28 juillet 1821 - 9 décembre 1824

Le Pérou à la conquête de son indépendance

La vice-royauté du Pérou, centre névralgique de la colonisation  espagnole en Amérique du sud, a été épargnée  par les premières vagues d'indépendances. De 1810 à 1816, les autorités espagnoles ont été chassées de Bogota et Caracas par Francisco de Miranda et Simón Bolívar ; elles ont été aussi chassées de Buenos Aires et Santiago-du-Chili par Bernardo O'Higgins et le général José de San Martín y Matorras.

Mais c'est seulement le 28 juillet 1821 que San Martín, champion de l'indépendance de l'Argentine, a pu entrer à Lima et proclamer l'indépendance du Pérou. L'anniversaire de ce jour est aujourd'hui fête nationale.

Toujours présentes dans le Haut-Pérou, devenu aujourd'hui la Bolivie, les forces royalistes renonceront à reprendre le Pérou le 9 décembre 1824, à l'issue d'une victoire à l'arraché du général Antonio Sucre dans la vallée d'Ayacucho...  

Fabienne Manière

San Martín, libérateur malheureux du Pérou

Né dans le Río de la Plata  en 1778, dans la famille d'un colonel espagnol, José de San Martín a gagné ses galons de colonel en combattant les troupes de Napoléon Ier. Après la vassalisation de son pays par l'empereur, il est passé en Angleterre et ses relations franc-maçonniques l'ont rapproché des militants indépendantistes hispano-américains. Ils étaient désireux d'imiter les colons nord-américains qui s'étaient émancipés de Londres en fondant les États-Unis. Leur projet bénéficiait du soutien actif de l'Angleterre, désireuse d'affaiblir l'Espagne, passée dans le camp napoléonien.

De retour à Buenos Aires, San Martín apporte son soutien à la junte qui a pris le pouvoir en 1810. En 1813, il repousse un débarquement de l'armée royaliste. Il s'associe ensuite à une marche sur Lima, par le Haut-Pérou mais comprend très vite l'infaisabilité du projet. Il juge préférable de traverser les Andes vers le Chili puis d'atteindre Lima par la mer !...

Le général Jose de San Martín (25 février 1778, Yapeyú, Rio de la Plata ; 17 août 1850, Boulogne-sur-Mer)Justement, son ami Bernardo 0'Higgins, champion de l'indépendance du Chili, le convainc de reprendre son pays aux Espagnols, et pourquoi pas ? de libérer aussi le Pérou et Lima, siège de la vice-royauté.

Fort de ses succès militaires, San Martín forme une armée des Andes avec cinq mille hommes, y compris une quarantaine d'officiers de Napoléon Ier. Franchissant la Cordillère en janvier 1817, il remporte sur les Espagnols la victoire de Chacabuco le 12 février 1817, grâce à laquelle le Chili va confirmer son indépendance.

Dans la foulée, fidèle à son intuition initiale, il prépare avec 0'Higgins une expédition maritime à destination de Lima. Le 20 août 1820, la flotille part avec 4000 hommes du port de Valparaiso à destination du port de Pisco, au Pérou.

De là, le corps expéditionnaire marche sur la capitale sans  rencontrer de résistance. Il entre à Lima, que le vice-roi espagnol a fui sans attendre. C'est ainsi que San Martín peut proclamer l'indépendance du pays le 28 juillet 1821. Fort de ses triomphes, il songe à se faire proclamer empereur des territoires libérés !...

Mais dès l'année suivante, son rêve s'évanouit suite à sa rencontre en tête à tête avec Simón Bolívar, le 26 juillet 1822 à Guayaquil (Équateur). 

Le « Libertador », plus retors et plus politique que son rival, disposant aussi d'une armée plus importante, prend l'ascendant sur San Martín. Celui-ci se montre prêt à se placer sous ses ordres mais Bolívar, à juste titre méfiant, refuse son offre. 

San Martín ne peut pas compter sur des renforts car le gouvernement de Buenos Aires, débarrassé de la menace royaliste, ne se soucie plus guère de la libération du continent. Au demeurant, le général ne veut pas entrer dans un conflit fratricide avec Bolívar. Il choisit donc de s'effacer et se retire en Europe, mettant prématurément fin à son épopée à 44 ans. 

Il appartient désormais à Bolívar de consolider la conquête.

Le 9 décembre 1824, l'un de ses fidèles, le général Antonio Sucre (29 ans), est piégé par les troupes espagnoles dans la vallée d'Ayacucho, sur l'Altiplano andin. Il ne dispose que de 4 canons contre 24 à l'ennemi. N'ayant rien à perdre, Sucre et ses cavaliers se jettent à l'attaque avec l'énergie du désespoir et finalement l'emportent ! Le vice-roi du Pérou, ses généraux, pas moins de 600 officiers et 2000 soldats se rendent avec tout leur armement.

Suite à cette victoire, le haut Pérou, riche de ses mines d'argent, proclame son indépendance le 6 août 1825. Cinq jours plus tard, dans le désir de se concilier le « Libertador », les créoles de la province donnent au nouvel État le nom de... Bolivie ! Et baptisent sa capitale administrative du nom de son lieutenant : Sucre.

Bolívar, à la hâte, réunit un congrès panaméricain à Panama dans l'espoir de fédérer l'Amérique hispanique du Mexique au río de la Plata. C'est un échec cuisant et chacun des nouveaux États gardera jalousement son indépendance...

Publié ou mis à jour le : 2021-07-31 17:30:43

 
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