ou mis à jour le : 2019-04-24 09:10:00

 
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