L'Union européenne accueille dix nouveaux venus d'Europe méridionale et orientale. L'événement, programmé de longue date, est sans conteste historique.
Il était inimaginable il y a quinze ans encore, quand les armées soviétiques campaient sur l'Elbe.
L'Union européenne atteint donc ses limites extrêmes : la mer Égée et le golfe de Courlande.
Elle inclut tous les peuples du continent qu'unit une communauté de culture et de destin,... À part quelques retardataires ( Albanie, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Islande, Macédoine, Moldavie, Norvège, Roumanie, Serbie et Suisse) et l'immense monde russophone et caucasien.
Elle ramène enfin dans la communauté européenne les peuples qui en avaient été exclus par la colonisation ottomane puis par l'oppression communiste.
Souhaitons que les jeunes démocraties d'Europe centrale apportent à l'Union assez de fougue et d'audace pour balayer les miasmes qui empoisonnent la vie politique à Bruxelles... ou Paris.
Souhaitons qu'elles jettent enfin les bases d'une union politique... bien que cette éventualité apparaisse à ce jour peu probable.
Le projet européen a plus que jamais besoin d'un coup de jeune.
D'abord pour contrer ceux qui le dénaturent en réduisant l'Union à un marché libre-échangiste, utilitaire et sans âme, et en projetant de l'étendre vers la Turquie et au-delà.
Ensuite pour relever les défis à venir.
Après l'embellie des cinquante dernières années, sous le «parapluie nucléaire» de Washington, l'Europe doit en effet faire face au retour de la guerre sur son sol, dont témoigne le massacre de Madrid du 11 mars 2004.
Les reculades successives des Européens et la balourdise de l'allié américain donnent des ailes à tous ceux qui, sous la bannière d'Al-Qaida, ont déclaré la «guerre sainte» aux démocrates.
On attend une Europe solidaire, fière et unie autour d'une culture et de valeurs communes, assez déterminée pour triompher de ces nouveaux ennemis.
Mars 2004,

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