Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
 
>> 24 août 79

Vous avez accès à
deux dossiers complets
autour de ce sujet :

Toute l'Histoire en un clic
Publicité

24 août 79

Disparition de Pompéi


Le 24 août 79, une violente éruption du Vésuve provoque l'enfouissement de la riche cité romaine de Pompéi sous une pluie de cendres volcaniques. Le même jour, le port voisin d'Herculanum, à l'habitat plus populaire, est écrasé, lui, sous une coulée de roches et de laves.

Pompéi disparaît sous 6 mètres de lapilli (fines particules de roches volcaniques) et Herculanum sous 16 mètres de boues. Sorties de l'oubli 1700 ans plus tard, ces deux cités nous ont permis, grâce à leur malheur soudain, de connaître la civilisation romaine à son apogée avec autant de précision que si elle s'était éteinte hier.

Fabienne Manière

La répétition du Joueur de flûte dans la Maison pompéienne du prince Napoléon (Gustave Boulanger, 1860)

Un volcan que l'on croyait éteint

Vénus et Mars, peinture murale dans la maison de l'amour (Pompéi), photo : André Larané, Herodote.netLa précédente éruption du Vésuve remontait à 3.500 ans avant JC et n'avait laissé aucun souvenir dans la mémoire des hommes. Aussi les Romains ne savaient-ils même pas que la montagne fertile dominant la baie de Naples était un volcan !

Pourtant, une alerte avait eu lieu le 5 février de l'an 62, sous le règne de l'empereur Néron.

Elle s'était traduite par un violent tremblement de terre qui avait détruit une première fois Pompéi.

Sans attendre, les riches propriétaires avaient reconstruit les superbes demeures décorées de fresques, de statues, de mosaïques et de fontaines, où ils venaient se reposer des turbulences de la vie romaine.

La reconstruction était à peine terminée que le volcan se réveillait pour de bon en l'an 79, sous le règne de Titus, celui-là même qui écrasa avec son père une révolte juive.

Une surprise de taille

En une heure, le volcan propulse dans l'atmosphère un énorme nuage de cendres brûlantes en forme de pin parasol. À plusieurs kilomètres de hauteur, ces cendres d'un total de plusieurs millions de tonnes se refroidissent et retombent sous forme de poussières et de pierres ponce sur Pompéi. On parle de nuées ardentes.

Reconstitution grahique de l'éruption du VésuveSur les 10.000 à 15.000 habitants que devait compter Pompéi, on en a retrouvé à ce jour 2.000 qui ont succombé par asphyxie. Habitués aux tremblements de terre mais ignorant tout du volcanisme, ils avaient négligé de fuir quand il en était encore temps.

Quelques heures plus tard, une coulée composée de roches en fusion et de cendres, dite pyroclastique, dévale la pente du Vésuve et carbonise instantanément Herculanum et ses habitants. On retrouvera deux mille ans plus tard des débris de squelettes. Au total, en près de 24 heures, le Vésuve entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes dans les villes et les campagnes du golfe de Naples.

À Misène, à la pointe nord du golfe de Naples, un jeune homme de 17 ans, Pline le Jeune, assiste à l'éruption et en rédige le compte-rendu détaillé dans deux lettres. Les vulcanologues donneront bien plus tard le qualificatif de plinéen à une éruption volcanique comme celle qu'il a décrite.

L'oncle du jeune homme, Pline l'Ancien, est un savant connu pour une gigantesque Histoire naturelle en 37 volumes (on lui doit aussi cette critique des excès gastronomiques de ses concitoyens : «Un cuisinier coûte plus cher qu'un triomphe»).

Au moment de la catastrophe, il commande la flotte romaine qui mouille à Misène. Mû par la curiosité scientifique et par un sentiment d'humanité, il meurt asphyxié sur la plage de Stabies après avoir tenté avec ses navires d'apporter de l'aide à des habitants.

Karl Brullov, Le Dernier jour de Pompéi, 1833, Musée russe, Saint-Pétersbourg.

Mode posthume

La disparition de Pompéi et d'Herculanum est une tragédie humaine comme on en voit hélas à toutes les époques et sur tous les continents. Si elle a gardé une place à part dans l'Histoire, c'est qu'elle s'est avérée être une bénédiction pour les archéologues et les artistes des temps modernes.

L'éruption du Vésuve et les villes martyres sont tombées dans l'oubli pendant plusieurs siècles. Puis, au XVIIIe siècle, des paysans, en  poussant leur charrue, sortent de terre des vestiges antiques. Ceux-ci suscitent la curiosité du prince d'Elbeuf, un noble de la cour des Habsbourg. 

Il dirige en 1710 une campagne de fouilles sur ce qui s'avèrera être l'amphithéâtre d'Herculanum et extrait trois belles statues féminines de marbre. Il en fait don à son cousin, le prince Eugène de Savoie

Ce premier acte de pillage va être de nombreux autres jusqu'à ce que les autorités napolitaines interdisent l'exportation des vestiges. 

À la fin du XVIIIe siècle, sous le règne du falot Ferdinand VII et de sa brillante épouse Marie-Caroline de Habsbourg, le site de Pompéi devient une destination à la mode pour les nobles de toute l'Europe comme pour les savants.

Les trésors de l'empire romain recueillis à Pompéi deviennent une source d'inspiration pour les décorateurs et les artistes qui inauguren en France les styles Directoire et Empire. Ainsi le sculpteur Canova a-t-il réalisé dans le style antique la statue de Pauline Bonaparte nue que l'on peut voir à la villa Borghèse, à Rome.

La rue des tombeaux, à Pompéi (photochrome, 1890)

Bénéfices d'une tragédie

Dès le XVIIIe siècle, les archéologues se mettent à excaver les traces presque intactes de la vie quotidienne des riches Romains, faisant de Pompéi le premier et le plus  grand de tous les chantiers archéologiques.

Victimes de la catastrophe de Pompéi (moulages)On s'aperçoit bientôt que les meubles et les corps ensevelis sous les cendres chaudes ont laissé la place à des cavités vides en se décomposant.

L'archéologue Giuseppe Fiorelli a l'idée d'injecter du plâtre dans ces cavités de façon à restituer la forme des disparus. D'où ces moulages saisissants des habitants de Pompéi figés dans l'attitude où la mort les a surpris.

Moulages de plâtre, à Pompéi (début XXe siècle)

On peut aujourd'hui visiter les ruines des deux villes et y retrouver le souvenir de l'ancienne Rome ainsi que dans le musée archéologique de Naples, qui abrite plus d'un million d'objets retrouvés sur les sites.

Reste à souhaiter qu'aucune éruption ne vienne à nouveau recouvrir les sites de Pompéi et Herculanum (la dernière éruption remonte au 17 mars 1944 et la précédente au 26 avril 1872)... D'aucuns pensent toutefois que le plus grand danger qui les menace aujourd'hui tient à la crise économique et au manque de ressources du gouvernement italien.

L'éruption du Vésuve le 26 avril 1872 (photo : Giorgio Sommer)

Publié ou mis à jour le : 2015-06-07 21:29:28

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 13 commentaires sur cet article

Andolfi (18-12-201612:22:45)

Grands-parents originaires d'Herculanum, j'y ai visité les ruines et celles de Pompéi. Elles sont tellement vivantes que je me suis senti mal à l'aise, indisposé au point d'écourter le parcours et de quitter ces lieux fantastiques.

Jean-Claude LOPEZ (28-01-201621:23:00)

Il faut compléter la visite du site de Pompéi par celle du musée archéologique de Naples où sont accumulées les richesses culturelles de la ville...sa visite m'a laissé des souvenirs extraordinaires. faites vous conduire en taxi car la circulation automobile dans Naples tient du stock car.

ET (27-12-201512:41:08)

Selon le guide, la date du 24 août ne serait plus reconnue. Demeure une site exceptionnel et une ville plaisante. La visite d'Herculanum complète heureusement. Le travail fait est gigantesque, et il en reste.
Merci de cet article synthétique et introductif.

JANY (20-12-201522:39:39)

J'ai visité Naples et le site de Pompéï au printemps dernier, vraiment magnifique, j'ai pu ramasser une pierre ponce, je la garde en souvenir de ce lieu magique...pour ma part, j'ai trouvé que le site était très bien signalé, bien sûr quelques secteurs encore en chantier et interdit au public, le manque de finances se fait sentir mais la magie reste là !!

Benoit de BIEN (28-11-201416:21:10)

Je viens d'avoir visité Pompéi en septembre dernier. Effrayant le laisser aller qu'on y constate ou plus précisément le manque de moyens réservés à un tel site pourtant exceptionnel à tous égards : rues et lieux fermés, signalisation défectueuse, à mi-journée il n"t a plus un plan du site à trouver etc.. c'est dramatique;

Jed_fr (24-08-201418:42:41)

Ai visité Pompéi au mois de mai.Site très étendu , plusieurs endroits non visita les (restauration en cours) mais extrêmement prenant (même le lupanar ...!!!)
Visite recommandée très tôt le matin, a l.ouverture, vous découvrez l.immensite du site "vierge"
( Camping avec chambres juste en face du site)
Globalement très impressionnant.
Etienne


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

À quel roi la ville de New York doit-elle son nom ?

Réponse
Publicité