Henry Ford

Industriel génial et antisémite viscéral

Henry Ford est à l'origine de la deuxième révolution industrielle, qui a vu le triomphe du travail à la chaîne et des productions standardisées en grande série.

Fils d'un fermier irlandais installé à Dearborn, dans le Michigan, il ne manifeste aucun goût pour les études mais se passionne pour la mécanique (« Je n'aime pas lire, les livres me brouillent la tête. L'histoire, c'est surtout un tissu d'âneries », explique-t-il). Il construit en 1892 sa première automobile. En 1908, à l'occasion du lancement de son modèle T, il se fixe un double objectif audacieux : abaisser les coûts de production par la standardisation de façon à développer le marché de l'automobile ; octroyer aux ouvriers de salaires assez élevés pour leur faire accepter un travail répétitif et contraignant ! En 20 ans, il va ainsi produire plus de 15 millions d'automobiles.

Henry Ford âgé (30 juillet 1863, Dearborn, Michigan ; 7 avril 1947, Dearborn)

Mais très tôt, Henry Ford ne cache rien de ses opinions antisémites. Au début de la Première Guerre mondiale, lors d'une réunion avec ses cadres, il annonce : « Je sais qui est cause de la guerre. Ce sont les banquiers judéo-allemands. J'en ai la preuve, je vous parle de faits. Ce sont les banquiers judéo-allemands qui ont causé la guerre ». Devenu immensément riche et très populaire,  il va s'illustrer après la Première Guerre mondiale par des écrits antisémites d'une extrême violence dans le Dearborn Independent qu'il a acheté. En mai 1920, le journal entame la publication de 91 articles qui dénoncent The international Jew, The world's problem ( « Le Juif International, problème mondial »). Le journal publie aussi en feuilleton Le Protocole des Sages de Sion, un faux grossier de la police tsariste destiné à salir les juifs. et son soutien financier au parti nazi et à Hitler, dans leur conquête du pouvoir.

À l'automne 1922, malgré ou à cause de cela, Henry Ford est pressenti pour se présenter aux élections présidentielles dans le camp républicain. En 1923, Hitler déclare dans un entretien : « Nous considérons Heinrich Roth comme le chef de file du parti fasciste qui se développe en Amérique » (Philip Roth, Le Complot contre l'Amérique). Il est vrai qu'à cette date, le nazisme est encore balbutiant et n'effraie personne. C'est seulement en 1927, soucieux de son image publique, que l'industriel mettra un terme à ses foucades antisémites.

Il n'en aura pas moins plaisir à rencontrer le tout aussi populaire et antisémite Charles Lindbergh et, en 1938 à Detroit, pour son 75e anniversaire, il recevra comme lui la Grand-Croix de l'ordre de l'Aigle allemand pour services rendus au Reich. Ickes, ministre de l'Intérieur du président Roosevelt, aura beau jeu d'ironiser : « Henry Ford et Charles A. Lindbergh sont les deux seuls citoyens libres d'un pays libre à avoir obséquieusement accepté ce gage de distinction méprisante à une époque où celui qui le leur décerne tient pour perdue toute journée qui ne lui a pas permis de commettre un nouveau crime contre l'humanité ». Quand la Seconde Guerre mondiale éclatera, Henry Ford militera encore aux côtés de Lindbergh dans l'organisation America First pour maintenir coûte que coûte l'Amérique en-dehors de la guerre !

Affecté par la Grande Dépression de 1929 et la concurrence de Chevrolet et Plymouth, Henry Ford s'est opposé au New Deal du président Frandklin Roosevelt. Atteint par le grand âge, il laisse la direction de son entreprise à son petit-fils Henry Ford II et lègue l'essentiel de sa fortune à la Fondation Ford, dont sa famille sera assurée de conserver la maîtrise. Un moyen habile de préserver le patrimoine au sein de la famille. L'industriel meurt dans sa ville de Dearborn le 7 avril 1947. 

Publié ou mis à jour le : 2020-02-11 16:59:50

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net