18 août 1227 - Mort de Gengis Khan - Herodote.net

18 août 1227

Mort de Gengis Khan

Le 18 août 1227 meurt Gengis Khan. Ce guerrier intelligent et d'une extrême dureté, est le fondateur d'un empire de la steppe, éphémère mais plus vaste qu'aucun autre empire ayant jamais existé.

Un enfant de la steppe

Gengis Khan est né dans les steppes d'Asie centrale sous le nom de Temutchin (ou Témoudjin ouTemüdjin) vers 1155, dans le clan mongol des Qyiat. Son père Yesügai, le chef du clan, négocie le mariage du garçon avec la fille d'un chef de clan voisin, Börte. Mais Yesügai meurt peu de temps après.

Orphelin, le jeune Temutchin mène une vie errante dans la steppe avec sa mère, ses frères et sa soeur. Ayant survécu jusqu'à l'âge d'homme, il va réclamer la main de sa fiancée. Chose promise, chose due. Le mariage consacre le premier rapprochement entre deux clans mongols. Il ne s'agit encore que de petits groupes de nomades.

Rassuré sur son avenir, Temutchin se fait bientôt proclamer Khan et prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il ne va avoir de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe, Mongols et Turco-Mongols. C'est chose faite au printemps 1206. Agé d'une quarantaine d'années, il se fait reconnaître souverain par toutes les tribus et se voit conférer le nom de Gengis Khan («roi universel» en mongol).

L'événement a lieu au cours d'une assemblée plénière, unkuriltaï, sur les rives de l'Onon. Gengis Khan nomme peu après un chaman (sorcier ou grand prêtre) à sa solde pour consolider son emprise sur son peuple de turbulents guerriers et préparer d'ambitieuses conquêtes.

Peuple nomade vivant de l'élevage extensif des troupeaux dans les steppes d'Asie, les Mongols bénéficient en ce début du XIIIe siècle de conditions climatiques exceptionnelles qui leur assurent toutes les ressources en vivres indispensables à de lointaines expéditions. En contact avec les peuples sédentaires d'Europe et d'Asie, une grande partie des Mongols a renoncé aux religions chamanistes traditionnelles au profit du bouddhisme, du manichéisme iranien et surtout... du christianisme de rite nestorien.

La conquête du monde

Fort de son prestige, Gengis Khan rallie à lui deux autres peuples de la steppe, les Ouïghours et les Öngüt, installés aux confins de la Chine, mais il ne peut en faire autant avec les Si-hiat, ou Tangut, un autre peuple qui va lui mener la vie rude jusqu'à sa mort. Malgré ce relatif échec, le souverain mongol entame la conquête de la Chine avec plusieurs centaines de milliers de cavaliers, combinant mouvements rapides et armement lourd.

S'attaquant à la Chine du nord, divisée entre royaumes rivaux, il piétine devant la Grande Muraille et tente de la contourner en occupant la Mandchourie. Enfin, en mai 1215, il occupe Pékin, massacre la population et rase la cité.

Sans se soucier de poursuivre au sud du Fleuve Jaune les fidèles de la dynastie chinoise des Kin, Gengis Khan laisse une partie de ses guerriers en Chine sous la direction de Mukali, l'un de ses meilleurs généraux. Lui-même s'en retourne vers l'Ouest avec le reste de ses troupes. Il veut châtier un vassal du peuple naïman, Kütchlüg, qui s'est placé sous la protection d'un souverain ennemi, le roi des Kara-Khitaï.

Gengis Khan abat ce royaume en 1218 et se retrouve dès lors maître de toute la Haute Asie ainsi que de la Chine du nord. Son plus proche voisin est le royaume turco-musulman du Khorezm (ou Khwarezm), qui occupe la plus grande partie du monde iranien ou persan.

Gengis Khan avec ses fils Ogodai et Jochi, miniature persane du XIVe siècle

Prenant prétexte du massacre d'une caravane par les troupes du Khorezm, aux ordres du chah Mohamed, Gengis Khan prépare avec soin une nouvelle campagne. En 1219, il franchit le Syr-Darya, entre en Transoxiane (l'Ouzbékistan actuel) et marche sur Boukhara. La prestigieuse cité, riche de trésors de l'art islamo-persan, est occupée en février 1220 et sa garnison massacrée.

Mais Gengis Khan s'abstient de mettre à sac la ville. Même indulgence pour Samarcande (ou Samarkand), le mois suivant. Le souverain confie à deux généraux, Djebe et Sübötei, le soin de poursuivre les derniers fidèles du chah du Khorezm. Il s'ensuit une époustouflante chevauchée qui mène les Mongols, au total 20.000 cavaliers, jusqu'au Caucase et, au-delà, jusqu'en Ukraine.

Les deux généraux affrontent la chevalerie chrétienne de Géorgie et défont à la bataille de la Kalkha, le 31 mai 1222, les armées russes venues à leur rencontre.

De son côté, Gengis Khan poursuit en Afghanistan Djelal al-Din, le fils du chah Mohamed. Le pays est à cette occasion ravagé comme aucun autre ne l'a été avant lui. Des centaines de milliers de gens sont massacrés à Bactres comme à Merv, augustes cités de l'antique Bactriane, dont l'origine remontait à Alexandre le Grand et qui ne sont plus aujourd'hui que ruines dans la solitude.

Hérat, instruite par l'exemple, se rend sans coup férir mais croit opportun de se soulever un peu plus tard. La punition n'en est que plus exemplaire. Là aussi, massacres à grande échelle.

Pour le chef mongol, cette façon de terroriser les populations ennemies en les massacrant sitôt qu'elles esquissaient un geste de résistance, était la seule manière de les maintenir dans la soumission. Mais malgré ses efforts, il ne peut s'emparer de Djelal al-Din. En 1221, celui-ci traverse l'Indus en y faisant nager son cheval et le roi des Mongols renonce à le poursuivre jusqu'en Inde.

Revenant sur ses pas, Gengis Khan s'applique à relever les ruines de ses conquêtes avec le concours de quelques administrateurs remarquables recrutés parmi les peuples soumis, musulmans, bouddhistes taoïstes ou chrétiens nestoriens. Il introduit aussi l'écriture ouïgoure chez les Mongols.

Reprenant le chemin de la steppe, il meurt vers 70 ou 72 ans des suites d'une chute de cheval. Un chroniqueur, Rachid al-Din, lui prête ce propos désabusé : «Nos fils et nos petits-fils se vêtiront de soie, ils mangeront des mets délicieux et gras, monteront d'excellents coursiers, presseront dans leurs bras les plus belles femmes et les filles les plus jolies et ils ne se souviendront plus que c'est à nous qu'ils le doivent» (*).

En mourant, Gengis Khan laisse à son fils Ogodai le soin d'étendre les conquêtes vers la Perse, la Chine et aussi bien l'Ukraine et la Hongrie.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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