De Socrate nous n’avons rien, pas un écrit. C’est seulement de la bouche de ses contemporains, en particulier de Platon, que nous pouvons tenter d’apprendre l'histoire d'un homme qui toute sa vie, n'a laissé personne indifférent. Est-ce par sa capacité à ne jamais cesser d’interroger les autres et soi-même ?
Découvrons comment celui qui nous a légué le doute est devenu le père de la philosophie occidentale.
Naissance de Socrate, renaissance d’Athènes
Né en 470 av J-C, c’est en pleine reconstruction de la cité d’Athènes ravagée par la 2ème Guerre médique qu’il grandit.
Très tôt il dut partir en tant qu’hoplite mener la guerre contre les Béotiens, période durant laquelle il s’illustra par sa résistance physique et sa bravoure en sauvant notamment son jeune ami Alcibiade. Encensé par les uns pour son courage et sa philosophie, critiqué par les autres pour son influence négative, il est certain que Socrate n’aura laissé personne de marbre.
Populaire et... impopulaire !
Quand en 404 av J-C, le régime des Trente Tyrans soutenu par Sparte renversa la démocratie, certains des disciples de Socrate arrivèrent au pouvoir. De quoi rassurer notre homme !
Mais c’est au contraire une politique sanguinaire que menèrent ses anciens élèves, finissant ainsi de ternir sa réputation. Et c'était sans compter les déboires d’Alcibiade qui alla même jusqu’à déclarer un jour que la démocratie était une folie !
Grand buveur et sachant ne pas paraître saoul, héroïque et évitant les louanges, intervenant en politique tout en n’y prenant pas part, dispensant la philosophie en refusant d’être rémunéré... le père de la philosophie avait de quoi en énerver plus d’un.
C’est peut-être d’ailleurs son penchant pour la contradiction qui a fait de lui l’un des inventeurs de la dialectique, cette méthode de raisonnement qui prend appui sur le discours.
C'est aussi ce qui nous fait ressentir cette ambivalence à son sujet : Socrate émerveille tout autant qu’il irrite.
Le procès de Socrate ou de la démocratie ?
Quand la démocratie, après avoir chassé les Trente Tyrans, revint sur la scène, le philosophe fut logiquement pris pour cible, accusé d’avoir corrompu les mœurs. Était-il un simple bouc émissaire ou un vrai coupable ?
S'il est difficile d'en juger, on sait que lorsque son procès s'ouvrit en 399 av. J.-C., Socrate s'entêta dans la provocation en refusant d’être défendu. Il alla même jusqu’à se moquer des jurés en demandant d'être nourri au Prytanée, là-même où étaient récompensés les membres de la cité les plus valeureux !
La démocratie athénienne ne pouvait en supporter plus et finit par trancher : elle le condamna à mort. Cette sentence ne le perturba guère puisque tout en buvant la ciguë, il continua, impassible, à échanger avec ses disciples en pleurs.
Finalement, on pourrait se demander si c’est bien la démocratie qui accusait Socrate ou bien Socrate qui accusait l’injustice de la démocratie en lui imposant de le condamner.











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envoipar (22-04-2024 14:26:04)
LUNDI 22 AVRIL 2024 Il est évident qu’HÉRODOTE est voué à l’histoire. Mission accomplie, le travail correspond à ce but. Ici, concernant SOCRATE, j’aurais souhaité un développé plus p... Lire la suite
Jacques Groleau (25-07-2021 10:11:57)
Eh oui ! Il faut douter de tout, et même de la pertinence des actuelles mesures gouvernementales... en utilisant les moyens disponibles : manifestations et protestations, avec "étoile jaune" certes ... Lire la suite