Pompée (106 av. J.-C. - 48 av. J.-C.)

Adversaire malheureux de César

Cnaeus Pompeius Magnus, dit Pompée le Grand, figure, au même titre que César et Alexandre le Grand dans la Vie des hommes illustres de Plutarque. Général romain ambitieux, il multiplie les victoires militaires et assied la puissance de la République romaine. Ses rivals s'inclinent un à un et Pompée règne seul sur Rome, jusqu'à ce qu'il se retrouve seul face à un certain Jules César... 

Charlotte Chaulin
La mort de Pompée, anonyme, DR.
Un parcours militaire triomphal

Adolescent, Pompée sert dans l'armée aux côtés de son père Pompeius Strabo dans la guerre sociale entre Rome et les alliés italiens révoltés en 89 av. J.-C. Il se range du côté de Sylla et prend l'initiative de lever trois légions en sa faveur en 83 av. J.-C. avec lesquelles il bat les partisans de Marius en Sicile, en Afrique, puis en Italie et en Espagne.

Il est accueilli en triomphe à son retour et Sylla lui attribue le titre de « magnus» (« grand »). Si ses qualités militaires ne sont pas extraordinaires, c'est la chance qui accompagne Pompée tout au long de son parcours. Après avoir piétiné pendant quatre ans dans la guerre contre Sertorius, qui a constitué un État indépendant en Espagne, il parvient à y mettre un terme suite à l'assassinat de ce dernier par Perpenna en 72 av. J.-C. 

Dans un bain de sang et par la crucifixion de six mille esclaves, il mate la révolte de Spartacus en 71 av. J.-C. Il célèbre alors son deuxième triomphe et est élu à la prestigieuse charge de consul en 70 av. J.-C., avant même d'avoir atteint l'âge légal. 

Deux lois, la lex Gabinia (67 av. J.-C.) et la lex Manilia (66), lui confèrent des pouvoirs sans précédent : le commandement suprême de toutes les forces terrestres et navales, le droit de décider absolument de la paix et de la guerre, de lever tout impôt dans les provinces. 

Portrait de Pompée le Grand au musée du Louvre, DR.Pour lutter contre la piraterie qui ravage la Méditerranée, il arme une flotte de cinq cent galère et cent vingt mille hommes, bien plus que contre Carthage un siècle plus tôt et sans doute la plus grande flotte jamais consruite par les Romains, si les chiffres de Plutarque ne sont pas exagérés. Après seulement trois mois de combats, il porte le coup de grâce aux pirates à Coracesium (Alanya, Turquie) en 67 av. J.-C.. 

Il vainc Mithridate, roi du Pont qui mène une guerre contre Rome depuis 88 av. J.-C., sur les bords de l'Euphrate en 66 av. J.-C. et parvient à soumettre les territoires asiatiques faisant ainsi passer la plus grande partie de l'Asie Mineure et de l'Orient méditerranéen sous l'autorité romaine.

Après une tournée triomphale à travers les villes grecques, très confiant, il licencie ses troupes. De retour à Rome, il se retrouve reléguer par le Sénat et forme alors en 60 av. J.-C. un triumvirat avec César et Crassus. Pour sceller cette union, il épouse la fille de César, Julie.

Le renouvellement du triumvirat en 56 av. J.-C. s'accompagne d'un véritable partage du monde, dans lequel Pompée obtient l'Afrique, l'Espagne et Rome. 

Trop d'ambition, tue l'ambitieux

Ces nouvelles possesssions ne satisfaisant pas totalement les ambitions de Pompée, ce dernier profite de l'absence de César, engagé dans la conquête des Gaules, pour éclipser son associé et rival. Il tente alors de concilier le Sénat par sa modération affectée et le peuple par ses largesses. 

Le sénateur Caton d'Utique, arrière-petit-fils de Caton l'Ancien, convainc ses collègues du Sénat de lui confier les pleins pouvoirs avec cette formule que rapporte Plutarque : « À ceux qui ont fait les grands maux de trouver les grands remèdes » (en bref, « Aux grands maux, les grands remèdes »). Pompée est alors nommé unique consul de Rome en 52 av. J.-C. Mais les morts de Crassus à Carrhae en 53 av. J.-C. et de la fille de César le mettent face à un César qu'il sous-estime. 

Fier et suffisant, Pompée lance un senatus-consulte contre César qui se voit contraint d'abandonner son armée, alors en pleine guerre des Gaules. La guerre civile est déclarée. Une tentative maladroite, car il manque à Pompée les légions qu'il a imprudemment licenciées avant d'entrer à Rome. C'est pourtant le même homme qui disait avec suffisance : « Je n'ai qu'à frapper la terre du pied et il en sortira des légions ».

Dès que César franchit le Rubicon en janvier 49 av. J.-C., Pompée enchaîne les erreurs. Il abandonne Rome et l'Italie pour se réfugier en Grèce avec le Sénat. Les deux hommes s'affrontent finalement à Pharsale en Thessalie le 9 août 48 av. J.-C. et Pompée s'incline face à l'adversaire, alors même que ses troupes étaient deux fois supérieures aux troupes césariennes.

Déchu, Pompée fuit en Egypte, où il pense recevoir l'asile du jeune Ptolémée XIII Philaptor (13 ans), qui lui doit son trône. Mais craignant la colère de César, le gouvernement égyptien ne le laisse même pas débarquer et envoie le général Achillas l'assassiner en pleine mer, sous les yeux de sa femme et de son fils Sextus.

Lorsqu'il débarque à son tour à Alexandrie quatre jours plus tard, César se voit remettre avec horreur la tête de Pompée et son anneau. Faisant peu de cas de la bassesse de Ptolémée, il se montre surtout sensible au charme ravageur de sa grande sœur, une certaine Cléopâtre

Le fils aîné de Pompée, Cneius Pompeius Magnus (76 av. J.-C. - 45 av. J.-C.) est tué à Munda, en Espagne, alors qu'il poursuivait la lutte contre César. Le nouveau dictateur de Rome est trop puissant, il faudra plus d'un homme pour en venir à bout...

La mort de Pompée vue par Corneille

Ptolémée s'adresse à Achillas :

« Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome,
A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme.
Abattons sa superbe avec sa liberté ;
Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté ;

Tranchons l'unique espoir où tant d'orgueil se fonde,
Et donnons un tyran à ces tyrans du monde :
Secondons le destin qui les veut mettre aux fers,
Et prêtons-lui la main pour venger l'univers.

Rome, tu serviras ; et ces rois que tu braves,
Et que ton insolence ose traiter d'esclaves,
Adoreront César avec moins de douleur,
Puisqu'il sera ton maître aussi bien que le leur.

Allez donc, Achillas, allez avec Septime
Nous immortaliser par cet illustre crime.
Qu'il plaise au ciel ou non, laissez-m'en le souci.
Je crois qu'il veut sa mort, puisqu'il l'amène ici. »

La mort de Pompée, Pierre Corneille, Acte I, scène I


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César
Publié ou mis à jour le : 2020-01-07 17:19:05

 
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