3100 à 30 av. J.-C.

L'Égypte... en mode chronométré

15 secondes par siècle !

Dans cette vidéo, on se propose de retracer toute l’Histoire de l’Égypte antique par le biais de cartes animées, avec une contrainte temporelle : on va consacrer exactement 15 secondes par siècle, ce qui permettra de bien sentir le rythme des évolutions.

Avant de lancer le chrono, voici déjà la situation de départ : en 6000 av. J.-C., le blé et l’orge du Croissant Fertile gagnent l’Égypte et la Mésopotamie grâce à la maîtrise de l’irrigation. Puis vers 3500, le début de la désertification crée une pression croissante qui accélère le rythme des innovations. L’Égypte est sur le point d’entrer dans l’Histoire, et il est temps pour nous de démarrer le chrono.

En 3500 av. J.-C., le pays est soumis à de nombreux conflits entre cités-états dominées par la puissance de Bouto et de Nagada. Peu à peu, le pays se structure ainsi en deux royaumes : la Basse et la Haute Égypte. Au sud, l’hégémonie de Nagada finit par être renversée par une dynastie de Hiérakonpolis. Bien qu’ils règnent depuis cette ville, les rois se font enterrer à Abydos : ça entraîne l’essor progressif de la ville de Thinis située juste en face. C’est à Abydos qu’apparaissent les premiers éléments d’écriture vers 3300. Ils sont probablement destinés à garantir l’immortalité des morts et ont donc une fonction essentiellement magique. C’est ainsi qu’on a connaissance de plusieurs rois du sud, dont un Scorpion qui semble avoir mené une première tentative d’unification. Celle-ci est finalisée par le roi Narmer qui conquiert la Basse Égypte vers 3150 et fait de Thinis sa capitale. C’est le début de l’époque thinite.

La ville de Memphis est fondée afin de mieux contrôler le delta. Un énorme travail est fait pour unifier les cultures du nord et du sud et pacifier le pays. C’est à cette époque que le système de hiéroglyphes arrive à maturité et qu’une religion égyptienne cohérente se construit. Les pharaons mènent alors des campagnes de plus en plus loin, jusqu’en Palestine.

Cet essor exceptionnel perdure jusqu’au règne de Semerkhet vers 2900 qui voit réapparaître les rivalités entre le nord et le sud. La paix est finalement rétablie par le roi Hotepsekhemoui qui fonde la 2e dynastie, mais ça se fait au prix de concessions vis-à-vis du nord : peu à peu, la nécropole de Saqqarah près de Memphis prend de l’importance aux dépens d’Abydos.

Malgré ça, la Basse Égypte se soulève à nouveau vers 2750 et les rois de la 2e dynastie sont obligés de se retrancher plus au sud à Hierakonpolis. Finalement, le roi Khasekhemoui organise la riposte et réunifie tout le pays au prix d’une guerre sanglante.

Sa mort marque le début de l’Ancien Empire. Son successeur Djeser déplace la capitale à Memphis et entame de grands travaux pour son tombeau de Saqqarah avec l’aide de son vizir Imhotep. C’est ce qui donne naissance à la première pyramide.

C’est alors la course au gigantisme, d’abord avec Snefrou, puis Kheops qui marque l’apogée de l’âge des pyramides. Son successeur Khephren fait en plus construire le célèbre sphinx qui garde l’entrée de sa nécropole. La dynastie en place s’éteint peu après :

Une nouvelle dynastie s’impose vers 2470 avec le soutien du clergé de Rê basé à Heliopolis. Cette influence croissante du clergé se manifeste dans les nécropoles : les pyramides perdent alors en hauteur au profit des temples solaires.

Une longue paix s’installe dans le pays, caractérisée par de vigoureux échanges commerciaux avec Byblos au Proche Orient et jusqu’au lointain Pays de Pount au sud de la Mer Rouge. Le royaume étend son emprise en Nubie jusqu’à entrer en contact avec la ville de Kerma. Cependant l’autorité des pharaons continue de décliner face aux pouvoirs locaux et des conflits de palais apparaissent. Le très long règne de Pépi II n’arrange pas les choses en compliquant la succession.

Sa mort vers 2180 entraîne d’innombrables luttes de pouvoir qui plongent brutalement le pays dans l’anarchie : c’est le début de la Première Période Intermédiaire. Tandis que des bédouins envahissent le delta, 2 villes tentent de réunifier le pays : Hérakléopolis et Thèbes.

C’est Thèbes qui finit par triompher : son roi Montouhotep II parvient à réunifier l’Égypte, fondant le Moyen Empire. Il innove en se créant un majestueux temple funéraire en face de Thèbes. Les anciennes relations commerciales sont restaurées, mais ses successeurs sont très vite confrontés à de nouvelles révoltes. Profitant de la faiblesse du pharaon, le vizir Amenenhat s’empare du pouvoir, fondant la XIIe dynastie. Il déplace la capitale à Licht, plus centrale que Thèbes, et renoue avec les traditions de l’Ancien Empire en reprenant le concept de la pyramide. L’Égypte rayonne de plus belle en amorçant de nouveaux échanges commerciaux, notamment avec la Crète. La Palestine est conquise par le pharaon Sesostris III et la Nubie est pacifiée.

L’absence d’héritier mâle met fin à la dynastie vers 1780 et les pharaons défilent alors à grande vitesse sur le trône. L’Égypte reste correctement administrée mais des nomades en profitent pour s’installer dans le delta tandis que le royaume de Kerma progresse en Nubie :

C’est la fin du Moyen Empire. Vers 1650 se produit une nouvelle vague d’invasions venues du Proche Orient menée par les Hyksos : ils fondent un royaume dans le delta avec Avaris pour capitale et vassalisent le reste de l’Égypte, sauf le royaume de Thèbes au sud qui conserve son indépendance au prix d’un tribut aux Hyksos. C’est de là que se fait la reconquête vers la Nubie, puis vers la Basse Égypte. En 1535, Ahmosis Ier chasse définitivement les Hyksos du pays, ce qui pose les bases du Nouvel Empire.

Thoutmosis Ier conquiert intégralement le royaume de Kerma, et il amorce la conquête du Levant qui sera achevée par Thoutmosis III. La ville de Thèbes connaît des embellissements sans précédent avec l’érection de nombreux temples.

Vers 1350 av. J.-C., le pharaon Akhenaton et son épouse Nefertiti décident d’abandonner les cultes traditionnels au profit d’un dieu unique Aton, ce qui sème le trouble dans le pays. Celui-ci plonge dans la guerre civile tandis que les Hittites progressent au Proche Orient.

Finalement, Toutankhamon restaure les anciens cultes, puis Horemheb rétablit l’emprise égyptienne sur le Proche Orient. Ce nouvel apogée est incarné par le très long règne de Ramsès II. Peu après sa mort, les Peuples de la Mer commencent leurs attaques sur l’Égypte qui amorce un long déclin. Ramsès III est le dernier à mener de grandes constructions, et Ramsès VI est le dernier à pénétrer dans le Sinaï. Le pouvoir du pharaon s’effrite au profit du Grand-Prêtre de Thèbes et l’Égypte se retrouve coupée entre ces 2 influences, avec Tanis et Thèbes pour capitales. Au sud, le Pays de Koush en profite pour prendre son indépendance tout en conservant sa culture égyptienne. Les Libyens multiplient leurs raids sur l’Égypte, et beaucoup s’égyptianisent en s’installant sur place. L’un d’eux, Sheshonq Ier, s’empare du pouvoir en 943 av. J.-C. et contribue à revitaliser le pays. L’Égypte est réunifiée, il restaure son influence sur le Proche-Orient, et les constructions de temples reprennent un peu partout. Pourtant ce nouvel apogée ne dure pas : le pouvoir du pharaon s’affaiblit face aux chefferies libyennes du delta. Le Grand-Prêtre de Thèbes reprend son autonomie tandis que la Basse Égypte replonge dans la guerre civile.

Pendant ce temps plus au sud, un nouveau royaume émerge au Pays de Koush, centré sur Napata. Profitant du chaos en Égypte, son roi Piankhy progresse vers le nord et achève la conquête du territoire en 716 av. J.-C.. C’est le début de la Basse Epoque.

Des pyramides sont construites près de Napata en retour aux vieilles traditions. Cette nouvelle prospérité est mise à mal par l’empire assyrien qui envahit l’Égypte ; mais très vite, les princes de Saïs rejettent la suzeraineté assyrienne et restaurent l’indépendance du royaume,

avec l’aide précieuse des mercenaires grecs. Peu après, l’Égypte conquiert la Nubie et retrouve un nouvel apogée. Elle parvient à résister à l’empire babylonien, mais ne peut rien faire face à l’empire perse qui s’empare du pays en 525 av. J.-C..

L’unité de l’empire perse est favorable au commerce et le pays connaît une certaine prospérité économique. Mais les Egyptiens se révoltent régulièrement avec l’aide des Grecs jusqu’à restaurer leur indépendance en 404 av. J.-C..

L’érection des temples peut enfin reprendre, mais pour peu de temps : en 342, les Perses reprennent le contrôle du pays. Dix ans plus tard, leur empire est conquis par Alexandre le Grand. Sa mort entraîne des guerres entre ses généraux et l’Égypte revient à Ptolémée Ier.

Celui-ci fonde la dynastie des lagides et les grandes constructions reprennent tels que le Phare et la Bibliothèque d’Alexandrie, ou le temple d’Edfou. En parallèle, le Pays de Koush perpétue la tradition des pyramides depuis sa nouvelle capitale Méroé.

Les royaumes hellénistiques finissent pourtant par s’épuiser dans leurs guerres incessantes tandis que Rome devient une nouvelle puissance en Méditerranée. L’Égypte doit lui verser de plus en plus de blé pour pouvoir conserver son indépendance.

L’Égypte connaît un ultime sursaut sous la reine Cléopâtre qui obtient un enfant de Jules César, puis s’allie à Marc Antoine dans sa lutte contre Octave. Mais la défaite d’Actium en 31 av. J.-C. marque la fin de l’Égypte indépendante et l’arrêt de notre chronomètre. Dorénavant, le pays sera pleinement intégré à l’empire romain réunifié et il va se fondre dans la culture romaine. Les vieilles traditions se maintiennent davantage à Méroé, jusqu’à ce que ce royaume succombe en l’an 345.

Un nouveau coup est donné en l’an 391 avec la fermeture de nombreux temples païens en Égypte, ce qui fait sombrer la vieille religion dans l’oubli. Dernier héritage de l’ancien monde, la langue finira par disparaître à son tour après la conquête arabo-musulmane de l’an 641. Il ne restera alors plus rien de l’antique civilisation qui va sombrer dans l’oubli, jusqu’à ce qu’un certain Champollion la fasse ressurgir en pleine lumière...

Vincent Boqueho

 


Publié ou mis à jour le : 2021-12-07 14:07:19

 
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