8 novembre 1942

Débarquement en Afrique du Nord

Le 8 novembre 1942, les troupes anglaises et américaines débarquent en Afrique du Nord sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower. C'est l'opération « Torch ». On peut y voir le premier des débarquements alliés dans l'espace nazi, avant ceux de Sicile, Normandie et Provence...

André Larané
Débarquement américain sur la plage près d'Oran (opération Torch, 8 novembre 1942)
Une idée de Churchill

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française (départements d'Algérie, protectorats du Maroc et de la Tunisie) s'était placée sous l'autorité du gouvernement de Vichy, lui-même inféodé à l'occupant allemand.

L'idée d'un débarquement en Afrique du Nord revient à Winston Churchill. Dans la guerre contre l'Allemagne, le premier ministre britannique a toujours manifesté une prédilection pour les attaques périphériques, à l'opposé de ses alliés américains qui auraient préféré une attaque frontale avec, dès 1942, un débarquement sur les côtes françaises.

Pour Churchill, l'opération « Torch » présente le double avantage de soutenir l'armée britannique qui, sur le front égypto-libyen, résiste à l'Afrika Korps de Rommel, et d'offrir une base commode pour un futur débarquement sur les côtes européennes.

Un total d'environ 100 000 hommes est mobilisé en grand secret pour débarquer à Casablanca, Oran et Alger. Il s'agit de soldats américains à l'exception de 20 000 Britanniques qui débarquent à Alger.

À sa grande colère, le général de Gaulle, chef de la France Libre, n'est même pas informé de l'opération. Ce mépris des Alliés à son égard est d'autant plus injuste qu'un mois plus tôt, à Bir Hakeim, les Français Libres du général Koenig ont apporté une contribution décisive à la victoire alliée d'El Alamein.  

Résistance insensée des Français

Au dernier moment, à Alger, tandis que les flottes d'invasion sont déjà en vue des côtes, le consul américain Murphy va voir le général Juin, commandant en chef des troupes françaises d'Afrique du Nord, et le prie de bien vouloir s'abstenir de leur résister. Embarrassé, le général renvoie le consul vers son supérieur, l'amiral François Darlan, dauphin du maréchal Pétain, qui se trouve par hasard à Alger où il est venu rendre visite à son fils malade.

Darlan ressent comme un camouflet l'initiative anglo-saxonne. Il donne d'abord l'ordre de résister à l'invasion avec le risque que cela permette aux Allemands, présents en Tunisie, de se ressaisir et de renvoyer les Anglo-Saxons à la mer. Mais il finit par signer la reddition d'Alger après un baroud d'honneur. Même chose à Oran, où le général Eisenhower débarque à la nage, sa jeep ayant chaviré.

À Casablanca, il en va bien autrement. La flotte d'invasion bombarde la ville et frappe également deux navires remplis de réfugiés civils en provenance de Conakry et de Dakar, qui entraient malencontreusement au même moment dans le port.

Après trois jours de combats, on comptera au total environ 1400 morts du côté français, essentiellement à Casablanca, et 400 morts du côté allié. L'Afrique du Nord passe alors sous le contrôle anglo-américain... tout en conservant l'administration et les lois de Vichy.

Le choix de Darlan

Nonobstant ses graves compromissions avec les Allemands, l'amiral Darlan reçoit le titre de « haut-commissaire pour l'Afrique du Nord » à l'initiative du président américain Franklin Roosevelt. Il est vrai que ce dernier s'est laissé convaincre que le régime de Vichy était prêt à basculer du côté allié par l'ambassadeur de Vichy à Washington, Alexis Léger, plus connu en littérature sous le nom de Saint John Perse.

Cette décision suscite beaucoup de remous dans les cercles gaullistes, en Angleterre, ainsi que dans les maquis de France. Darlan sera assassiné à Alger le 24 décembre 1942 par un jeune fanatique royaliste et la fonction de haut-commissaire sera reprise par l'intègre et naïf général Henri Giraud, rival du général de Gaulle, en lequel le président américain persiste à ne voir qu'un intrigant.

Le reflux de l'Axe

Hitler va réagir à l'invasion de l'Afrique du Nord par l'occupation de la « zone libre », en France, en violation des accords d'armistice du 22 juin 1940 avec le maréchal Pétain. C'est l'opération « Attila ». La flotte française en rade à Toulon se saborde le 27 novembre sur ordre de l'amiral Jean de Laborde, pour échapper aux Allemands sans avoir à se livrer aux ennemis traditionnels de la marine française, les Anglais !

Les Allemands et leurs alliés italiens occupent d'autre part la Tunisie, protectorat français que revendique l'Italie. C'est ainsi que les 70 000 juifs tunisiens vont devoir se soumettre au port de l'étoile jaune, cas unique hors du continent européen...

Cependant, dans le désert libyen, à El-Alamein, le général Montgomery repousse l'Afrika Korps de Rommel. Pris en tenaille, les Allemands et les Italiens n'ont pas d'autre issue que de se retrancher sur Bizerte, en Tunisie, d'où ils regagneront l'Europe en mai 1943. C'est la première reculade des nazis depuis le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

En janvier 1943, Roosevelt et Churchill se retrouvent à Casablanca pour une conférence où ils préparent la libération complète de l'Afrique du Nord et l'invasion de la Sicile.

Publié ou mis à jour le : 2020-02-11 15:05:13

 
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