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8 mai 1429

Jeanne d'Arc délivre Orléans


Le 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège d'Orléans après que Jeanne d'Arc soit montée à l'assaut de leurs défenses.

C'est le premier succès de celle qui sera plus tard surnommée la Pucelle d'Orléans (pucelle au sens ancien de jeune fille).

Un enjeu stratégique

Cité importante et bien défendue par près de 3 kilomètres de remparts, Orléans est un enjeu stratégique essentiel entre les possessions anglaises et celles du dauphin Charles. Elle tient un pont unique sur la Loire, défendu par la bastide des Tourelles. 

Mais les Anglo-Bourguignons, réunissant toutes leurs forces disponibles, attaquent ladite bastille et s'en emparent le 24 octobre 1428. Dès lors commence le siège de la ville.

Les Anglais et leurs alliés bourguignons, au nombre de quelques milliers au total, sont trop peu nombreux pour encercler complètement la ville. Ils se contentent de la ceinturer avec une douzaine de bastilles plus ou moins solides.

Siège d'Orléans en 1429 (Les Vigiles de Charles VII, par Martial d'Auvergne, 1487, BNF)

Le général anglais Salisbury est tué d'un boulet lors d'une inspection et remplacé par le général Talbot, auquel est associé le général  Suffolk, sous le haut commandement du régent, le duc de Bedford.

Le 12 février 1429, les troupes orléanaises tentent une attaque contre un convoi de trois cents chariots de harengs destiné à ravitailler les assiégeants. Elles sont commandées par Jean Dunois, comte de Longueville, surnommé le Bâtard d'Orléans car fils illégitime de feu le duc Louis d'Orléans. 

Bien que supérieures en nombre, ces troupes sont piteusement défaites par l'escorte franco-anglaise de sir Falstoff et doivent se replier en laissant de nombreux morts sur le terrain. Éventrés par les boulets, les chariots déversent sur le sol leur cargaison de harengs.

Après cette humiliante «journée des harengs», la capitulation d'Orléans semble n'être plus qu'une question de jours et risque d'anéantir les dernières chances de Charles VII et de la dynastie des Valois.

Jeanne séduit les soudards

Jeanne d'Arc à l'étendard, croquis réalisé du vivant de l'héroïne, par Clément de Fauquembergue (musée Jeanne d'Arc, Rouen) À Chinon, Jeanne Darc, arrivée le 25 février 1429, convainc le roi Charles VII de lui confier une petite troupe.

Jean d'Aulon, un solide écuyer d'une quarantaine d'années, qui lui restera toujours fidèle, fait son éducation militaire.

Quand elle se présente en avril 1429 devant les chefs de l'armée royale dans son armure de capitaine avec la prétention de libérer Orléans, ceux-ci la tournent d'abord en dérision.

Mais son énergie et sa foi ont vite fait de lui rallier ces énergiques capitaines : Étienne de Vignolle, seigneur de La Hire (qui deviendra le valet de coeur dans les jeux de cartes), le duc d'Alençon, Poton de Xaintrailles et le Bâtard d'Orléans lui-même.

NB : Gilles de Rais, qui sera plus tard supplicié en raison de ses crimes sur des enfants et inspirera le personnage de Barbe-Bleue, ne figure pas parmi les proches de Jeanne contrairement à une légende.

Les rudes soldats acceptent même de mettre un bémol à leurs jurons et de renvoyer les ribaudes et prostituées qui s'attachent d'ordinaire à leurs pas.

Orléans accueille Jeanne

Jeanne Darc et sa troupe arrivent à point nommé devant Orléans. Le 29 avril, la Pucelle fait entrer son armée dans la ville en évitant les Anglais et défile avec le Bâtard d'Orléans, qui défend la cité depuis plusieurs mois.

Jeanne fait son entrée à Orléans (Jean-Jacques Scherrer (1855-1916), 1887, musée des Beaux-Arts, Orléans)

Après plusieurs sorties à la tête de ses troupes, Jeanne oblige l'ennemi à s'enfermer dans les bastilles qui ceinturent la ville. Les assiégeants deviennent, à leur tour, assiégés. Sans relations entre eux, ils ont le plus grand mal à se soutenir les uns les autres.

Les troupes du Dauphin décident d'attaquer l'une après l'autre ces bastilles.

Le 4 mai, la Pucelle est réveillée en sursaut par son page Louis de Coutes : on se bat autour de la bastille de Saint-Loup, la moins bien gardée par les Anglais. Elle se précipite avec son étendard et dans l'enthousiasme de l'assaut, les Orléanais emportent la bastille. 

Après une journée d'actions de grâce, c'est le 6 mai la prise du fort des Augustins. Le lendemain 7 mai, au petit matin, après la messe habituelle, Jeanne et ses troupes se lancent à l'attaque de la dernière bastille, les Tourelles.

La Pucelle paye de sa personne en montant elle-même à l'assaut des murs. Elle est blessée d'une flèche à l'épaule. Quand le soir tombe, les assaillants français sont épuisés et le Bâtard d'Orléans s'apprête à donner le signal de la retraite.

Jeanne, qui s'est retirée à l'écart pour se reposer et prier, voit cela. Elle agite sa bannière, donnant le signal d'un ultime assaut. Le capitaine anglais Glasdale, qui commande la bastille, tombe des murailles et se noie dans le fleuve. La bastille est prise. Les liaisons sont rétablies entre Orléans et le sud de la Loire.

Le lendemain, l'armée anglaise se met en ordre de bataille dans la plaine. Mais Jeanne refuse le combat car ce jour est un dimanche. Le capitaine John Talbot, qui commande l'armée anglaise, comprend qu'il n'a plus rien à gagner s'il reste là. Il lève le siège et se retire. Succès sur toute la ligne.

Publié ou mis à jour le : 2015-05-10 21:26:55

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Narbait (10-09-201619:19:11)

Personnellement, j'aime beaucoup l'idée que Jeanne est un mythe fabrique pour motiver les troupes et que le personnage qui a joue le rôle de "La Pucelle" s'est fait dépasser par son propre rôle. Et j'aime assez l'idée que tout le monde a suivi le mythe jusqu'à n'en plus pouvoir démordre.

Michèle Ressi (03-08-201215:35:16)

Très clair, histoire de prendre son élan, pour entrer dans l'armure et le coeur de Jeanne, dans ce contexte et ce décor très précis.
Merci à Hérodote et AL. !


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