31 juillet 2026. Sur la plage, oubliez le look toge et sandalettes à la Homère ou le style képi-vareuse de De Gaulle et adoptez vite moustache fine et perruque ! Dans la bataille des films de l'été, l'inattendu De la Comédie française et sa guest-star Molière font en effet une arrivée en fanfare. Ils s'offrent même le luxe d'entrer directement en deuxième place dans le box-office, derrière l'incontournable Odyssée...
Et pourtant, le film avait tout pour faire une petite carrière dans les rares salles d'Art et d'essai ouvertes pendant la trêve estivale.
Pensez-vous, à l'heure où Hollywood nous abreuve de grand spectacle et de nouvelles technologies, les réalisateurs Bertrand Usclat et Martin Darondeau nous proposent un huis clos dans un vieil immeuble parisien pour nous raconter les mésaventures d'une troupe de comédiens en pleine déconfiture.
Leur inspiration ne vient pas de loin : adultère, quiproquos, coups de théâtre et portes qui claquent... Cela ne vous rappelle pas un certain Georges Feydeau ? Un peu facile !
Jetons le masque : si certains producteurs ont trouvé ce projet trop élitiste et ont refusé de le soutenir, chez Herodote.net, on a adoré ! Voilà une comédie jubilatoire qui ressemble à un exercice de copains, tourné en quelques jours pour profiter d'une semaine où les locaux parisiens de la place Colette étaient vides. Les comédiens ? Ceux de la vénérable Troupe de Molière, trop contents de participer à l'aventure.
Et cela se voit ! Autour de Pauline Clément en metteuse en scène qui tente de surnager dans la débâcle, Laurent Stocker en vedette vindicative, Marina Hands en amante insatiable ou encore l'inénarrable Christian Hecq en régisseur bavard se font plaisir. Notons les apparitions de Guillaume Gallienne en cerbère peu commode, et même de l'administrateur général du lieu, Éric Ruf, au fond d'un ascenseur !
Tout ce beau monde se retrouve confronté à un problème simple : parvenir à donner vie à la première représentation d'un nouveau Macbeth, le soir même. Top chrono ! Bien sûr, comme dans toute bonne comédie, les embûches vont s'accumuler jusqu'à nécessiter l'intervention d'un personnage improbable, un drôle de deus ex machina joué par Benjamin Lavernhe.
Cette chronique d'un désastre annoncé n'est pas sans rappeler La Nuit américaine de François Truffaut dans sa façon de révéler l'envers du décor, ces coulisses où les personnages se cherchent et se perdent au milieu des costumes précieux, des accessoires en carton et des petites mains. On aurait aimé nous perdre nous aussi un peu plus dans ces couloirs et prolonger notre plaisir au-delà des 75 minutes que dure la bobine. Tant pis, à nous d'imaginer de nouvelles scènes...
Si ce « petit » film est un peu court, par l'énergie qu'il dégage, il reste un bel hommage à tout le personnel de la maison de Molière, et à Molière lui-même. Il rappelle que le théâtre est un art exigeant qui demande une parfaite coordination de la part de tous ceux qui participent au spectacle. Gare au grain de sable !
Il est aussi une charmante comédie aux situations ubuesques portées par des dialogues qui risquent vite de devenir culte. Le public, que certains plastronneurs pensaient incapable de s'intéresser à un sujet « culturel », ne s'y trompe pas : après avoir fait un triomphe aux Batailles de Gaulle et à L’Odyssée, il file s'amuser de la galère dans laquelle est plongée cette joyeuse troupe. De quoi casser une bonne fois pour toute l'image de milieu élitiste qui colle à la peau de la Comédie française depuis près de 350 ans et élargir le cercle de ses admirateurs.
Bravo Molière, tu as encore gagné !













Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Pierre (02-08-2026 16:46:26)
Un régal. Quand on fait un peu de théâtre (amateur), un cours excellent, une « masterclass » comme on dit en français aujourd'hui. D'ailleurs Molière aujourd'hui aurait sans doute fait une piÃ... Lire la suite
JEAN-PAUL PIERRE (02-08-2026 12:10:29)
Avez-vous vraiment vu ce film pour dire qu'il était drôle ? Moi, je m'y suis plutôt ennuyé, les engueulades entre acteurs étaient plus stressantes que drôles. Je n'ai entendu qu'une fois, une s... Lire la suite