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1337 à 1380

La guerre de Cent Ans (début)


Le 1er février 1328, le roi de France Charles IV le Bel, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, meurt sans postérité mâle comme ses frères aînés mais laisse une femme enceinte. Le jour même, les Grands du royaume attribuent la régence au comte Philippe de Valois, dont le père, Charles, était le frère cadet de Philippe le Bel.

Lorsqu'arrive le jour de l'accouchement, c'est une fille qui naît. La coutume excluant les femmes de la succession au trône, Philippe de Valois est désigné roi sous le nom de Philippe VI, au détriment d'autres prétendants dont le roi d'Angleterre Édouard III.

Dix ans plus tard, à la faveur d'une obscure querelle, le roi Édouard III revendique le trône de France. Il va s'ensuivre un conflit à multiples rebondissements entre les rois de France et d'Angleterre, entrecoupé de longues trêves...

Beaucoup plus tard, au XIXe siècle, les historiens français conviendront de désigner cette longue période sous le nom de guerre de Cent Ans.

De désastre en désastre

Le roi d'Angleterre, bien qu'avec des ressources moindres, a d'abord l'avantage sur son cousin et rival, Philippe VI. La flotte française est détruite dans le port flamand de l'Écluse, en aval de Bruges, le 24 juin 1340.

Le roi et ses troupes débarquent enfin en Normandie. Les Anglais ne cherchent pas d'affrontement frontal mais souhaitent seulement piller les campagnes à travers quelques meurtrières «chevauchées». Mais l'ost (armée féodale) de Philippe VI se porte au-devant d'eux et leur impose le combat. Contre toute attente, celui-ci se solde par une première victoire de l'infanterie anglaise sur la chevalerie française, le 26 août 1346, à Crécy, près de la Somme.

Les Anglais s'emparent là-dessus de Calais. Fort de ses premiers succès, le roi Édouard III consent à signer une trêve d'un an avec Philippe VI de Valois. Celle-ci est prolongée de quelques années du fait de la Grande Peste. Le terrible virus s'est installé en Europe à la faveur de l'accostage d'une nef en provenance d'Asie dans les ports de Marseille et de Gênes en 1347. Il va frapper en quelques mois la plupart des régions d'Europe et tuer jusqu'à 40% de la population de certaines d'entre elles. Moins de dix ans plus tard, profitant d'un conflit entre le nouveau roi de France Jean II le Bon et son gendre, le roi de Navarre, Édouard III rompt pour de bon la trêve.

Parti de Bordeaux, le fils du roi anglais, surnommé le Prince noir, lance une grande chevauchée vers la Loire, en vue de piller quelque peu les paysans et les bourgeois. Le roi Jean II le Bon se porte à sa rencontre avec son armée de chevaliers. Bien que plus nombreuse, celle-ci est écrasée à Poitiers et le roi de France est même capturé.

La France dépecée

Le désastre de Poitiers survient peu après celui de Crécy et plonge le royaume capétien dans l'une des plus graves crises de son histoire. Les paysans, oppressés de taxes, se retournent contre les seigneurs, qui se sont montrés indignes à la bataille, tandis que les bourgeois de Paris et des villes du nord envisagent de soumettre la monarchie à leurs volontés.

Les états généraux de langue d'oïl (autrement dit les représentants des Français du nord) se réunissent sans attendre et décident de libérer Charles II le Mauvais, roi de Navarre, cousin et beau-frère du roi captif, que ce dernier avait incarcéré pour le punir de ses manigances. Les bourgeois attendent du Navarrais qu'il les protège dans la défaite.

Charles le Mauvais veut mettre à profit la captivité du roi pour prendre sa revanche sur la décision de 1328 qui avait écarté sa lignée de la couronne au profit des Valois.

Il négocie avec les Anglais la cession à son profit de quelques provinces comme la Normandie. Il met fin par ailleurs à la Jacquerie paysanne et entre dans une alliance contre nature avec le prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel.

Mais le 31 juillet 1358, comme le prévôt s'apprête à donner les clés de la ville à Charles le Mauvais devant la porte Saint-Antoine, Jean Maillart, un échevin fidèle à la royauté, le fait mettre à mort ainsi que ses comparses.

Le traité de Brétigny

L'héritier de la couronne, le dauphin Charles, qui a surpris tout le monde par sa force de caractère, peut rentrer en triomphe dans sa capitale le 2 août 1358 (quelques années plus tard, devenu roi sous le nom de Charles V le Sage, il n'aura rien de plus pressé que de faire édifier la Bastille afin de tenir en respect les turbulents Parisiens). De tous ces malheurs qui auraient pu entraîner révolution et séditions, la monarchie et l'État vont paradoxalement sortir renforcés.

Le régent convoque à nouveau les états généraux et ceux-ci dénoncent les accords signés par Jean II avec Édouard III, qui abandonnent à l'Angleterre toutes les anciennes possessions des Plantagenêt, de la Normandie à l'Aquitaine (ou Guyenne) en passant par le Limousin, le Quercy, l'Anjou...

Édouard III débarque à Calais et tente en vain d'entrer à Reims pour s'y faire sacrer roi de France. Sur le chemin du retour, craignant que sa chevauchée ne s'achève sur un désastre, il signe enfin des préliminaires de paix à Brétigny, près de Chartres, le 8 mai 1360. Ils seront ratifiés à Calais le 24 octobre 1360.

Le traité se solde par des amputations importantes du territoire national. L'Angleterre reçoit l'Aquitaine et, au nord, Calais, le Ponthieu et le comté de Guînes. Le domaine capétien est ramené à ce qu'il était au début du règne de Philippe Auguste, 150 ans auparavant.

Le roi d'Angleterre promet de renoncer à la couronne de France. Le roi Jean II le Bon, encore emprisonné à Londres, renonce quant à lui à l'Aquitaine et, après avoir versé une lourde rançon, rejoint son pays.

Vers le redressement

Le Dauphin (ainsi appelle-t-on désormais l'héritier du trône), futur Charles V le Sage, régent du royaume de France en l'absence de son imbécile de père, doit lutter contre les Anglais mais aussi contre son beau-frère, le roi de Navarre, et contre ses frères qui ont bénéficié de vastes apanages de la part de leur père et désirent s'émanciper de la couronne tout en abaissant celle-ci.

Le duc de Bourgogne Philippe le Hardi et ses héritiers, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, constituent la plus grave menace pour la monarchie des Valois.

Après la mort de Jean II, en 1364, il faut toute l'habileté de Charles V le Sage et la hardiesse de Bertrand Du Guesclin, son futur connétable, pour peu à peu restaurer le royaume dans son intégrité.

Renonçant aux batailles frontales, ils placent de solides garnisons dans les villes et les bourgs et harcèlent autant que faire se peut les troupes anglaises. L'occupant s'épuise dans des sièges interminables et ne trouve nul endroit où se ravitailler. Ses «chevauchées» en territoire ennemi se soldent par des pertes très lourdes. En 1373, une armée commandée par le duc de Lancastre, frère du Prince Noir, traverse la France en ravageant les campagnes mais rentre à Bordeaux avec le tiers seulement de son effectif !

Pendant ce temps, les Français, usant de l'artillerie (une nouveauté !), procèdent méthodiquement au siège des places fortes tenues par les Anglais. Ceux-ci refluent lentement jusqu'à être chassé presque complètement de France.

En 1380, la disparition successive de Du Guesclin et Charles V laissent la France dans un état relativement serein et le conflit entre les monarchies anglaise et française pourrait s'arrêter là.

André Larané

Publié ou mis à jour le : 0000-00-00 00:00:00

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Marcel Pierre (06-06-200610:02:34)

Cent ans en quelques pages, un pari fou mais tenu ! Un document de référence pour nos jeunes potaches !

Mylenka Herrera (15-05-200603:15:04)

extraordinaire, très complet et tout a fait intéressant!!


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