4 septembre 1970

Élection contestée de Salvador Allende

Salvador Allende (Santiago-du-Chili, 26 juin 1908 - 11 septembre 1970), avec sa femme  Hortensio Bussi et sa fille IsabelLe 4 septembre 1970, le socialiste Salvador Allende est élu président de la République du Chili. Il n'obtient cependant que 37% des voix avec une coalition fragile qui va du centre à l'extrême-gauche maoïste. Le reste des voix se partage entre ses deux adversaires de droite.

L'hostilité de l'opposition au président ne cessera de se renforcer jusqu'à sa mort tragique, trois ans plus tard…

De la droite réformiste à la gauche révolutionnaire

Le 26 février 1964, Eduardo Frei, candidat démocrate-chrétien, est élu à la présidence de la République sur un programme réformiste qui a les faveurs de l'Église (partage des terres, nationalisation des mines de cuivre qui font la richesse du pays...).  Il établit aussi des relations diplomatiques avec Fidel Castro.

Ses réformes entraînent une surenchère à gauche où se développent des mouvements révolutionnaires violents d'inspiration guévariste, trotskyste ou maoïste, tel le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire).

Salvador Allende prend la tête d'une coalition de gauche, l'Unité populaire (UP), qui va du parti radical (centre réformiste) à cette extrême gauche révolutionnaire en passant par les communistes. Le parti socialiste de Salvador Allende se situe lui-même plus à gauche que le parti communiste et aspire à rien moins qu'à la rupture avec le capitalisme.

Le 4 septembre 1970, il est élu à la présidence de la République avec 36,3% des suffrages, face à deux candidats de droite : le candidat du Parti national (35% des suffrages) et le démocrate-chrétien (27,8% des suffrages), lâché par le patronat et les États-Unis qu'ont irrités les réformes d'Eduardo Frei.

En l'absence de majorité absolue, la Constitution confie au Sénat le soin d'arbitrer l'élection. C'est ainsi que les sénateurs démocrates-chrétiens joignent leur voix à la gauche pour valider l'élection de Salvador Allende. Ils espèrent la poursuite des réformes d'Eduardo Frei dans le respect des règles démocratiques.

Pour la première fois, un marxiste accède par les urnes à la tête d'un pays d'Amérique latine. C'est un électrochoc dans l'opinion internationale et en particulier dans la gauche française, où l'on se prend à rêver à l'impensable : l'établissement d'une société communiste par la voie constitutionnelle.

En dépit d'un électorat minoritaire et d'une coalition hétérogène, les premiers mois du nouveau président sont euphoriques. La nationalisation des mines de cuivre, engagée par le précédent président, est votée à l'unanimité. Considérant les profits exorbitants réalisés par les anciens propriétaires, les parlementaires s'abstiennent de les indemniser. Les autres grandes entreprises du pays sont également nationalisées. La réforme agraire est menée à son terme. Les salaires sont augmentés et les prix bloqués.

Ces mesures sociales de Salvador Allende sont toutefois jugées trop modérées par  l'extrême-gauche révolutionnaire (MIR), qui s'engage dans l'action violente...

Publié ou mis à jour le : 2021-06-19 15:58:57

 
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