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Regards sur l'enfant

Antiquité : un souffre-douleur tout désigné


« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris » ! Cette exclamation célèbre de Victor Hugo ne s’applique pas à toutes les époques.

Les civilisations de l’Antiquité ont souvent en effet réservé un sort peu enviable à l’enfant. Élevé dans des conditions souvent très dures, il pouvait à tout moment être jeté en sacrifice pour apaiser les divinités courroucées.

Scène familiale, art néolithique de Sefar, Algérie.

Premiers pas dans le monde

Cela semble évident : par « enfant », on désigne aujourd’hui le petit d’homme, de sa naissance au moment où il devient ingrat et poilu, c’est-à-dire à l’adolescence. Tel n’a pas toujours été le cas puisque ce mot vient du latin infans, c’est-à-dire « celui qui ne parle pas », qui babille, le bébé ou le bambin.

Pour les plus âgés, il était question chez les Latins de puer, repris pour former nos mots savants comme « puériculture » mais délaissé dans le langage courant où on préfère évoquer la vivacité des chers petits avec quelque « galopin », « biquet » ou « diablotin »

Traces de pas dans la boue, 3,5 millions d'années, Laetoli, Tanzanie.Leurs traces remontent à plus de 3,5 millions d’années dans la terre de Laetoli, en Tanzanie, à travers les empreintes de pas laissées par deux Australopithèques. Même si les interprétations varient, il est tentant d’y voir le souvenir d’un enfant cheminant aux côtés d’un adulte, le plus âgé guidant le plus jeune.

Cette image illustre la place que l’enfant occupait dès les temps les plus reculés : les nombreuses sépultures dédiées à de tout jeunes individus, voire à des nouveaux-nés (tombe du Moustier, 40 000 ans av. J.-C.), prouvent que ceux-ci faisaient déjà de la part du groupe l’objet d’attentions particulières, de protection, ou tout simplement d’affection.

Attendus avec impatience comme le montrent les nombreuses représentations des déesses-mères, ces enfants n'en étaient pas moins victimes d'une forte mortalité : au Paléolithique, 40 % des tombes concernent des bambins de moins de 11 ans.

Une éducation collective à la dure

« Si un fils frappe son père, on lui coupera la main » (code d’Hammourabi, vers 1750 av. J.-C.). On ne plaisante pas à Babylone avec le respect des aînés ! La société est en effet construite autour de la cellule familiale, elle-même placée sous la toute-puissance du père qui peut même mettre un de ses enfants en gage le temps d’honorer une dette.

Une mère allaitant son enfant, musée d'égyptologie de Berlin, Allemagne.Au descendant d’assurer le bien-être de ses parents et le culte de tous les aïeux qui les ont précédés. On retrouve ces mêmes principes sur les bords du Nil où une famille nombreuse était synonyme de bénédiction comme de main-d’œuvre à bon compte.

Mais pour un foyer plein de rires, combien de deuils à traverser ! L’enfant survivant, prénommé « Le garçon que je désirais » ou « La jolie fille nous a rejoints », était allaité jusqu’à 3 ans, arborant pour pallier sa nudité une tresse sur le côté droit de la tête.

Il ne quittait guère alors les épaules de sa mère, au point que le papyrus d’Ani, issu d'une tombe de Thèbes (vers le XIIIe siècle av. J.-C.), appelle à la gratitude pour les bienfaits maternels : « Rends le double de la nourriture que ta mère a donnée, porte-la comme elle t’a porté. Tu as été pour elle une lourde charge, mais elle ne s’est pas lassée. Sa nuque te porta, elle te donna le sein pendant trois ans. Elle ne fut pas dégoûtée de ta malpropreté et ne se découragea pas disant : que faut-il encore faire ? ».

Un souverain tout-puissant : c’est bien ainsi qu’est considéré le père de famille chez les Grecs anciens puisque, comme l’explique Aristote, « l’autorité du père sur ses enfants […] est royale » (Politique I, IVe siècle av. J.-C.).

Femme et progéniture sont ses possessions, il peut les faire travailler pour lui, les abandonner, les vendre. Le jeune âge n’est en effet pas une protection pour tous ceux qui redoutent de connaître la cruauté des fers ou de la prostitution.

Le jeune Héraclès nu, assis sur un autel, tenant sa massue, 450-400 av. J.-C., musée régional archéologique de Palerme, Italie.L’éducation, selon Périclès, repose sur des principes simples : « Nous combinons l'amour du beau avec la simplicité de la vie, et nous philosophons sans être amollis » (Thucydide, Oraison funèbre de Périclès, IVe siècle av. J.-C.).

Le célèbre homme d’État souhaite ici en fait marquer sa différence avec les us de sa cité rivale, Sparte.

Pour le petit Spartiate en effet comme pour ses sœurs, l'entrée dans l'âge adulte relève du parcours du combattant.

Tête rasée et pieds nus, ils doivent chercher eux-mêmes une nourriture forcément frugale, lutter contre le froid à l’aide d’un seul vêtement annuel, suivre un dur entraînement sportif obligatoire au sein de groupes baptisés agelai (« troupeaux »). Plutarque : « Leur éducation visait à leur apprendre à bien obéir, à endurer l’effort et à mourir au combat. » (...).


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Publié ou mis à jour le : 2016-12-17 21:08:09

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Pierre Brivot (23-12-201614:38:58)

Article bien fouillé, il manque encore beaucoup de choses récentes : en Chine, par exemple, le massacre des bébés filles est des plus actuels. On voit donc, une fois encore, que l’espèce humaine est la plus odieuse des créatures terrestres.
Cinquante pour cent des espèces ont disparu – à cause de l’homme – et l’homme lui se multiplie ; quand est-ce que le processus s’inversera pour le plus grand bonheur de la Création ?
La quantité de sauvageries commises sur des enfants dans notr... Lire la suite

Pierre Brivot (23-12-201613:57:55)

Article bien fouillé, il manque encore beaucoup de choses récentes : en Chine, par exemple, le massacre des bébés filles est des plus actuels. On voit donc, une fois encore, que l’espèce humaine est la plus odieuse des créatures terrestres.
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Pierre Brivot (23-12-201612:43:59)

Article bien fouillé, il manque encore beaucoup de choses récentes : en Chine, par exemple, le massacre des bébés filles est des plus actuels. On voit donc, une fois encore, que l’espèce humaine est la plus odieuse des créatures terrestres.
Cinquante pour cent des espèces ont disparu – à cause de l’homme – et l’homme lui se multiplie ; quand est-ce que le processus s’inversera pour le plus grand bonheur de la Création ?
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