Les trains

L'épopée ferroviaire

La révolution industrielle des deux derniers siècles a été rendue possible par le chemin de fer. Près d'un siècle avant que n'apparaisse l'automobile, il a donné une vigoureuse impulsion au transport de matières premières, de marchandises et de personnes. Il a unifié les territoires, désenclavé les zones rurales et aussi modifié la nature des guerres.

En ce XXIe siècle, entre la voiture et l'avion, le train cherche sa place. Il conserve d'excellents atouts et pourrait les faire valoir si d'aventure les gouvernants et les citoyens choisissaient de privilégier sobriété énergétique et aménagement du territoire.

Jean Gabin dans La Bête humaine (film de Jean Renoir, 1938, d'après le roman éponyme d'Émile Zola, 1890)

Les mines donnent naissance au chemin de fer

L'idée de faire circuler des charges lourdes sur des rails remonte sinon à la nuit des temps du moins aux premières exploitations minières.

Dès l'époque médiévale, en Europe, les exploitants des mines s'aperçurent en effet que les charrettes de produits lourds rencontraient moins de résistance au frottement lorsqu'elles roulaient sur des rails. Ces rails improvisés furent d'abord en bois et les véhicules eux-mêmes étaient tirés par des chevaux.

Traction hippomobile sur chemin de fer à Swansea (Pays de Galles) en 1865Grâce au développement de la métallurgie, on remplaça progressivement les rails en bois par des rails en fer, ce qui améliora de beaucoup les performances de la traction. 

Au pays de Galles,, le transport sur voie ferrée apparut comme la solution idoine. En 1807, une compagnie eut même l'idée de l'étendre aux voyageurs en utilisant des wagons initialement destinés au minerai de cuivre et tirés par des chevaux. 

Restait le problème de la traction : devait-on se limiter à des wagons ou chariots tirés par des chevaux ?

La vapeur au travail

C'est ici qu'intervient, après le rail, le deuxième apport décisif à l'invention du chemin de fer : la vapeur. Comme le rail, elle est issue de l'industrie minière.

James Watt (19 janvier 1736, Greenock, Écosse - 25 août 1819, Handsworth, Angleterre)Le mécanicien anglais Thomas Newcomen conçoit vers 1712 une machine en vue d'extraire l'eau des mines profondes de charbon. Un demi-siècle plus tard, cette motorisation reçoit une impulsion décisive de l'ingénieur écossais James Watt qui en améliore le rendement énergétique (condenseur séparé, double effet...).

L'ingénieur Richard Trevithick conçoit la première locomotive à vapeur, avec une chaudière montée sur chariot. Les autorités locales des Midlands lancent alors un concours afin de sélectionner un constructeur capable de faire rouler sur rails un engin de moins de 6 tonnes à la vitesse de 16 km/h. C'est finalement l'ingénieur Georges Stephenson et son fils Robert qui l'emportent avec leur locomotive, The Rocket (la « Fusée »).

À la suite du concours est inaugurée le 27 septembre 1825 la ligne Stockton & Darlington, dans les Midlands. Il s'agit de la transposition à l'air libre d'un chemin de fer minier, avec ses chevaux et ses machines à vapeur fixes qui tirent les wagonnets. Outre le transport du charbon, elle s'accommode du transport de voyageurs.

Après cette expérimentation est lancée la première ligne ferroviaire commerciale entre Liverpool et Manchester, inaugurée le 15 septembre 1830 et équipée des locomotives de Georges Stephenson. Elle fait chuter de moitié le prix des marchandises lourdes vendues à Manchester.

Le chemin de fer, source de profit sans pareille

En France, une première voie ferrée a été ouverte en 1827 pour le transport des marchandises, entre Saint-Étienne et Andrézieux (18 km), deux villes du bassin industriel et minier de la Loire. Puis est ouverte en 1835 la ligne Saint-Étienne-Lyon (57 km) pour le transport de marchandises lourdes et de produits sidérurgiques.

​Les Belges inaugurent une première ligne pour le transport des voyageurs entre Bruxelles et Malines, le 5 mai 1835. La même année, le 7 décembre 1835, une première ligne de 6,4 km est ouverte en Allemagne, entre Nuremberg et la ville voisine de Fürth.

Les investisseurs et les épargnants se laissent griser par ce secteur aux allures d'eldorado qui n'est pas sans rappeler l'internet au tournant du troisième millénaire ! Il s'ensuit même une bulle spéculative dans les années 1830-1850 à la Bourse de Londres, autour des actions des compagnies.

Le 24 août 1837, en avance de quelques mois sur le roi Louis Ier de Bavière, la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe 1er, inaugure la première ligne française dédiée au transport de voyageurs. Cette ligne relie Paris à Le Pecq (18 km). Elle est dix ans plus tard prolongée jusqu'à Saint-Germain-en-Laye, de l'autre côté de la Seine...

Le 8 mai 1842, sur la ligne Paris-Versailles se produit le premier drame ferroviaire de l'Histoire : 55 morts. Malgré son caractère spectaculaire et inédit, il ne remet pas en cause la confiance des banquiers et de l'opinion publique dans ce nouveau mode de transport.

Un mois plus tard, le 11 juin 1842, François Guizot, mieux inspiré qu'Adolphe Thiers, promulgue une loi décisive sur les chemins de fer destinée à remédier à l'insuffisance de capitaux : l'État promet des monopoles avec des concessions à long terme aux compagnies privées qui voudront se lancer dans l'aventure. Ainsi le chemin de fer va-t-il concourir au désenclavement des territoires, à l'unification du pays et à la centralisation de l'État. Alors que les diligences ont une vitesse moyenne de 4,5 km/h (!), les trains vont atteindre très vite une vitesse moyenne de 65 km/h et Napoléon III pourra rouler en train spécial vers Biarritz et Marseille à une moyenne de 100 km/h !...

Publié ou mis à jour le : 2020-10-07 07:36:34

 
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