Bimestriel, N° 17, Février 2014, 5,95€

Fait amusant, en cette période où les médias évoquent tant et plus le Centenaire de la Première Guerre mondiale, Guerres & Histoire s'offrent le luxe de ne pas en parler... mais propose un passionnant et très complet dossier sur la guerre de Sécession.
Avec plus de six cent mille morts, ce conflit fut de loin le plus meurtrier entre 1815 et 1914, en Occident, mais pas dans le monde car, avec plusieurs dizaines de millions de victimes, la révolte des Taiping en Chine remporte haut la main ce macabre palmarès.
La guerre civile américaine dura assez exactement quatre ans, du 12 avril 1861 au 9 avril 1865, soit aussi longtemps que la Grande Guerre. Son évocation vient à point car, à maints égards, ce conflit annonce la boucherie européenne par la mobilisation de toutes les ressources du pays, par l'utilisation massive de l'artillerie, par le jusqu'auboutisme des combattants...
Mais le magazine note aussi, ce qui est moins évident, que la guerre de Sécession reprend cinquante ans plus tard le mode opératoire des guerres napoléoniennes... en beaucoup moins efficace, à cause de l'impéritie des généraux et officiers ainsi que de la médiocre formation des fantassins. L'effet est frappant à Gettysburg, cette bataille de trois jours qui marquent le tournant de la guerre.
Autre différence : tandis que les armées napoléoniennes comptaient près de 20% de cavaliers, celles-ci en comptent moins de 10% (un fantassin est plus facile à équiper et former qu'un cavalier).
Le bimestriel se fend aussi d'un bel article sur la bataille d'Hastings, événement fondateur de l'Angleterre, et surtout d'un article décapant sur les Thermopyles, à l'occasion de la sortie d'un péplum sur le sujet, 300.
Aux Thermopyles, selon le chroniqueur Hérodote, trois cents valeureux hoplites spartiates succombèrent en 480 av. J.-C. pour laisser à leurs compatriotes grecs le temps de se préparer à résister à l'invasion perse. Ce sera Salamine. Dans les faits, il n'en est rien et l'on a affaire à une classique défaite due à une erreur tactique du général spartiate Léonidas. Mais pour une fois que l'Histoire est écrite par les vaincus...
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