Gallieni (1849 - 1916) - La « mission civilisatrice » de la France - Herodote.net

Gallieni (1849 - 1916)

La « mission civilisatrice » de la France

Joseph Gallieni (24 avril 1849, Saint-Béat ; 27 mai 1916, Versailles)Fils d'un officier italien (d'où l'absence d'accent sur son nom), Joseph Gallieni est né dans les Pyrénées, à Saint-Béat (Haute-Garonne).

Sorti de Saint-Cyr en 1870, il entame sa carrière coloniale à la Réunion puis en Afrique noire. En 1886, il est gouverneur général du Soudan français (l'actuel Mali).

En 1892, Joseph Gallieni part au Tonkin (Nord-Vietnam) où il lutte contre la piraterie et organise l'administration. Il s'adjoint dans cette tâche le chef d'escadron Hubert Lyautey. Il sera comme lui - mais à titre posthume - élevé à la dignité de Maréchal de France.

Pour soumettre des territoires qui, quelques années plus tôt, ignoraient tout de la France, il met au point la méthode de la « tache d'huile » qui consiste à conquérir du terrain par petites touches, après avoir pris soin de consolider l'arrière.

Il vise aussi à diviser les autochtones pour mieux les dominer par la « politique des races ». En cas de résistance, l'officier ne craint pas de frapper les fortes têtes.

Convaincu comme Jules Ferry de la « mission civilisatrice » de la république française, il va appliquer sa doctrine coloniale à Madagascar dont il est nommé gouverneur général en 1896.

Éclair de génie sur la Marne

En 1905, usé mais auréolé de gloire, Gallieni revient en France comme général de division. 

Proclamation de Gallieni aux Parisiens en 1914Le 17 mars 1914, atteint par la limite d'âge, il est remercié... mais c'est pour être aussitôt rappelé quand éclate la Grande Guerre.

Dès le 26 août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris pet va s'illustrer à ce poste par son énergie et sa réactivité.

Tandis que le gouvernement s'est replié à Bordeaux, il met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation de fermeté et désobéit fort heureusement à Joffre quand celui-ci lui demande de replier ses troupes sur l'Yonne.

C'est lui encore qui, sitôt informé du mouvement tournant des armées allemandes sur la Marne, convainc le généralissime Joffre de lancer une contre-attaque sur leur flanc.

Appelé au ministère de la Guerre le 29 octobre 1915 par Aristide Briand, il tient au Parlement un remarquable discours pour l'appel de la classe 17. 

La maladie l'oblige à démissionner le 17 mars 1916 et il meurt d'un cancer deux mois plus tard.

Alban Dignat
Publié ou mis à jour le : 2019-04-24 09:10:29

 
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