En décembre 2019, les officiels chinois tentent d’étouffer les informations sur le mystérieux virus qui a frappé Wuhan, capitale du Hubei. À cela des motifs économiques : cette métropole de 11 millions d’habitants située sur le Yangzi Jiang, à l’ouest de Shanghai est l'un des principaux centres industriels où s'approvisionnent les entrepreneurs occidentaux, en particulier les professionnels italiens de la mode. Mais aussi des motifs politiques : le gouvernement autoritaire de Xi Jinping veut protéger sa réputation d'efficacité.
Vite dépassé par l’ampleur de l’épidémie, le gouvernement de Pékin se résout le 31 décembre 2019 à adresser un signalement à l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Pendant près de deux longues années, la planète va vivre ou plutôt survivre au rythme du virus, lequel va entraîner environ sept millions de décès, essentiellement parmi les personnes de plus de soixante ans...
La planète mise à l'arrêt
Le 23 janvier 2020, enfin, le gouvernement régional ordonne enfin la mise en quarantaine de toute la métropole de Wuhan et des villes de Huanggang et Ezhou, dans le Hubei. Trop tard.
Déjà le virus a circulé par voie aérienne et atteint la Lombardie, qui cultive d’intenses relations avec les industriels de Wuhan. Comble de malchance, la métropole est aussi le principal site mondial de production des masques chirurgicaux. L’arrêt de ses usines va plonger dans le désarroi les gouvernements qui, tel le gouvernement français, ont adopté une gestion des masques en flux tendu, par souci d’économie et de « bonne gestion » au sens néolibéral !
Le virus, baptisé Covid-19 (pour corona virus disease version 2019), va en quelques semaines frapper tous les pays (l'Afrique subsaharienne un peu moins que le reste de la planète). Elle va toucher en priorité les personnes les plus fragiles et les plus âgées en épargnant heureusement les enfants (âge moyen des victimes : quatre-vingts ans).
Dans beaucoup de pays, en Europe en particulier, les services hospitaliers sont débordés par l'afflux de malades dans les services de réanimation. Dépassés par l'enjeu, les gouvernants vont faute de mieux confiner toute la population pendant de longs mois afin de limiter au maximum les hospitalisations.
L'économie française durablement affectée
En France, le président Emmanuel Macron se garde de reporter le premier tour des élections municipales, prévu le dimanche 15 mars 2020. C'est le lendemain soir qu'avec la mine sombre, il annonce aux Français : « Nous sommes en guerre ! »
Alors débute un confinement très strict de plusieurs mois pour toute la population, avec l'arrêt de toutes les activités hormis dans la santé, le maintien de l'ordre et... la collecte des ordures. Avec aussi des règles ubuesques comme l'obligation de ne sortir de chez soi qu'une fois par jour dans un rayon d'un kilomètre avec une attestation signée par soi-même, sous peine d'une amende de classe A (135 euros). Et des excès de zèle malheureux comme le confinement des personnes malades ou mourantes avec impossibilité de voir leurs proches.
Très coûteuses d'un point de vue économique mais aussi humain et psychique, les politiques de confinement vont faire ressortir les clivages générationnels et peser pour de longues années sur le psychisme des jeunes générations, privées de cours et de contacts humains pendant près de vingt mois....
Dans le même temps, les laboratoires s'affairent sur la mise au point d'un vaccin et c'est finalement le laboratoire américain Pfizer qui remporte la palme, en collaboration avec l'Allemand BioNTech, en exploitant une nouvelle technologie, dite ARN messager. Le laboratoire Moderna (États-Unis) développe aussi une technologie similaire pour son vaccin. Le troisième laboratoire est le britannique AstraZeneca avec une technologie plus classique.
L'Institut Pasteur (Paris), naguère leader mondial dans la recherche médicale, répond aux abonnés absents ; cruelle illustration du déclin économique et scientifique du pays. La Russie arrive quant à elle à développer un vaccin concurrent dont les Occidentaux mettent en doute la fiabilité. Il n'empêche qu'il sera distribué avec succès dans de nombreux pays émergents tels que le Brésil ou l'Inde.
Un laboratoire chinois à l'origine de la pandémie ?
Très tôt, les autorités scientifiques du monde entier se sont interrogées sur l'origine du virus. Les autorités chinoises ont d'emblée contesté les rumeurs sur le fait que le virus serait malencontreusement sorti d'un laboratoire. Elles ont laissé courir l'hypothèse d'une contamination venue d'un animal, le pangolin. Cet innocent mammifère est théoriquement protégé mais certains représentants sont vendus sur les marchés, à Wuhan et ailleurs, à des fins de consommation.
Depuis 2024 toutefois, l'hypothèse d'une expérience en laboratoire qui aurait mal tourné est redevenue la plus probable...
De janvier 2020 à août 2023, la pandémie de Covid-19 a occasionné dans le monde plus de sept millions de décès, soit une moyenne de 0,9 décès par million d'habitants, avec un surcroît d'environ 2 à 3% par rapport à la mortalité habituelle pendant ladite période... Il est vraisemblable toutefois que le bilan ait été très fortement sous-évalué dans certains pays comme l'Inde ou la Russie.
Chaque pays a engagé le combat contre le Covid-19 à sa manière, en fonction de ses moyens humains et matériels et de sa détermination politique. Avec des résultats contrastés : on voit ainsi que les pays d'Extrême-Orient (Japon, Corée, Taïwan) s'en sont beaucoup mieux sortis que les autres pays développés en dépit d'une population beaucoup plus âgée et fragile. La France, qui a pratiqué un confinement très strict, s'en sort ni plus ni moins mal que la Suède qui, elle, a évité de confiner la population...











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