16 mai 1364 - Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel - Herodote.net

16 mai 1364

Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

Le 16 mai 1364, le capitaine Bertrand Du Guesclin (40 ans) vainc les troupes du roi de Navarre, Charles II, justement surnommé le Mauvais. Celui-ci, qui bénéficie de renforts anglais, conteste l'autorité du roi de France, jusqu'à revendiquer la couronne pour lui-même.

La bataille se déroule à Cocherel (aujourd'hui Hardencourt-Cocherel), sur la rive gauche de l'Eure, à quelques kilomètres d'Évreux. La victoire du mercenaire breton et de ses compagnies de soudards permet au roi Charles V le Sage de restaurer le prestige de sa dynastie, mis à mal par l'ineptie de son père Jean II Le Bon.

Cocherel et le couronnement de Charles V (miniatures extraites des chroniques de Jean Froissart)
Le trouble-fête navarrais

Une génération plus tôt, à la mort du dernier Capétien direct, les Grands du royaume de France avaient attribué la couronne à l'héritier de la maison de Valois, au détriment des maisons d'Angleterre et de Navarre, l'une et l'autre cousines du roi défunt.

Les droits de la maison de Navarre ne sont pas négligeables... Par le mariage du roi de France Philippe IV le Bel avec Jeanne de Navarre, la couronne de Navarre était passée à leur fils, le roi de France Louis X le Hutin, puis à la fille de celui-ci, Jeanne.

Jeanne de Navarre avait épousé le comte d'Évreux, Philippe, et à la mort de celui-ci, en 1349, leur fils né en 1332 était devenu roi de Navarre sous le nom de Charles II, dit le Mauvais. Ce puissant seigneur descend donc en ligne directe de Saint Louis et de Philippe III le Hardi. D'un tempérament irascible, comme l'indique son surnom, il profite de la détresse du royaume après la défaite et la capture de Jean II le Bon à la bataille de Poitiers pour mettre en avant ses droits sur la couronne de France. Il n'a dès lors de cesse de comploter contre les Valois, en s'alliant à l'occasion avec le roi d'Angleterre ou les marchands de Paris.

Mais tandis que le roi se morfond en prison, à Londres, son fils le dauphin Charles soumet les bourgeois de Paris et négocie à Brétigny, près de Chartres, un traité avec les Anglais. Après la mort de Jean II le Bon, le 8 avril 1364, dans sa prison de Londres, il se fait sacrer à Reims selon la tradition et fait une entrée triomphale à Paris.

Un mercenaire d'exception

Pour restaurer enfin la paix dans le royaume, il reste au roi à ramener à la raison son cousin de Navarre, dont les redoutables troupes de Gascons et d'Anglais sont solidement établies dans les campagnes autour de Paris. Elles bloquent la vallée de la Seine, axe d'approvisionnement essentiel de la capitale, et font bombance pendant que les Parisiens crient famine.

Victime d'une malformation au bras droit, Charles V ne peut pas combattre en personne. Il se repose donc entièrement sur son fidèle Bertrand Du Guesclin, un chef de bande qui s'est illustré dans les luttes dynastiques en son pays, la Bretagne. Il lui demande donc de dégager en urgence la vallée de la Seine.

Du Guesclin arrive devant Cocherel avec deux mille hommes. Il constate que l'ennemi, suivant une tactique habituelle aux Anglais, occupe une colline sommairement fortifiée d'où il attend que les Français fidèles à leur fougue, l'attaquent dans une charge suicidaire.

Du Guesclin retient ses troupes qui, souffrant de la chaleur et de la soif, aimeraient en finir au plus vite. Conscient que l'attaque et l'attente sont aussi périlleuses l'une que l'autre, il ruse et simule une retraite qui incite les Anglos-Navarrais à quitter leurs positions pour poursuivre les fuyards. Il fait alors volte-face et s'imbrique dans le dispositif anglo-navarrais, empêchant les fameux archers d'utiliser leurs armes. Un petit détachement déborde l'ennemi et capture leur chef, Jean de Grailly.

Cette victoire assoit l'autorité de Charles V. Elle vaut au mercenaire breton le comté de Longueville, près de Dieppe, en guise de récompense.

Quelques semaines plus tard, le 29 septembre 1364, lors de la guerre de Succession de Bretagne, Du Guesclin sera fait prisonnier à Auray par les Bretons de Jean IV. Charles V ne se fera alors pas prier pour payer une rançon de 100 000 livres en vue de sa libération. Le chef de guerre entraînera plus tard les Grandes Compagnies de mercenaires en Espagne où il retrouvera son vieil ennemi, le roi de Navarre.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2019-05-16 10:23:36

 
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