Au matin du samedi 7 octobre 2023, un demi-siècle jour pour jour après le début de la guerre du Kippour, les Israéliens sont réveillés par des milliers de roquettes tirées de la bande de Gaza. Dans le même temps, des centaines de Palestiniens en armes franchissent la barrière de sécurité qui sépare le territoire de l'État d'Israël. Ils fondent sur les kibboutzim et les villes des environs (Sderot) et massacrent toutes les personnes qu'ils viennent à croiser, y compris des nourrissons, des malades, des vieillards et des femmes enceintes.
D'autres terroristes atterrissent en deltaplane ou parapente aux abords d'une rave party, le festival Supernova. Ils poursuivent et massacrent les festivaliers avant que l'armée israélienne, Tsahal, ait le temps d'invervenir.
L'opération a été soigneusement préparée par l'organisation islamiste Hamas, qui tient sous sa férule les Gazaouis (habitants de la bande de Gaza) et bénéficie du soutien actif de la République islamique d'Iran. L'attaque terroriste aux allures de pogrom (dico) fait plus de 1200 morts et trois mille blessés cependant que deux cent cinquante personnes sont kidnappées et emmenées comme otages à Gaza.
Une riposte surdimensionnée
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a répliqué sans tarder à l'agression du Hamas en lançant l’opération « Sabre de fer », avec des bombardements intensifs et meurtriers sur la bande de Gaza. Six cents jours après, fin juin 2025, cette opération aura déjà causé environ 51 000 morts dont 23 000 combattants et 28 000 civils sur une population de 2,3 millions de Gazaouis cependant que 92% des bâtiments ont été touchés selon Amnesty International. Elle aura aussi entraîné la mort de quatre cents soldats israéliens...
Avec la mort de 2 à 3% de la population gazouie et l'absence de massacres intentionnels de civils, cette risposte ne justifie pas, à proprement parler, le qualificatif de « génocide ». Elle n'en reste pas moins d'une extrême violence, surdimensionnée par rapport au progrom du 7-Octobre. C'est aussi, et de loin, la plus meurtrière opération jamais menée par les Israéliens (note).
Benyamin Netanyahou ne s'en tient pas là. Il profite du mutisme des pays arabes voisins pour attaquer l'Iran, par-dessus les deux mille kilomètres qui séparent ce pays de l'État hébreu. Par l'opération « Am Ke Lavi » (« Un peuple comme un lion »), l'aviation israélienne procède à des frappes violentes dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juin 2025 en ciblant des installations du programme nucléaire iranien et d’autres sites militaires à travers le pays. Le chef des Gardiens de la révolution, Hossein Salami, et le chef d’état-major, Mohammed Bagheri, sont tués ainsi que plusieurs hauts dirigeants militaires.
L’Iran riposte en lançant une vague de plusieurs centaines de drones et de missiles sur Israël. En dépit de la défense antiaérienne, fièrement qualifiée de « Dôme de Fer », plusieurs de ceux-ci touchent des immeubles et des habitations...
Là-dessus, dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2025, les États-Unis du président Donald Trump entrent activement dans le conflit avec des bombardiers B-52 et B-2 de la dernière génération qui ont frappé trois sites nucléaires iraniens, à Fordo, Natanz et Ispahan.
De la sorte, le Premier ministre israélien et le président américain souhaitent d'une part empêcher la République islamique d'accéder à l'arme nucléaire, dans la crainte qu'elle ne l'utilise pour frapper la Terre Sainte, d'autre part faire tomber le régime, lequel ne tient que par la répression.
Mais en attendant que cette « guerre de Douze Jours », ainsi qualifiée par Benyamin Netanyahou, entraîne l'effondrement du régime des mollahs, c'est la cohésion de la société israélienne qui est mise à l'épreuve. C'est ainsi qu'en Cisjordanie, les soldats de Tsahal se voient agressés par les colons juifs avides d'en découdre avec leurs voisins musulmans (note) !
Empêtré dans une crise parlementaire et constitutionnelle majeure qui aurait pu l'amener en prison, Benyamin Netanyahou (75 ans) a été « sauvé » par le pogrom du 7-Octobre, tous les Israéliens ayant alors fait bloc avec leurs gouvernants et mis en veilleuse leurs différents politiques.
Lui-même porte une responsabilité écrasante dans le déclenchement de cette crise majeure. Étoile montante du Likoud, grand parti de la droite libérale et nationaliste fondé en 1973 par Menahem Begin, il a dans les années 1990 dénoncé sans trêve les accords d'Oslo et le projet de partage de la Terre Sainte entre Israël et un État palestinien, soutenu par Itzahak Rabin et Shimon Peres.
Peu après l'assassinat du Premier ministre Itzahak Rabin, le 4 novembre 1995, par un extrémiste juif, il devient lui-même Premier ministre le 29 mai 1996. À ce poste, pendant trois ans, il favorise les implantations de colons juifs en Cisjordanie (Judée-Samarie).
De retour dans l'opposition, Netanyahou accède en 2005 à la présidence du Likoud. Il revient à la tête du gouvernement le 31 mars 2009 grâce à une coalition avec les micro-partis religieux partisans de la colonisation de la Cisjordanie. Pendant douze ans, il va mener celle-ci tambour battant.
Pour donner du crédit à sa politique et convaincre l'opinion publique de l'irréalisme de la solution à deux États, il va concourir en sous-main au financement du mouvement terroriste Hamas qui règne dans la bande de Gaza et à l'opposé, humilier les gens du Fatah, plus accommodants, qui administrent la Cisjordanie. Par ailleurs, l'armée va être mobilisée tant et plus en Cisjordanie pour protéger les implantations de colons cependant que sera délaissée la surveillance de la frontière avec Gaza... jusqu'au 7 octobre 2023.











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Voir les 9 commentaires sur cet article
Béatrice (14-08-2025 10:47:55)
Je note beaucoup d'essentialisation des différentes "ethnies" ou "religions" : juif, musulman... et vous mettez tout le monde dans le même sac... bien sûr que les religions jouent un rôle et que l... Lire la suite
Christian (08-08-2025 08:08:37)
L'idée de "relocaliser" les Arabes palestiniens (dans le Sinaï, dans la péninsule arabique ou ailleurs) est tout de même une forme de "purification ethnique" comme celle dont rêvaient les extrém... Lire la suite
Nours11 (06-08-2025 16:48:32)
Bonjour à toutes et à tous, sur l’épineuse question du conflit israélo-palestinien nous nous positionnons souvent dans le rationnel ou l’émotionnel. Le rationnel s’appuie sur des fa... Lire la suite