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La Drle de guerre
L'invasion de la France en 1940
• 1er septembre 1939 : la Wehrmacht envahit la Pologne
• 3 septembre 1939 : l'Angleterre puis la France dclarent la guerre l'Allemagne
• 17dcembre 1939 : sabordage du Graf Spee
• 16 fvrier 1940 : dbut des hostilits en Norvge
• 17 fvrier 1940 : le plan Manstein
• 12 mars 1940 : la Finlande cesse de rsister l'URSS
• 21 mars 1940 : Paul Reynaud la tte du gouvernement franais
• 10 mai 1940 : Hitler envahit la Belgique et la Hollande ; Londres, Churchill devient Premier ministre
• 10 mai 1940 : Churchill Premier ministre contre Hitler
14 mai 1940 : perce des blinds allemands Sedan
19 mai 1940 : Maxime Weygand la tte des armes franaises
24 mai 1940 : la Wehrmacht interrompt sa progression
26 mai 1940 : entretien entre Churchill et Reynaud Londres
• 26 mai 1940 : vacuation de Dunkerque
27 mai 1940 : Lopold III capitule
14 juin 1940 : les Allemands entrent Paris
• 16 juin 1940 : Philippe Ptain chef du gouvernement franais
• 18 juin 1940 : appel du gnral de Gaulle
• 22 juin 1940 : signature de l'armistice
25 juin 1940 : fin de la campagne de France
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Dunkerque

La guerre rduite un jeu vido


Dunkerque (2017) reconstitue la faon d'Hollywood l'vacuation en catastrophe de trois cent mille soldats britanniques et franais menacs d'tre capturs par la Wehrmacht, au tout dbut de la Seconde Guerre mondiale.

Il parat que le public et les critiques adorent. Pas nous.

Dunkerque (Christopher Nolan, 2017) Dès avant la diffusion du film en France le 17 juillet 2017, nous avons été abreuvés de commentaires dithyrambiques sur l'oeuvre et son auteur. Immense succès populaire aux États-Unis avec les recettes correspondantes.

Les critiques français, d'ordinaire réservés, applaudissent à tout rompre, à l'exception de Jacques Mandelbaum (Le Monde) et Geoffroy Caillet (Le Figaro) qui critiquent l'approche de l'Histoire par le cinéaste Christopher Nolan, immortel adaptateur de Batman au cinéma.  

Le film a un avantage. Il peut se résumer à la bande-annonce (très bien faite). Si l'on a vu celle-ci, on ne gagnera rien à aller voir la version intégrale. Son déroulement (le mot scénario serait présomptueux) tient en quelques mots :

Un soldat court dans une ville déserte, poursuivi par des tirs venus d'on ne sait où. Il débouche sur une grande plage où attendent de longues files de soldats semblables à lui. Tout d'un coup, le sifflement d'un avion en piqué, les soldats courent dans tous les sens et se jettent à terre ; certains ne se relèvent pas. L'avion disparu, les survivants reprennent la queue et se hissent dans des bateaux. Tout d'un coup, le sifflement d'un avion en piqué, un bateau est touché, les soldats tombent à l'eau, certains en sortent, d'autres pas. Les rescapés reprennent la queue et se hissent dans des bateaux etc.

Au-dessus de ce manège, un pilote garde l'oeil sur sa jauge de carburant et de temps en temps abat un avion ennemi ; à la fin, à court de carburant, il se pose sur la plage, enfin débarrassée de tous ses soldats. Fin du film.

N'oublions pas la touche sentimentale : un plaisancier anglais, sage d'entre les sages, traverse le détroit avec son fils pour aller secourir les valeureux soldats. Et la touche superstar : Kenneth Branagh soi-même en costume marin (amiral ?), immobile au bout d'une jetée, l'oeil rivé sur l'horizon et les falaises. Peu probable qu'il recueille un Oscar pour cette prestation.

Aucun personnage n'a de profondeur psychologique. Le seul d'ailleurs dont on donne le nom (Gibson) est un soldat français qui a volé l'identité d'un Anglais mort (salaud de Français).

Figurants et acteurs de premier plan s'agitent les uns et les autres tout au long du film pour échapper à la mitraille des avions ennemis et à la noyade (sauf Kenneth Branagh, aussi immobile qu'un cormoran au soleil). 

Une absente : l'Histoire

Voilà donc le chef-d'oeuvre qui fait la quasi-unanimité du public et des critiques. Au fait, s'agit-il d'une fiction ou d'un événement en rapport avec la réalité ? On n'en saura rien.

Le film est complètement étranger à l'Histoire et à ses enjeux. Ainsi n'est pas désigné une seule fois l'ennemi (la Wehrmacht, les Panzers de Guderian, la Luftwaffe, Hitler...). S'agirait-il de ne pas froisser le public allemand ?

La chronologie et le contexte sont totalement absents. Sait-on même qu'on est dans la Seconde Guerre mondiale ? à son tout début ?... C'est tout juste si l'on cite deux ou trois fois le nom de Churchill sans prendre la peine de préciser sa fonction.

Et ne parlons pas du rôle ridicule attribué aux Français. Jacques Mandelbaum l'a suffisamment dénoncé dans son excellent article du Monde.

La guerre n'est pas un jeu vidéo

Après tout, direz-vous, est-ce si grave ? L'important n'est-il pas que le public et en particulier les jeunes spectateurs découvrent l'existence de ce morceau d'Histoire ?

On peut travestir l'Histoire en un « roman national » façon Alexandre Dumas ou Malet et Isaac, de façon que chacun puisse s'identifier à ses acteurs et rêver avec eux. Mais ce que l'on reproche à Dunkerque n'est pas un simple travestissement de la réalité, c'est bien plus gravement l'absence de récit et la réduction de l'événement à des sensations reptiliennes (images et sons).

Craignons que cette vacuité et le succès qui l'accompagne soient le reflet de notre époque, qui a oublié que la guerre est autre chose qu'un lot de souffrances individuelles sans cause ni motif. C'est un drame collectif avec à sa racine des erreurs et des malveillances qu'il importe de connaître pour mieux les éviter. De cela le film à grand bruit de Christopher Nolan ne dit strictement rien. Il se déroule comme un jeu vidéo sans commencement ni fin. On joue, c'est tout. 

N'est-ce pas aussi la direction que prennent les guerres du futur ? À deux pas d'Hollywood, sous les collines du Nevada, de jeunes gens en uniforme pianotent sur des écrans. Ils pilotent des drones opérant en Afghanistan ou au Yémen. Touché ! Cent ennemis liquidés d'un coup. Les participants d'une noce ? Tant pis, on fera mieux la prochaine fois.

André Larané

Publié ou mis jour le : 2017-07-21 10:19:14

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 23 commentaires sur cet article

Pipounet (16-08-201712:39:14)

Je trouve un peu svres les reproches faits ce film. Il rerace bien le point de vue des Anglais coincs sur les plages,isols, sans vision sur les combats avoisinants . Donc le thme est trait de faon restrictive , mais il est bien trait.

Charles Huygens (08-08-201711:45:33)

Je suis sensible aux arguments de critique historique d'Hrodote. Mais je pense qu'il faut considrer ce film sous un autre angle : rsolument intimiste, il nous plonge dans la ralit de la terreur, du courage ou des lchets de jeunes gars plongs , sans le recul ncessaire pour comprendre , dans le tourbillon de l'horreur . Comme le dit votre article , cela permet des milliers de jeunes et moins jeunes de porter un moment d'attention ces vnements tragiques, dont on peut esprer qu'ils s... Lire la suite

Nicolas (06-08-201723:41:12)

Il est surprenant d'tre d'accord avec des commentaires, bons ou mauvais, d'un film que certains ne sont pas alls voir. Ce film a cherch filmer l'exprience de la guerre.... peut-tre que seuls ceux qui l'ont vcue sont mieux mme d'en juger, tant donn qu'elle est vcue de manire diffrente en fonction de chacun. Une "introduction" est-elle alors ncessaire ? Il y a tout de mme des critiques faire : musique omniprsente et inutile, gloire aux seuls Anglais sauvs et futurs sauveurs d... Lire la suite

Anonyme (06-08-201723:40:39)

Il est surprenant d'tre d'accord avec des commentaires, bons ou mauvais, d'un film que certains ne sont pas alls voir. Ce film a cherch filmer l'exprience de la guerre.... peut-tre que seuls ceux qui l'ont vcue sont mieux mme d'en juger, tant donn qu'elle est vcue de manire diffrente en fonction de chacun. Une "introduction" est-elle alors ncessaire ? Il y a tout de mme des critiques faire : musique omniprsente et inutile, gloire aux seuls Anglais sauvs et futurs sauveurs d... Lire la suite

Donnat (30-07-201713:09:17)

La critique d'Hrodote m'a (par esprit de contradiction...) dcid voir le film. Avant je me suis mis remis en mmoire le contexte historique et militaire. Bien m'en a pris car, lorsqu'on a bien en tte ce contexte on apprcie la faon certes spectaculaire et bruyante (mais qui me semble correspondre la ralit) dont Nolan met en scne cet pisode douloureux du conflit. On suit les quelques personnages archtypaux mis en avant sans pathos ni psychologie de bazar, ni vedettisation de l'un ou ... Lire la suite

Boutt (26-07-201709:59:48)

Abus de bruitage et affolement des images : c'est la critique de ce qu'est devenu le cinma. W.E. Zuydcoote est meilleur car plus ancien donc plus humain mais c'est surtout le roman qu'il faut lire . Si vous l'avez lu, nul besoin de film !


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