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>> 4 000 ans d'Histoire
Genève, cité rebelle
• 21 mai 1536 : Genève passe à la Réforme et accueille Calvin
• 27 octobre 1553 : Michel Servet est brûlé à Genève
• 12 décembre 1602 : journée de l'Escalade
• 15 avril 1798 : Genève cesse d'être libre
• 21 juillet 1954 : fin de la conférence de Genève
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4 000 ans d'Histoire

Genève, cité rebelle autant qu'austère


Genève est aujourd'hui une cité prospère, paisiblement assise au bord du lac Léman. Après avoir été longtemps une République indépendante, c'est aujourd'hui l'un des 26 cantons de la Confédération helvétique.

La cité continue de jouer un rôle international exceptionnel au regard de sa modeste taille (l'agglomération comptait environ 600 000 habitants en 2000). Elle doit sa performance au caractère déterminé de sa bourgeoisie.

Une cité rebelle

Des pionniers celtes auraient fondé Genève (ou Geneva) vers 2000 avant JC sur la moraine laissée par le glacier du Rhône en se retirant.

La ville devient plus tard l'oppidum des Allobroges, face aux Helvètes rétifs à l'influence romaine. À cet endroit, à la sortie du lac, un pont de bateaux permet de franchir le Rhône. César entame la conquête de la Gaule chevelue en 58 av. J.-C. en barrant sur ce pont la route aux Helvètes. Petite ville gallo-romaine puis burgonde et lotharingienne, Geneva tombe dans la mouvance de la Savoie au Moyen Âge.

Les princes-évêques de la ville jouissent de droits seigneuriaux étendus et les bourgeois excellent à tirer parti des intérêts divergents des comtes de Savoie et des évêques. Les foires gagnent en prospérité et attirent les banquiers florentins, avant que le roi de France Louis XI ne détourne vers Lyon une partie de ces activités. À la fin du XVe siècle, le prince-évêque n'est plus qu'un pantin entre les mains de son puissant voisin, le duc de Savoie, et son autorité sur la ville tend à se réduire comme peau de chagrin.

En 1526, Genève signe le «traité de combourgoisie» avec Berne et Fribourg. En 1530 enfin, par le premier traité de Saint-Julien, la cité obtient du duc de Savoie la reconnaissance de son indépendance et devient dès lors une république libre associée à la confédération helvétique.

Genève et Calvin

Dans le même temps, la Réforme religieuse de Martin Luther se répand en Allemagne et en Suisse. Elle se propage chez les Genevois à l'initiative de Guillaume Farel, un prédicateur venu de France. Résigné à sa défaite, le prince-évêque Pierre de la Baume quitte son chapitre en 1532.

Une controverse publique a lieu du 30 mai au 24 juin 1535 et, l'année suivante, la Réforme est définitivement établie par une décision du Conseil des Deux Cents. Les catholiques sont bannis et les couvents livrés au pic des terrassiers. Les ornements disparaissent, y compris les vitraux et les statues. Guillaume Farel appelle à la rescousse un prédicateur français de 27 ans, Calvin. Il tente d'instaurer une dictature morale sous la forme d'ordonnances auxquelles chacun se doit de prêter serment. Mais des citoyens non-jureurs ou libertins résistent à ses exhortations et, en 1538, chassent Farel, Calvin et leurs partisans.

Trois ans plus tard, cependant, ils baissent les bras et Calvin revient à Genève. Il se voit cette fois octroyer des pouvoirs discrétionnaires alors que son statut officiel reste celui d'un simple pasteur. À sa mort, le 27 mai 1564, la république de Genève sera devenue le siège européen du calvinisme, la forme la plus rigoureuse du protestantisme, avec déjà davantage de fidèles que le luthérianisme.

Coûteuse indépendance

Peu après la mort de Calvin, la République doit défendre son indépendance face à son voisin et rival, le duc de Savoie. En 1589, elle s'assure pour cela les services d'un reître français, Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy, qui pille les terres de Savoie.

Le 12 décembre 1602, les Savoyards tentent de prendre leur revanche. Leurs troupes escaladent les murailles de la ville dans la nuit mais sont in extremis repoussées. Cette «Journée de l'Escalade» continue d'être commémorée avec fierté par les habitants. Elle permet à Genève de conclure une paix durable avec la Savoie le 21 juillet 1603, par le traité de Saint-Julien-en-Genevois.

Au cours du XVIIIe siècle, la ville s'enrichit considérablement. Quelques grandes familles aristocratiques - les natifs - tiennent le haut du pavé sur le modèle de Versailles, alors que les bourgeois - qualifiés de représentants - prétendent à une influence en rapport avec leur contribution économique.

Au fil du temps, le Conseil Général, assemblée populaire souveraine en principe, se voit dessaisi de la plupart de ses prérogatives. Le peuple ordinaire - on parle des habitants - reste privé de toute influence réelle. En 1782, une insurrection impose l'intervention conjointe des royaumes de France et de Sardaigne pour rétablir l'ordre menacé.

Les événements révolutionnaires survenus à Paris au printemps 1789 trouvent un écho considérable dans la république dont il est à noter que beaucoup d'habitants descendent de huguenots français chassés par la révocation de l'Édit de Nantes.

En septembre 1792, l'assemblée de la Convention confie au général de Montesquiou la mission de s'assurer de la place de Genève, qui contrôle l'accès du plateau suisse. C'est ainsi qu'en décembre 1792, Genève adopte les formes d'une république-soeur. Elle s'assure ainsi la sympathie du gouvernement parisien tout en préservant son indépendance pour quelques années.

Le 15 avril 1798, quelques semaines après la création d'une République suisse unitaire, à l'image de la République française, les gouvernement français annexe la république de Genève et fait de la prestigieuse cité de Calvin le simple chef-lieu d'un département du Léman !

C'est la fin définitive d'une longue indépendance. En 1814, à la chute de Napoléon 1er, Genève choisira de s'intègrer à la Confédération helvétique.


Publié ou mis à jour le : 2016-10-26 18:55:32

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