Le 10 mai 1940, Hitler met fin à la « drôle de guerre » entre les armées franco-britanniques et allemandes. La Wehrmacht rompt le front occidental et le 15 mai, ses chars franchissent la frontière française à Sedan. Dans les deux semaines suivantes, rien ne semble plus arrêter les Allemands. Le 29 mai, face à cette progression ultra-rapide, le président du Conseil Paul Reynaud, envisage un réduit national en Bretagne.
Son but est triple : 1) Retarder les Allemands. 2) Permettre au gouvernement et à un maximum de troupes de partir en Angleterre pour ne pas être faits prisonniers. 3) Ultérieurement rejoindre l’Afrique du Nord pour y poursuivre la guerre. Malheureusement, un tel projet ne peut pas se mettre sur pied en pleine guerre, d’autant que le généralissime Weygand y est opposé. « Le réduit breton » est alors abandonné en Conseil des ministres le
13 mai à Tours. En dépit de cet abandon, et du maréchal Pétain qui, le 17 juin depuis Bordeaux, demande un cessez-le-feu, des combats valeureux vont avoir lieu entre les 18 et 20 juin, à Lorient, Brest, Cherbourg et Saumur. Ces combats, premiers actes de résistance, vont permettre la sauvegarde de la flotte française qui pourra quitter les arsenaux sans être capturée.
Venu à l’Histoire après une carrière dans l’aéronautique, François Gatineau a orienté ses recherches sur le gouvernement et l’armée de la France dans la « drôle de guerre » et jusqu’à la cessation des combats militaires (1er septembre 1939-25 juin 1940. Il en a tiré successivement trois ouvrages publiés par les éditions L’Artilleur : Les trois jours qui ont fait tomber la France (2023) raconte les tensions au sein du gouvernement, à Tours, entre le 11 et le 13 juin ; 1940, la guerre des Alliés commence en Scandinavie (2024) évoque les combats autour de Narvik dans toute leur complexité ; enfin, Résister à l’Ouest (2026) rappelle la tentative avortée de constituer un ultime bastion de résistance en Bretagne et raconte les derniers combats héroïques de juin 1940. Le récit ci-dessous est tiré de cet ouvrage.
La faillite du plan Gamelin
L’invasion allemande a débuté le 10 mai en Belgique, en Hollande et au Luxembourg.
Maurice Gamelin (77 ans), commandant en chef des forces françaises, a alors lancé la IXème Armée en Belgique, selon un plan qu’il avait élaboré tout seul. Son idée est de parvenir avant les Allemands sur une ligne de défense constituée par la Dyle, entre Namur et Charleville.
Son état-major a calculé que sept jours seraient nécessaires pour atteindre cet objectif et que dans cette hypothèse, les Français arrivant les premiers, il n’y aurait pas de bataille de rencontre.
Le général Gamelin veut ainsi déporter les combats hors de France ! Persuadé que les Français atteindraient la Dyle en premier, il n’a pas imaginé un seul instant que les parachutistes allemands se rendraient maîtres de tous les axes routiers et de toutes les agglomérations hollandaises en seulement 48 heures. Dès le 12 mai, la ruée en Belgique est un échec et les généraux Blanchard et Corap sont obligés de reculer.
Pendant que les parachutistes allemands, telle la muleta du matador, focalisent l’attention des Alliés, la 12e armée du général List fonce vers la Meuse et l'Ardenne belge. Tous les ponts routiers sur la Meuse ont été détruits pour stopper les Allemands. Mais à Houx, en Belgique, près de Namur et Yvoir, une écluse a été oubliée et dès le 13 mai au soir l’ennemi franchit le fleuve et s’installe sur la rive ouest.
C'est ainsi que les trois Panzerdivizions du général Guderian, fonçant sans être vues à travers le massif forestier de l’Ardenne belge, atteignent la frontière française dans le secteur de Sedan. Les troupes françaises qui défendent le secteur de Sedan sont des séries B. Ce sont principalement des réservistes car cette région n’était pas considérée comme stratégique depuis que le maréchal Philippe Pétain avait décrété la forêt des Ardennes infranchissable.
Dans les deux jours qui suivent, les Panzers s’engouffrent dans cette brèche et poursuivent leur pénétration qui atteint rapidement 50 kilomètres de profondeur.
Dès le 15 mai, les Allemands modifient l’orientation de leur percée et remontent en direction des côtes de la Manche. Leur but est de prendre à revers, toutes les divisions alliées qui constituent le front du Nord-Est. Dès lors, la ligne Maginot et les unités d’élite qu’elle abrite a été contournée et elle n’aura servie à rien.
Conséquence de cette progression fulgurante des Allemands, et face à la déroute des Alliés, Maurice Gamelin est limogé le 18 mai par le président du Conseil. Il le remplace par le général Maxime Weygand (73 ans) qui, dans sa longue carrière militaire, n’a jamais conduit une seule unité au combat. C’est un pur officier d’état-major et sa grande notoriété, il la doit au fait d’avoir été le bras droit du maréchal Ferdinand Foch pendant la Grande Guerre.
Le 21 mai, Weygand se rend sur le front pour la première fois. Pendant cette unique journée qu’il va passer au contact des armées du Nord-Est, il se rend parfaitement compte que la situation est grave et que le risque d’une défaite totale existe.
Cette éventualité, il la développe au cours du dramatique Comité de Guerre du 29 mai. Sont présents le président du Conseil Paul Reynaud, le maréchal Pétain qui a été nommé vice-président du Conseil et les commandants en chef des trois armes.
Le baroud d’honneur de Reynaud
Pour contrer le pessimisme de Weygand qui a déjà baissé les bras, Reynaud évoque alors pour la première fois l’idée d’un réduit national autour du port de Brest. Le procès-verbal de ce Comité ne fait état d’aucune remarque particulière. En conséquence, l’après-midi même, Paul Reynaud rédige une note qui va fixer les objectifs et les dispositions à prendre pour ce qui va devenir le « réduit breton ».
Au Comité de Guerre du lendemain, le 30 mai, le général Weygand ne s’oppose pas au projet, mais il fait remarquer que l’aspect logistique est complexe. Pour pallier cette difficulté, l’amiral François Darlan suggère d’associer un deuxième port militaire en s’appuyant sur Cherbourg. Le réduit breton va donc inclure à compter de ce jour le Cotentin normand.
Mais le 31 mai, Weygand s’oppose violemment au projet, en assénant que le réduit breton « ce ne sont que deux mots, et rien que des mots. »
Du fait de son opposition, rien n’est préparé en Bretagne. Des entrepreneurs sont néanmoins consultés afin de chiffrer la ligne de défense à construire, soit 180 kilomètres entre la Rance et la Vilaine. Il y faudrait 25.000 ouvriers et deux mois de travaux !
Les préfets concernés s’adressent alors à tous les maires et des directives sont alors éditées dans le cadre de la Défense passive. Il est conseillé de construire des abris dans les jardins, et de creuser des tranchées au sortir des écoles pour protéger les écoliers. Toutes ces dispositions, aux aspects parfois dérisoires occupent les préfectures concernées pendant les dix premiers jours du mois de Juin.
Pendant que les préparatifs du réduit breton se mettent lentement en place, la guerre continue. Entre le 1er et le 5 juin, il y a une certaine accalmie car les Allemands se réorganisent.
Les Alliés en font autant sous la forme de nouvelles dispositions que l’on appelle « le plan Weygand ». Ce plan, à partir de la Somme, consiste à contre-attaquer au nord, vers Dunkerque, mais également au sud. Pour la première fois, au bout de vingt jours de guerre, il ne s’agit plus de colmater le sempiternel front continu, mais d’attaquer l’ennemi sur ses flancs.
Le 5 juin, les Allemands lancent leur offensive sur la Somme et le plan Weygand tient bon ; mais dès le lendemain la Somme est franchie. Le 6 juin le plan Weygand est mort, les chars allemands traversent la Normandie et, le 9 juin, ils franchissent la Seine au sud de Rouen. Les divisions allemandes se séparent en deux directions opposées. Le général Rommel poursuit en Normandie en direction de Cherbourg cependant que Guderian descend le long de la Seine via Évreux et Chartres avec pour objectif final d’atteindre Paris.
Le 10 juin, Weygand adjure Reynaud de quitter Paris (comme en 1870 et en 1914 !). Le gouvernement se réfugie alors en Touraine et, le 11 juin, a lieu à Briare un Conseil Suprême avec les Anglais. Le Premier ministre Winston Churchill demande à Reynaud où en est la tête de pont en Bretagne. Paul Reynaud répond évasivement.
Mais le lendemain 12 juin, il dépêche à Rennes le général Charles de Gaulle pour coordonner les travaux de fortifications avec le commandant de la région militaire de Bretagne, le général Robert Altmayer.
Une semaine plus tôt, de Gaulle, fort de sa « victoire » de Montcornet, a été élevé au grade de général et nommé sous-secrétaire d’État à la guerre. Il est censé épauler le Président Reynaud. Pour cette raison, certains lui attribuent la paternité du réduit breton, ce qu’il récusera dans ses Mémoires de Guerre.
Le 12 au soir au château de Cangé, en banlieue de Tours, a lieu un Conseil des ministres et Paul Reynaud évoque pour la première fois, devant le gouvernement, son projet de se replier en Bretagne et ultérieurement en Afrique du Nord pour y poursuivre la guerre depuis l’Empire français. La surprise est très grande chez tous les participants. Aucun d’entre eux ne soutient cette idée et le maréchal Pétain s’y oppose vigoureusement, précisant pour la première fois, que jamais il ne quittera le sol de France. C’est le thème qu’il développera deux jours plus tard à Bordeaux et qui l’amènera au pouvoir.
Après ce Conseil, très tard dans la soirée, au château de Chissay, la résidence provisoire de Paul Reynaud, le général de Gaulle essaie de lui rendre compte de son voyage à Rennes et de ce qu’il a tenté de mettre en œuvre. Reynaud l’écoute à peine et lui fait comprendre que personne en Conseil des ministres ne l’a soutenu. Le 13 juin, il renonce au réduit breton et annonce que le gouvernement prendra la route de Bordeaux dès le lendemain.
Héros oubliés de la dernière heure
Le projet de réduit breton a donc été abandonné le 13 juin en Touraine, mais en Bretagne et en Normandie, personne n’est encore informé de cette décision.
Le 14 juin, de retour de Narvik (Norvège) où elle s’est illustrée, la demi-brigade de la Légion Étrangère (DBLE) du général Antoine Béthouart débarque à Brest pour aller défendre le « réduit breton » mort-né !
À Cherbourg, venant de Dunkerque, avec le même objectif, c’est la division du général britannique Alan Brooke qui arrive. Brooke se précipite à Briare où le Haut-Commandement est encore installé pour quelques heures et avec le général Béthouart, sous l’autorité du généralissime Weygand, un ordre tripartite est signé.
Les deux généraux repartent avec pour mission la défense du réduit breton. Si le général Béthouart ne se pose pas de questions et entreprend immédiatement des travaux de fortification à Pontorson, il n’en est pas de même avec le général Brooke qui a parfaitement réalisé que le général Weygand ne croyait pas un seul instant dans la réussite de cette entreprise.
L’après-midi même, Brooke fait état de ses doutes au téléphone auprès du War Office de Londres. Tard le soir, n’ayant pas eu de retour du ministère, il joint directement Winston Churchill à qui il explique que rien n’est prêt pour défendre la Bretagne, que Weygand lui-même n’y croit pas, et que l’entreprise est vouée à l’échec. Selon lui cette affaire se soldera par une évacuation dramatique comme à Dunkerque. Churchill lui donne alors l’ordre de rentrer sans délai en Angleterre.
Dès le 15 juin, les 135.000 Britanniques du général Brooke et les 20.000 Polonais qui venaient de débarquer la veille repartent via Cherbourg et Saint-Malo.
À Brest, le 16 juin, le général Jean Charbonneau, qui n’est pas au courant que le réduit breton a été abandonné, prend ses dispositions pour bâtir son réduit brestois. Il organise une défense à une trentaine de kilomètres de Brest.
Mais pendant ce temps, en soirée à Bordeaux, face à une déroute militaire que rien ne peut plus entraver, le président Paul Reynaud démissionne et conseille au président de la République Albert Lebrun de faire appel au maréchal Pétain pour lui succéder. A 23 heures 30 le ministère Pétain est constitué et prend pour seule décision, ce soir-là, de solliciter un armistice auprès des autorités allemandes via l’ambassadeur espagnol José Félix de Lequerica.
Le 17 juin à 13 heures, sans en avoir parlé à personne, le maréchal Pétain fait une déclaration à la radio. S’adressant à la nation, mais également à tous les militaires, il prononce une phrase maladroite, tristement célèbre : « C’est le cœur serré que je vous demande de cesser le combat ».
Cet appel, partout en France, mais encore plus en Bretagne, sème le chaos. Certains soldats crient « La guerre est finie » et jettent leurs armes. D’autres, au contraire, ne veulent pas y croire. Que « le vainqueur de Verdun » appelle à capituler, pour certains cela semble impossible. Les réactions sont alors diverses.
Le lendemain 18 juin, les Allemands rentrent dans Rennes sans aucun combat, les militaires se conformant à l’ordre donné par le maréchal Pétain ! L’historien et futur résistant Marc Bloch, qui se trouve à Rennes, a décrit ce moment tragique dans son livre L’étrange défaite.
Les Allemands ne s’arrêtent pas dans Rennes qui ne présente pour eux aucun aspect stratégique. Ils foncent vers Brest pour s’emparer de la rade et de l’arsenal.
Le général Jean Charbonneau, sur les routes qui conduisent à Brest, a organisé des « bouchons ». C’est le maximum qu’il puisse faire avec les seuls 75 canons dont il dispose.
Il va néanmoins réussir à bloquer les Allemands pendant vingt-quatre heures. Quand il rend son épée, le 19 juin, les Allemands découvrent que la rade est vide. Grâce aux « bouchons » de Charbonneau, la totalité des 83 navires militaires a pu prendre le large. Pas moins de 43 bâtiments civils ont pu en faire autant.
À Lorient sous la houlette de l’amiral Hervé de Penfentenyo, les 50 navires militaires ont pu aussi s’échapper, dont le Victor Schelcher avec à son bord 277 tonnes d’or de la Banque de France.
À Cherbourg c’est l’amiral Jules Le Bigot qui s’illustre. La Marine est invaincue et pour lui il n’est pas question de se rendre, alors que le maire, le docteur Renault le lui demande pour épargner sa ville !
Avec l’aide d’une association d’anciens combattants de 14-18 et d’une centaine de jeunes munis de fusils de chasse, il organise une première ligne de défense au sud, entre La Haye et Carentan dont il inonde les marais. Cela retarde les Panzers pendant vingt-quatre heures.
Lorsque Rommel arrive en vue de Cherbourg il est vivement bombardé depuis tous les fortins qui entourent l’arsenal mais également depuis les cuirassés qui sont en mer. La résistance fait rage pendant deux jours. Le 19 juin, l’amiral Le Bigot est obligé de se rendre car il n’a plus de munitions.
Une résistance s’organise également à Saumur, c’est-à-dire sur la route qui mène à Saint-Nazaire. Dans le cadre du plan Weygand, le colonel Charles Michon qui dirige l’École de la Cavalerie de Saumur, avait été chargé de protéger les rives de la Loire, sur trente-deux kilomètres de part et d’autre de la ville.
Le 14 juin, le jour où les Allemands entrent dans Paris, il arrête ses cours et il prend des dispositions pour défendre le fleuve. Pour se battre, il ne dispose que de son armement, destiné à la formation de ses élèves, les EAR (Élèves Aspirants de Réserve). Il commande alors huit cents élèves auxquels se joignent les six cents jeunes de l’école militaire de Saint-Maixent. Ce sont donc moins de mille cinq cents EAR qui vont affronter deux divisions allemandes totalisant 40.000 hommes. Ils se battent alors à un contre trente.
Le maire de Saumur, Robert Amy, voulant protéger sa cité et ses administrés, conjure le colonel Michon de renoncer à se battre. Peine perdue, pour le colonel, l’honneur de la Cavalerie commande de résister.
Les combats commencent au matin du 18 et le colonel fait sauter tous les ponts sur la Loire. Les Allemands sont bloqués et doivent s’organiser en utilisant des barges flottantes en amont de Saumur. Les combats se poursuivent toute la journée du 19. Le 20 juin, commençant à manquer de munitions, le colonel Michon décide de se rendre.
Une centaine d’EAR ont déjà perdu la vie. Il y a de nombreux blessés dans la ferme d’Aunis. Le colonel ne veut pas sacrifier tous ses élèves, que l’histoire honorera en les appelant pour la postérité « les cadets Saumur ». Lorsqu’ils quittent la ferme d’Aunis, les Allemands du général Kurt Feldt forment une haie d’honneur et les saluent. Au début du mois de juillet, ce même général ne les fera pas prisonniers. Considérant que ce sont des élèves, et non pas des soldats, il prend sur lui de les laisser filer en zone libre.
Une résistance somme toute profitable
A qui ont profité tous ces combats désespérés ? Tout d’abord à la Marine Nationale dont la quasi-totalité des navires, à Brest, Lorient et Cherbourg ont pu s’échapper intacts. Seuls quatre sous-marins, encore en construction à Cherbourg, ont été détruits sur cale.
À Saumur, les cadets, en retardant les Allemands pendant trois jours, ont permis au cuirassé Jean Bart, dont la construction était à peine terminée, de quitter le port de Saint-Nazaire. Compte tenu de son fort tirant d’eau, seule la marée haute du 19 juin pouvait lui permettre de s’échapper.
Outre la Marine, de futurs résistants de la France Libre bénéficièrent également de ces combats acharnés. Les marins de l’île de Sein sont les plus connus, mais bien d’autres, moins illustres, profitèrent de ces derniers combats qui leur permirent de se faufiler, comme l’amiral Thierry d’Argenlieu qui fera toute la guerre à Londres aux côtés du général de Gaulle. Toutes ces « poignées miraculeuses », comme les appelle l’historien Marc Benhamou, ont un point commun : leurs épopées, qui pour certains se termineront en 1945, ont toutes débutées dans l’Ouest, la première terre de la résistance.











Vos réactions à cet article
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Liger (17-06-2026 15:37:08)
PS : pour plus de précisions sur l'uchronie " 1940 - La France continue la guerre ", il faut consulter le très riche site qui lui est consacré : https://1940lafrancecontinue.org/
Liger (17-06-2026 14:44:24)
Il est très instructif de lire attentivement les deux ouvrages d' " uchronie " réaliste (à l'opposé des uchronies " de fiction (comme les romans " Le maître du Haut-château " ou " SS-GB ", ex... Lire la suite