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Qui a fondé le journal L'Humanité ? Réponse

10 mai 1802
«Le dernier cri de l'innocence et du désespoir»
 

Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse à l'univers entier «le dernier cri de l'innocence et du désespoir». Par cette proclamation affichée sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le droit des esclaves à l'insurrection et lance un appel à la fraternité universelle, par-dessus les barrières de races [texte intégral de la proclamation].

[texte intégral de la proclamation]

Un héros de la Révolution

Colonel dans l'armée de la Révolution, Louis Delgrès soupçonne à juste titre le Premier Consul Bonaparte de vouloir rétablir l'esclavage huit ans après qu'il eut été aboli par la Convention.

Justement, le général Antoine Richepance débarque sur l'île dans ce but avec 3.500 hommes. Louis Delgrès et d'autres officiers métis comme Joseph Ignace se rebellent. Ils se réfugient avec des hommes de troupe dans le fort Saint-Charles, à Basse-Terre.

La position devient vite intenable. Joseph Ignace et 600 hommes évacuent le fort et se postent près de Pointe-à-Pitre, dans la redoute de Baimbridge. Quant à Louis Delgrès, il se retranche avec 300 hommes à Matouba, sur les hauteurs de Basse-Terre, dans l'habitation Danglemont.

À Baimbridge, c'est l'hécatombe, Ignace, ses deux fils et tous leurs hommes sont tués par les troupes de Magloire Pelage, un officier métis rallié à Richepance. Le 28 mai 1802, c'est au tour de Delgrès de subir l'assaut.

Après de terribles combats auxquels participent des femmes telles que la mulâtresse Solitude, le colonel, plutôt que de se rendre, choisit de se faire sauter avec ses compagnons survivants, non sans avoir fait évacuer au préalable les habitants de l'endroit, y compris les Blancs.

La répression est particulièrement sanglante. Solitude, enceinte au moment de sa capture, est pendue. L'esclavage est rétabli en Guadeloupe. Ce faisant, Richepance va plus loin que le décret du 20 mai 1802 qui prévoit seulement son maintien là où il n'a pas été aboli : dans l'océan Indien et «dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens» (la Martinique).

Une blessure toujours saignante

Cette Terreur révolutionnaire et post-révolutionnaire va laisser des traces profondes à la Guadeloupe.

Aujourd'hui encore, l'île souffre d'un retard économique et social par rapport à sa voisine, la Martinique, qui a conservé ses structures intactes. L'essentiel de l'économie guadeloupéenne a glissé entre les mains des békés de Martinique et tandis que celle-ci a conservé une forte empreinte européenne, la Guadeloupe, débarrassée par la Terreur de la plupart de ses Blancs, est aujourd'hui à 95% noire ou métisse.

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Le premier commentaire sur cet article :

Arthur Gohin (23-02-2009 20:57:48)

Comme quoi la déclaration des droits de l'homme est bien futile. Rien ne résiste à la mentalité réelle de l'homme.


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