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Histoire de l'unité italienne
Cavour
• 9 février 1849 : Mazzini proclame la République à Rome
• 23 mars 1849 : le rêve d'unité se fracasse à Novare
• 14 janvier 1858 : attentat d'Orsini et entrevue de Plombières
• 24 juin 1859 : Solférino donne naissance à la Croix-Rouge
• 24 mars 1860 : la France reçoit Nice et la Savoie
• 17 mars 1861 : Victor-Emmanuel II proclamé roi d'Italie
• 3 novembre 1867 : les chassepots font merveille à Mentana
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1848-1870

L'unité italienne en marche


Bien qu'unie par la géographie, la langue et la religion, la péninsule italienne était depuis la fin de l'empire romain divisée en plusieurs États.

Au début du XIXe siècle, Napoléon 1er relève le titre de roi d'Italie et se l'attribue en complément de celui d'empereur des Français. Las, sa chute et la mainmise directe ou indirecte de l'Autriche sur la plupart des principautés italiennes entraînent un retour aux divisions antérieures.

Mais dans les années 1820, les jeunes bourgeois libéraux, imprégnés de romantisme révolutionnaire, développent avec ferveur le rêve d'une Italie réunifiée comme à l'époque de la Rome antique !

Alban Dignat

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Deux rêves pour une Italie libre

Parmi eux, l'avocat génois Giuseppe Mazzini, né en 1805. Réfugié à Marseille, il fonde le mouvement, Jeune Italie (Giovine Italia). Son programme tient en deux mots : l'unité dans la République, avec une devise : « Dio e popolo » (Dieu et le peuple).

À la droite du spectre politique, le comte piémontais Camillo Benso di Cavour, né en 1810, cultive l'ambition de transformer le royaume de Piémont-Sardaigne, le seul qui soit véritablement indépendant, en une puissance respectable. Il édite en 1847 avec son ami Cesare Balbo un journal dont le titre, Il Risorgimento (Résurgence), va donner son nom au mouvement national italien. Mais lui-même ne souhaite pour l'heure que d'agrandir son petit royaume alpin aux dépens des possessions autrichiennes.

Faux espoirs

Républicains et monarchistes croient leur heure venue quand éclate à Paris la Révolution de Février 1848.
- À Rome, où une émeute a poussé le pape Pie IX à la fuite, Mazzini proclame la République et reçoit l'appui de Giuseppe Garibaldi et de ses légionnaires à la chemise rouge.
- À Turin, le roi Albert 1er entre en guerre contre l'Autriche pour chasser celle-ci de Lombardie et de Vénétie. Il a le soutien de Cavour.

Mais les Piémontais sont défaits à Custozza et, l'année suivante, à Novare. Charles-Albert 1er, pour échapper à l'humiliation, abdique en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II.

La République romaine de Mazzini ne survit pas plus longtemps. Malgré le soutien de Garibaldi et de ses volontaires, elle est renversée - non sans mal - par un corps expéditionnaire français aux ordres du général Nicolas Oudinot. De même tombe une éphémère République de Venise. La Vénétie rentre dans le giron autrichien.

Les bons offices de la France

Le comte Camillo de Cavour (1810-1861)Cavour devient Premier ministre du Piémont-Sardaigne en 1852. Froid politique, il a conscience que le Piémont ne pourra expulser l'Autriche d'Italie sans un coup de main extérieur.

Pour s'attirer les bonnes grâces des grandes puissances, il engage les troupes piémontaises dans la guerre de Crimée, aux côtés des Français et des Anglais. Peu importe que leur contribution demeure symbolique. L'important est le geste.

Les patriotes italiens, y compris les républicains de la mouvance de Mazzini, commencent à se faire à l'idée d'une Italie unie autour du roi Victor-Emmanuel II. Cavour, lui aussi, se rallie à cette idée et ne veut plus se contenter d'un agrandissement du Piémont.

Malgré toute sa sympathie pour la cause italienne et le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », malgré son désir de défaire l'Europe du Congrès de Vienne, Napoléon III hésite à répondre aux sollicitations de Cavour...

Mais voilà qu'en janvier 1858, l'empereur des Français, alors au sommet de son prestige, manque d'être tué lors de l'attentat d'un patriote italien, Felice Orsini. À la veille d'être guillotiné, le terroriste supplie l'empereur de secourir l'Italie et sa lettre, complaisamment étalée dans la presse, bouleverse l'opinion française et l'empereur lui-même.

Les 20 et 21 juillet 1858, dans la station thermale de Plombières, dans les Vosges, Cavour rencontre en secret Napoléon III et le convainc d'apporter son aide militaire aux Piémontais dans leur guerre à venir contre l'Autriche. Les deux hommes conviennent qu'en cas « d'un acte agressif de l'Autriche », la France viendrait au secours du Piémont et libèrerait la Lombardie et la Vénétie. Elle aiderait aussi à la libération des principautés de Parme et Modène et de la Toscane. En échange du rattachement de ces terres au royaume de Piémont-Sardaigne, elle recevrait la Savoie et Nice !

Cavour n'a plus qu'à provoquer l'Autriche en accueillant des déserteurs de l'armée autrichienne. L'Autriche, maladroitement, déclare la guerre. Napoléon III, comme prévu, accourt. La plus grande partie des troupes françaises débarquent à Gênes en vue de déborder les Autrichiens sur leur flanc gauche.

Napoléon III lui-même arrive par le Nord. À Magenta a lieu le premier affrontement. Battus, les Autrichiens évacuent la Lombardie, qui est annexée par le Piémont-Sardaigne. L'empereur des Français fait une entrée triomphale à Milan, ravivant le souvenir de Napoléon le Grand. La victoire de Magenta réveille les patriotes d'Italie centrale qui commencent à voir en Victor-Emmanuel II un futur roi.

La guerre, cependant, n'est pas finie. L'empereur autrichien François-Joseph 1er prend lui-même le commandement des opérations. Les armées s'affrontent à nouveau à Solferino, au sud du lac de Garde. Au terme d'une journée sanglante, les Français conservent leurs positions, ce qui fait d'eux les vainqueurs. Mais ils sont presque aussi épuisés que les Autrichiens.

Napoléon III est sensible à l'horreur de la bataille. Il est d'autre part inquiet de voir les Prussiens se ranger aux côtés des Autrichiens et ne veut pas entrer en conflit avec le pape, qui règne à Rome. Il décide donc d'arrêter les frais et propose un cessez-le-feu. Tant pis pour Nice et la Savoie. Il signe l'armistice de Villafranca le 11 juillet 1859 sans même en référer à son allié.

Furieux, Cavour démissionne du gouvernement piémontais. Mais il se ravise bientôt, et négocie, par le traité de Nice du 24 mars 1860, le rattachement par plébiscite des principautés de Parme, Modène et Toscane au Piémont-Sardaigne ainsi que la cession de la Savoie et du comté de Nice à la France.

Garibaldi s'en mêle

Le Premier ministre piémontais est conscient d'avoir déjà beaucoup fait pour l'unité italienne. Mais l'avancée est fragile et pour la consolider sans qu'interviennent les grandes puissances européennes, il a besoin d'un peu de tranquillité.

Las, voilà que l'ineffable Garibaldi reproche à Cavour son approche prudente et lui en veut d'avoir cédé sa ville natale, Nice, à la France. Comme vient d'éclater en Sicile un soulèvement contre le roi des Deux-Siciles, établi à Naples, Garibaldi quitte son asile de Caprera et proclame urbi et orbi sa volonté d'unir les Deux-Siciles à la couronne piémontaise.

Il rassemble un millier de volontaires à la chemise rouge (1089 exactement) et s'embarque à Gênes pour la Sicile. C'est le début de l'épique « expédition des Mille ». Cavour laisse faire, avec le secret espoir qu'elle échouera...

En débarquant à Marsala le 11 mai 1860, à l'ouest de Palerme, les Chemises rouges sont désappointées de n'être pas accueillies par le peuple comme ils l'espéraient. Ils marchent néanmoins vers Palerme. Jouant d'audace, Garibaldi s'empare de la Sicile, s'attribue le titre de dictateur au nom du roi Victor-Emmanuel II, traverse le détroit de Messine et marche vers le Nord, avec des visées sur Rome ! Il entre à Naples le 7 septembre 1860, au lendemain de la fuite du dernier roi des Deux-Siciles.

Cavour sent le danger, d'autant que Garibaldi, républicain et anticlérical de cœur, n'est pas l'allié le plus sûr qui soit pour Victor-Emmanuel II et la maison de Savoie ! Il décide donc de prendre les devants et de marcher sur Naples. Mais cela implique de traverser les États du pape. Comme il n'est pas question de se mettre à dos les catholiques français, Cavour avertit Napoléon III de ses intentions et l'empereur lui fait répondre par son ambassadeur : « Faites, mais faites vite », en lui suggérant de longer la côte adriatique et d'éviter Rome où stationne une garnison française.

Pendant ce temps, le 6 septembre 1860, le dernier Bourbon s'enfuit de Naples sans demander son reste. Le lendemain, Garibaldi arrive en train dans la ville.

Plus au nord, les troupes pontificales affrontent dans un baroud d'honneur les Piémontais à Castelfidardo le 18 septembre 1860. Les États pontificaux, amputés de la Romagne et des Marches de la côte adriatique, sont réduits désormais au quadrilatère romain.

Giuseppe Garibaldi chevauche à la rencontre du roi Victor-Emmanuel II et le hèle d'un retentissant : « Je salue le premier roi d'Italie ! » Il ne reste plus qu'à légitimer par un plébiscite la soumission de l'Italie méridionale au roi Victor-Emmanuel II. La capitale du royaume est transférée de Turin à Florence, en attendant Rome. Enfin, le 14 mars 1861, le Parlement italien donne à Victor-Emmanuel II le titre tant espéré de roi d'Italie.

L'Italie du « Risorgimento »

Cavour meurt d'épuisement, peu après, le 6 juin 1861, en laissant au roi le soin de régler les questions de Venise et de Rome.

En 1866 éclate la guerre entre la Prusse du chancelier Bismarck et l'Autriche de François-Joseph 1er. Le roi d'Italie propose son alliance à la Prusse en échange de la Vénétie, en cas de victoire sur l'Autriche. D'un autre côté, Napoléon III s'engage auprès de l'Autriche à rester neutre dans ce conflit à condition qu'au terme de la guerre, la Vénétie soit cédée à l'Italie !

En d'autres termes, l'Italie est gagnante à tous les coups. C'est ainsi qu'après la défaite magistrale des Autrichiens à Sadowa face aux Prussiens et malgré la prestation décevante des Italiens, qui jouent les utilités, elle reçoit comme promis la Vénétie par l'intermédiaire de la France !

Reste Rome. Dans la Ville éternelle stationnent des troupes françaises et les Italiens se sont engagés devant Napoléon III à ne pas les attaquer ni à porter atteinte à l'intégrité du réduit pontifical. En 1867, Garibaldi, au mépris des conventions internationales, tente de conquérir par lui-même la cité. Mais ses Chemises rouges sont défaites à Mentana, près de Rome, par le corps expéditionnaire français et les troupes pontificales. « Les chassepots ont fait merveille », dit-on avec ironie des fusils qui équipent les soldats de Napoléon III.

C'est une nouvelle guerre étrangère qui va permettre aux Italiens d'achever l'unité de la péninsule. Le 2 septembre 1870, Napoléon III et son armée sont capturés à Sedan par les Prussiens. Deux jours plus tard, Paris proclame la République.

Plus rien ne retient les Italiens. Leurs troupes entrent à Rome le 20 septembre 1870 et annexent la ville après un nouveau plébiscite, l'érigeant en capitale. Pie IX se déclare prisonnier au Vatican. C'est seulement par les accords de Latran du 11 février 1929 que sera définitivement réglée la Question romaine.


Publié ou mis à jour le : 2017-10-28 19:39:11

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

MELO CALLIPO (10-02-201709:27:15)

L'ainsi dicte Unité d'Italie ha étè une conquet brutal de la parte du Roi du Piemont appové par Napoleon III.Victoire Emanuele II (cuisin du Roi di Naple) sans déclaration aucune de guerre ha envai le Royame de Naple et le defenseurs de leur patrie ont etait nommés BRIGANTS, ET ENVOYEES AU GULGA DE FENESTRELLE (je m'excuse pour mon mauvais francais)

Jacqueline (15-03-201111:07:41)

Le 6 Septembre 1860, Garibaldi entre à Naples avec la princesse milanaise Cristina Trivulzio di Belgiojoso, qui sera critiquée pour sa mise masculine 'dépourvue de modestie et de pudeur', puis oubliée par l'Histoire...


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