IIIe siècle av.J.-C. ; 31 av. J.-C.

La Grèce antique en cartes animées

La Grèce historique est avant tout centrée sur la Mer Egée, avec la Grèce continentale à l’ouest, les côtes d’Anatolie à l’est, et les îles au centre dont la plus grande est la Crète. Les premiers apports viennent essentiellement de l’orient où se trouve le Croissant Fertile : l’agriculture se diffuse dans la région entre 7 et 6000 av. J.-C. depuis l’Anatolie. La métallurgie du bronze connaît le même schéma d’expansion vers 2600 av. J.-C..

C’est vers 2000 av. J.-C. que des peuples indo-européens commencent à arriver depuis le nord : les Achéens profitent de la combinaison du cheval et de la roue pour supplanter les anciennes populations en Grèce continentale. En Crète, ça pousse les populations à se regrouper autour de chefs : c’est le début de la civilisation minoenne qui voit émerger de premiers palais. Le commerce avec l’Egypte et le Proche-Orient favorise la croissance économique et les échanges de connaissances, ce qui donne notamment naissance à une première écriture hiéroglyphique sur l’île.

Les palais sont détruits vers 1700 av. J.-C., sans doute en raison d’un séisme, mais ils sont finalement reconstruits à plus grande échelle, notamment à Cnossos qui s’impose comme la capitale de toute la Crète. Cette période marque l’apogée de la civilisation minoenne. Une nouvelle écriture est inventée, le linéaire A. Les liens avec l’Egypte se renforcent et un art brillant fait son apparition.

Cette civilisation influence profondément les Achéens en Grèce continentale où émergent de premiers centres de pouvoir : c’est le début de la civilisation mycénienne, qui correspond à une puissante société guerrière. En 1450 av. J.-C., ils envahissent l’île, ce qui provoque un déclin rapide de la civilisation minoenne. Au passage, les nouveaux arrivants récupèrent une partie de leurs connaissances et inventent le linéaire B, qui est la première écriture déchiffrée. L’héritage minoen se manifestera dans certains mythes comme celui du Minotaure.

En parallèle, les Mycéniens s’installent dans les îles de la Mer Egée et gagnent les côtes d’Anatolie où ils deviennent les rivaux des Hittites qui sont alors en pleine expansion. Ca finit par créer tout un ensemble culturel centré sur la Mer Egée, mais qui n’est pas unifié politiquement : le roi de Mycènes se contente d’exercer une certaine hégémonie sur les autres cités. L’influence mycénienne s’étend également plus au nord jusqu’à la ville de Troie. Par ailleurs, les Mycéniens commercent jusqu’à l’île de Chypre où ils se fournissent en cuivre.

Vers 1200 av. J.-C. se produit une nouvelle bascule : l’étain nécessaire au bronze s’épuise en Anatolie tandis que les chevaux montés apparaissent chez les peuples des steppes. Ca provoque une nouvelle vague d’invasions indo-européennes depuis le nord, notamment celle des Doriens, qui provoque l’effondrement rapide de la civilisation mycénienne comme celle des Hittites. Les populations s’enfuient de proche en proche et portent un coup sévère à l’Egypte comme à la Mésopotamie.

Les quatre siècles qui s’écoulent après cet effondrement sont très obscurs. La région ne ressort de l’ombre que vers 800 av. J.-C. sous l’action de 3 peuples assez proches linguistiquement : les Grecs, les Lydiens et les Phrygiens. C’est d’abord la Phrygie qui reforme une grande puissance en Anatolie. Le panthéon phrygien est dominé par la déesse Cybèle, dont le fils et amant Attis est à l’origine du fameux bonnet phrygien.

En Grèce, les premiers jeux olympiques en 776 av. J.-C. marquent symboliquement le début de l’époque archaïque. Le pays est alors divisé en cités-états soumises à une forte pression démographique : ça entraîne des conflits récurrents, mais aussi de premières vagues d’émigration. Les Grecs fondent leurs premières colonies à partir de 750 av. J.-C. sur les territoires délaissés par les Phéniciens : ils s’implantent notamment en Sicile et dans le sud de l’Italie, mais aussi jusqu’en France avec Marseille, en Cyrénaïque sur le continent africain, et sur toutes les côtes de la Mer Noire. Ces colonies prennent très vite leur autonomie vis-à-vis de la métropole.

Pendant ce temps-là, les peuples des steppes continuent d’affluer, notamment les Cimmériens qui portent un coup fatal à l’empire phrygien du roi Midas en 676 av. J.-C.. Ca permet à la Lydie de prendre le relais en tant que principale puissance de l’Anatolie. Son roi Gygès agrandit fortement son pays jusqu’aux cités grecques qui doivent lui prêter allégeance. C’est aussi sous son règne que les premières pièces de monnaie sont inventées pour faciliter le commerce : les Grecs vont très vite adopter cette innovation.

Cependant la pression démographique se poursuit en Grèce continentale, ce qui provoque des crises sociales. A Sparte, Lycurgue instaure un régime militaire très strict vers 650. A Athènes, c’est Dracon qui instaure un code de lois très dur vers 620. Cette ville s’essaie alors à plusieurs modèles politiques, entre la démocratie de Solon vers 590 et la tyrannie de Pisistrate vers 560. C’est l’époque où l’esprit grec commence à bouillonner avec la naissance de grands savants tels que Thalès et Pythagore : on est déjà en train de basculer dans l’époque classique.

C’est l’arrivée des Perses qui accélère les choses : en 547 av. J.-C., Cyrus II parvient à s’emparer de l’empire lydien dirigé par le roi Crésus. Puis les cités grecques de la côte sont matées une à une, ce qui marque le glissement de cette civilisation vers la Grèce continentale.

Darius poursuit l’avantage en s’emparant de la Thrace en 513. Le royaume de Macédoine lui prête allégeance. C’est l’époque où la démocratie est instaurée à Athènes sous l’impulsion de Clisthène. Comme cette ville soutient la rébellion des cités grecques d’Ionie, Darius décide d’envahir la Grèce continentale : c’est le début des guerres médiques. La victoire des Athéniens à Marathon en 490 av. J.-C. stoppe l’invasion et donne un grand prestige à Athènes.

Les Perses décident de prendre leur revanche en 481 sous l’impulsion de Xerxès : profitant des rivalités entre cités grecques, ils s’avancent jusqu’aux Thermopyles où ils remportent une grande victoire contre les Grecs de Léonidas. Les Athéniens abandonnent leur ville mais parviennent à décimer la flotte perse à la bataille de Salamine. Finalement, l’armée de Sparte remporte une victoire contre les Perses à la bataille de Platée tandis que leurs navires restants sont détruits au cap Mycale, ce qui marque la fin des guerres médiques.

Comme l’empire perse reste menaçant, Athènes parvient à créer une vaste coalition appelée la Ligue de Délos tandis que Sparte se replie sur elle-même. La Ligue parvient à repousser les Perses hors d’Europe, ce qui consacre le triomphe d’Athènes incarné par la politique de Périclès. L’argent de la Ligue permet de financer l’embellissement de l’acropole, notamment la construction du Parthénon. C’est l’époque des premiers historiens et des grandes tragédies grecques.

Cependant, Sparte parvient de son côté à fonder la Ligue du Péloponnèse et s’impose comme une sérieuse rivale. En 431, cette rivalité se transforme en conflit ouvert : c’est le début de la Guerre du Péloponnèse qui va durer 27 ans et ruiner les deux cités. Vaincue, Athènes doit renoncer à son hégémonie, et l’empire perse en profite pour récupérer la côte ionienne.

Athènes n’en demeure pas moins un phare de la culture grecque avec les enseignements de Socrate et l’Académie de Platon. Quant à Sparte, elle ne parvient pas à profiter de sa victoire, et son expansion est stoppée net par la ville de Thèbes en 371 av. J.-C.. Finalement, la Grèce apparaît plus divisée que jamais.

C’est du royaume de Macédoine que va venir le renouveau sous l’impulsion de Philippe II. Celui-ci accélère l’importation des techniques grecques dans son pays, qu’il améliore en combinant la cavalerie et la phalange. Ca lui permet d’amorcer une expansion vers la Grèce qui trouve son plein accomplissement à la bataille de Chéronée en 338 : sa victoire lui permet d’instituer la Ligue de Corinthe qui lui confère une certaine hégémonie sur les cités grecques, à l’exception notable de Sparte.

Son fils Alexandre lui succède en 336. Il doit d’abord mater une révolte des cités grecques, puis il reprend à son compte le projet d’invasion de l’empire perse. Il remporte plusieurs victoires décisives contre les Perses : d’abord celle du Granique qui lui permet d’avancer en Anatolie, puis celle d’Issos qui lui permet de gagner l’Egypte où il fonde Alexandrie. Enfin la bataille de Gaugamèles provoque l’effondrement rapide des Perses achéménides et Alexandre peut prendre le contrôle de l’Iran, de l’Asie Centrale, et de l’Inde jusqu’aux rives de l’Indus.

Il meurt de maladie peu après en 323 av. J.-C. et son empire éclate très vite entre ses différents généraux qui se livrent à des guerres incessantes pendant 42 ans. En Inde, l’empire Maurya en profite pour s’étendre vers l’ouest. Trois principales dynasties finissent par s’imposer en 281 av. J.-C. : celle des Antigonides qui règne sur la Macédoine et les contrées voisines ; celle des Lagides qui règne sur l’Egypte et la Cyrénaïque ; et celle des Séleucides qui récupèrent le plus gros morceau depuis l’Anatolie jusqu’en Asie Centrale. Pyrrhus tente de fonder un 4e pôle de vitalité plus à l’ouest en partant conquérir l’Italie aux dépens de Rome, mais il échoue dans cette entreprise. Enfin il faut y ajouter plusieurs états hellénisés plus mineurs : la Bithynie, la Paphlagonie, le Pont, l’Arménie et l’Atropatène. L’Asie Mineure est également aux prises avec l’irruption de peuples celtes, les Galates, qui s’implantent sur les plateaux intérieurs. La Cappadoce et le royaume de Pergame en profitent pour affirmer leur indépendance vis-à-vis des Séleucides.

L’empire séleucide s’effrite également du côté est : en 256, une dynastie grecque fait sécession en Bactriane tandis que des Iraniens, les Parthes, retrouvent leur indépendance au nord de l’Iran.

Finalement, c’est à Alexandrie que se trouve le premier pôle de vitalité, notamment grâce à l’impulsion de Ptolémée Ier qui a fait construire le Phare et la Bibliothèque. Les savants s’y succèdent tels Euclide ou Eratosthène. Une culture syncrétique s’y développe et des temples y sont érigés dans la tradition égyptienne.

Les guerres incessantes entre royaumes hellénistiques finissent par miner leur prospérité économique, et ce sont surtout les Romains qui vont en profiter. Les guerres macédoniennes durent de 214 à 148 av. J.-C., et elles aboutissent à l’annexion de la Macédoine par la république romaine. Les cités grecques demeurées indépendantes tombent peu après. En parallèle, les Parthes progressent en Iran et jusqu’en Mésopotamie aux dépens des Séleucides qui ne conservent plus que la Syrie.

Tandis qu’à l’est, la Bactriane grecque s’effondre face à l’arrivée de peuples scythes en 130 av. J.-C., Rome hérite du royaume de Pergame en Asie Mineure, puis de la Cyrénaïque en 96 av. J.-C..

Finalement, c’est le royaume du Pont qui se montre le plus vigoureux à cette époque : sous l’impulsion de son roi Mithridate VI, il s’agrandit considérablement le long des côtes de la Mer Noire jusqu’en Crimée. En parallèle, l’Arménie de Tigrane II profite des troubles au sein des Séleucides pour récupérer leur territoire en Syrie.

Rome hérite de la Bithynie en 74 av. J.-C. et engage alors la confrontation contre le Pont et l’Arménie. Le général Pompée finit par remporter la victoire contre Mithridate en 63 av. J.-C., ce qui lui permet à la fois d’annexer le Pont et de s’emparer de la Syrie aux dépens des Arméniens.

Il ne reste alors plus qu’un seul état dirigé par des Grecs : l’Egypte. La reine Cléopâtre tente de sauver son royaume en obtenant un héritier de Jules César, mais celui-ci est assassiné en 44 av. J.-C.. Lors de la division du territoire romain entre Octave et Marc Antoine, Cléopâtre décide de s’allier à ce dernier, mais leur coalition échoue à la bataille d’Actium en 31 av. J.-C.. Octave peut ainsi récupérer l’Egypte avant de se proclamer empereur 4 ans plus tard.

C’est fini : le monde grec a disparu de la carte du monde, tout du moins en apparence car les Romains vont se charger d’entretenir leur héritage culturel. Les Grecs continueront de dominer toute la partie orientale de l’empire romain, tant et si bien qu’après la chute de Rome, ils en reprendront les rênes. Les fastes de l’empire byzantin marqueront alors la Renaissance du génie grec.

Vincent Boqueho

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La Grèce moderne
Publié ou mis à jour le : 2022-06-20 13:16:21

 
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