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Où repose le fondateur du Maroc ? Réponse
Le roi des Francs, Charles, fils de Pépin le Bref, est couronné à Rome par le pape Léon III à la Noël 800.
En remerciement des services rendus à la papauté et notamment de l'élimination des Lombards, il reçoit du souverain pontife le titre inédit d'«Empereur des Romains».
La cérémonie se déroule dans la basilique Saint-Pierre, en présence d'une nombreuse délégation de Francs.
Par son sacre dans la Ville éternelle, Charles se présente de façon symbolique en continuateur lointain de l'empire romain d'Occident...
C'est ainsi qu'il arbore comme emblème l'aigle monocéphale (une seule tête tournée vers la gauche).
Il rompt de la sorte avec la lignée de Clovis, qui a unifié trois siècles plus tôt les territoires francs des deux côtés du Rhin.
A noter aussi que cet empire reste dominé par les Francs. On qualifie même le peuple franc d'«élu de Dieu», sans connotation raciste, sa supériorité militaire étant le fruit de sa piété.
Avec le sacre de Charles le Grand, le monde romain de l'Antiquité se trouve désormais partagé entre trois empires rivaux: l'empire byzantin (capitale: Constantinople), l'empire arabe (capitale : Bagdad) et l'empire carolingien (capitale : Aix-la-Chapelle).
Ce partage en trois zones culturelles distinctes et souvent ennemies va perdurer jusqu'à nous.
En dépit des apparences, c'est un nouveau monde qui naît dans la douleur et succède à l'ancien empire méditerranéen de Rome.
Rome tirait sa prospérité des relations maritimes entre l'Occident et l'Orient et les royaumes barbares qui lui avaient succédé avaient prolongé cette tradition d'échanges. L'empire de Charlemagne se recentre quant à lui sur les pays rhénans. Ses activités économiques se concentrent autour d'un axe vital constitué par les régions situées entre Rhin et Meuse, en liaison étroite avec l'Italie. -
Les clercs de la cour de Charles 1er prennent rapidement l'habitude de désigner l'empereur du qualificatif latin de Carolus Magnus (en français, Charles le Grand, en allemand, Karl der Grosse), devenu «Charlemagne» dans la langue populaire.
En France et en Allemagne, à la fin du Moyen Âge, les chroniqueurs tentent chacun de leur côté de «naturaliser» à leur profit l'empereur.
Ils enrichissent son hagiographie, évoquant même en termes poétiques et quelque peu curieux «l'empereur à la barbe fleurie».
En prêtant à l'empereur une barbe alors qu'il était vraisemblablement imberbe, ils veulent souligner son autorité virile. Quand au qualificatif de fleurie, il s'agit d'une mauvaise traduction de «flori», qui signifie blanc en vieux français.
Le mythe de Charlemagne, père de l'Europe, est revenu en vogue au XIXe siècle à l'initiative de Victor Hugo (La légende des siècles).
Après la Seconde Guerre mondiale, les fondateurs de la Communauté européenne tentent de le relancer. Il est à noter que l'empire carolingien coïncide assez exactement avec les six pays signataires du traité de Rome : Allemagne, Belgique, France, Hollande, Italie et Luxembourg.
Faut-il pour autant voir en Charlemagne le père de l'Europe ? Ce n'est pas l'avis du grand historien médiéviste Jacques Le Goff : «L'empire fondé par Charlemagne est d'abord un empire franc. Et c'est un véritable esprit patriotique qui le fonde. Charlemagne envisagea même, par exemple, de donner des noms francs aux mois du calendrier. Cet aspect est rarement mis en valeur par les historiens. Il est important de le souligner, parce que c'est le premier échec de toutes les tentatives de construire une Europe dominée par un peuple ou un empire. L'Europe de Charles Quint, celle de Napoléon, et celle de Hitler, étaient en fait des anti-Europe, et il y a déjà quelque chose de ce dessein contraire à la véritable idée d' Europe dans la tentative de Charlemagne» ( *).
8 juin 793




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